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Le ton est donné. Discret mais déterminé, Hervé Le Bouc, président directeur général de Colas depuis 2007, ne s'est pas contenté de maintenir la filiale de Bouygues à la première place ; en sept ans, il a contribué à son rayonnement en termes de mécénat et d'actions solidaires. « Tout cela s'est fait de manière très naturelle, dans la continuité de nos métiers de bâtisseurs », poursuit-il. Largement encouragé par la présidence surtout ! Mais ce n'est pas Hervé Le Bouc qui vous le dira ; plutôt ses collaborateurs et conseillers. L'homme, lui, préfère rester sur la réserve et la tempérance du genre. C'est son style. Celui d'un écoutant dont la vivacité du regard n'a d'égal que la lenteur du geste. Il avance. Sûr de lui. Dans le respect des autres. On l'imagine mal se perdre en chemin et pourtant il s'octroie des arrêts sur des bords de route parfois inattendus. Ce n'est jamais vraiment l'aventure des chemins de traverse mais plutôt la rencontre impromptue d'une personnalité qui va lui donner l'envie de bâtir autrement.
De la Fondation Colas, créée par son prédécesseur Alain Dupont il y a 23 ans, Hervé Le Bouc a pris les rennes en poursuivant les actions culturelles dans la continuité, mais pas seulement. La fondation, dédiée à la peinture contemporaine, compte aujourd'hui plus de 300 tableaux exposés au siège de l'entreprise à Boulogne-Billancourt et dans ses filiales en France et à l'étranger. C'est l'une des plus importantes collections d'entreprise, « nous en sommes très fiers », poursuit Hervé Le Bouc.
Convaincu que la démocratisation culturelle n'est pas qu'un service public mais également une politique d'entreprise, Hervé Le Bouc encourage les actions dédiées aux collaborateurs de Colas. Ainsi, depuis trois ans, non seulement des ateliers d'artistes sont organisés au sein du groupe, mais également des conférences trimestrielles sur la peinture, animées par la critique d'art Elisabeth Couturier.
Vecteurs qu'Hervé Le Bouc n'hésite pas à mettre au service du patrimoine culturel en signant une première convention de mécénat de compétence avec le Château de Versailles en 2010. Mission ? Rénover les prestigieuses allées du Parc.
Succès oblige, ce sont maintenant les allées du château de Chambord qui entrent au programme d'une rénovation signée Colas.
Autres territoires, chers à Hervé Le Bouc : la musique et la danse, qu'il choisit de mettre à l'honneur en créant Colas en Scène en 2008. « Au fond, rien n'est plus important que les rencontres et les expériences humaines qui en découlent ». Et c'est exactement de cette manière que Colas a soutenu la création de l'ancienne soliste du Ballet Béjart, Alexandra Bansh, et du violoncelliste Gautier Capuçon. Ici, il ne s'agit pas de faire du mécénat parce qu'il est de bon ton d'en faire ou parce que tous les grands groupes en font.
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Pourtant les histoires, Hervé Le Bouc n'est pas des plus à l'aise pour les raconter, surtout lorsqu'il s'agit de lui. C'est donc l'une de ses collaboratrices qui chuchotera presque que lorsque « le chorégraphe Akram Khan s'est blessé lors d'une tournée alors qu'il devait présenter sa création à Colas, Hervé Le Bouc a refusé sa « démission ». Il a préféré attendre son rétablissement qui a duré de longs mois. Mais pour lui, il était hors de question de laisser tomber Akram Khan. C'est vraiment un homme engagé ».
Et quand l'engagement devient une nécessité, Hervé Le Bouc créé Colas Life en 2010, la branche mécénat solidaire du groupe.
Parmi ces actions, certaines, en plus d'être remarquables, sont avant tout indispensables. Au Maroc, Colas participe au développement des écoles pour aveugles ou encore au réseau d'aide aux mères célibataires. A Madagascar, le groupe contribue au déploiement du plus grand réseau médical du pays ; en Afrique, chaque route construite s'accompagne de la construction d'une école. Et la France n'est pas en reste avec un vaste programme de soutien à l'école à l'hôpital. Car l'accès à l'école est la priorité de Colas Life qui a mis en place en 2011 le programme En route pour l'école, en partenariat avec la Fondation Goodplanet de Yann Artus-Bertrand. Objectif ? Faciliter l'accès à l'école à des milliers d'enfants en situation d'exclusion au Vietnam, Togo, Croatie, Maroc, France et Etats-Unis.
D'autres programmes en cours ? « Un challenge plutôt », annonce Hervé Le Bouc tout sourire. « Celui de la mixité ». Challenge, effectivement ! Car dans un univers ancré dans la masculinité et où il n'est pas rare qu'elle fasse preuve de machisme, les femmes peinent à trouver leur place. En cause, la culture entrepreneuriale même de Colas, mais également le manque de pédagogie quant à la diversité des métiers dans le groupe.
Quant on sait que sur les 19 personnes siégeant au comité de direction, seules deux sont des femmes… Plus qu'un challenge, Hervé Le Bouc a fait de la mixité une mission. A considérer le déterminisme de l'homme, on ne doute pas un instant qu'il saura marqué une dernière empreinte à sa présidence.
Hervé Le Bouc est diplômé de l'Ecole Spéciale des Travaux Publics (section TP). En 1977, il débute sa carrière chez Screg Ile-de-France comme Ingénieur Travaux. Il est nommé successivement Chef de secteur, Chef d'agence, puis Directeur de l'agence de Screg Ile-de-France. En 1989, il rejoint Bouygues Offshore en qualité de Directeur Europe, DOM-TOM, Australie et, à partir de 1990, Sud-Est Asiatique et Mexique. En 1994, il est nommé Directeur Général Adjoint puis, en 1996, Directeur Général. En 1999, il devient Président Directeur Général de Bouygues Offshore et, en 2001, Président du Conseil. En 2002, il est nommé Directeur Général du Groupe SAUR, puis Président Directeur Général en 2005. En février 2007, il rejoint le Groupe Colas en qualité d'Administrateur et est nommé Président Directeur Général en octobre 2007.
Le budget de la Fondation Colas est de 200 000 euros par an. En 2013, le groupe Colas a dépensé 5,19 millions d'euros pour ses actions de mécénat, en France et à l'international (Colas Life, Colas en Scène et Mécénat de compétence).
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