« Ce chantier est une grande étape, mais sommes encore loin des objectifs »
Que représente la livraison de ce chantier pour RFF ?
C'est la fin d'une grande aventure. C'est un pas important dans la connexion ferroviaire de la France et l'Espagne, même si la LGV ne sera pas opérationnelle avant 2012. Il n'était pas évident de boucler ces travaux en 3 ans à peine. Il a fallu se coordonner, avec tous les maîtres d'œuvre, pour aboutir dans l'intérêt commun, et notamment dans l'intérêt financier de l'Etat. Le contexte était parfois difficile, mais nous avons bénéficié d'un climat clément, ce qui nous a évité les déboires de nos confrères de RFF en Franche-Comté. L'investissement consenti par le consortium TP Ferro et RFF s'élève à 1,3 Mds€.
Vu les retards accumulés, l'échéance de 2012 est-elle certaine ?
Officiellement, le premier TGV doit arriver à destination de Barcelone en 2012. Nous croisons les doigts pour que nos amis espagnols tiennent les délais. Ils rencontrent en ce moment des difficultés pour réaliser la traversée de Gérone... Mais ils prévoient dès 2010 d'utiliser des automoteurs Talgo. Cela nous permettra de gagner une demi-heure sur le temps de trajet actuel, qui est de trois heures. On est encore loin des objectifs d'une LGV, mais au moins les installations pourront fonctionner.
Ne craignez-vous pas la concurrence sur le fret ?
Non, car il ne représente que quelques pourcentages du trafic. Il y a de la place pour tous les opérateurs. Il est dans l'intérêt de tous que cette offre se développe et que l'on capte de nouveaux marchés. Dans la zone du faisceau international, qui organise le transit fret entre la France et l'Espagne, ce sera un peu plus cher, car il s'agit d'un fret à valeur ajoutée.
Photo: Joseph Giordano