Thecamp, créateur de futur (s)

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Thecamp, le campus nouvelle génération dédié à la ville du futur ouvrira ses portes à Aix-en-Provence sur 7 hectares de nature.
Thecamp, le campus nouvelle génération dédié à la ville du futur ouvrira ses portes à Aix-en-Provence sur 7 hectares de nature. (Crédits : © DR GOLEM IMAGES POUR CORINNE VEZZONI ET ASSOCIÉS ARCHITECTES)
Challenge considérable, l’urbanisation croissante du monde, adossée à la transformation numérique, est en train de modifier profondément nos sociétés. Pour le relever, un outil inédit va voir le jour à Aix-en-Provence, thecamp, le premier campus international dédié à la ville de demain et aux innovations technologiques.

Longtemps perçue lointaine, même si inévitable, l'urbanisation massive du monde est en train de passer du devenir à la réalité. L'éloquence des chiffres pointe même l'urgence de la préoccupation. Car si plus de 50 % de la population mondiale vit en ville aujourd'hui, cette même population urbaine atteindra 70 % en 2050 (Source de l'ONU, mai 2014). Une prévision qui aurait tendance à donner le vertige... Qui donne en tout cas la mesure des enjeux à prendre en compte dès maintenant. Car ce n'est un secret pour personne : l'"hyper" est partout et la vitesse s'accélère. Hyper technologique, hyper connecté... le monde va vite, trop vite parfois. Quoique ? A l'heure de la transformation numérique qui depuis une vingtaine d'années révolutionne nos quotidiens, il est tout à fait logique que le monde se soit accéléré, nos modes de vie avec. Le danger serait de ne pas en avoir conscience, de le vivre comme un évitement, voire de subir cette transformation. Le leitmotiv qui consiste à dire qu'il faut penser l'avenir aujourd'hui, pour mieux vivre demain, revient plus que jamais sur le devant de la scène. Et comme souvent les lieux communs révèlent une vérité : force est de constater que la France et l'Europe toute entière n'ont peut-être pas assez pris la mesure de cet avenir urbain à croissance exponentielle, avenir qui se rapproche à grand pas. Et, si des groupes de réflexions se sont créés sur le sujet, si des experts de renommée internationale prennent de plus en plus la parole sur la ville en devenir à l'ère digitale, dans les faits, que se passe-til ? Qui travaille concrètement sur le futur de nos vies dans les villes ?

Demain, la ville

C'est la question que s'est posé Frédéric Chevalier, qui, il y a 25 ans, a été l'un des tout premiers entrepreneurs à miser sur les nouvelles technologies en créant sa propre société de communication HighCo, introduite six ans plus tard en Bourse et forte de 900 collaborateurs en Europe aujourd'hui. Un parcours exemplaire pour cet esprit visionnaire.

« J'ai toujours été préoccupé par l'avenir, explique-t-il. Et je considère que l'Europe, l'Europe du Sud en particulier n'a pas pris la mesure de la transformation du monde actuel et des défis de société incommensurables qui se profilent à l'horizon alors que d'autres continents comme les EtatsUnis et l'Asie sont déjà très actifs ».

Selon un rapport publié par Navigant Research en 2013, la population urbaine devrait passer de 3,6 à 6,3 milliards d'individus d'ici 40 ans et le marché des technologies urbaines passer de 6,1 milliards de dollars par an à 20,2 milliards en 2020. Une croissance vertigineuse qui implique un nombre considérable d'enjeux économiques et sociétaux qu'ils soient liés à l'énergie, l'écologie, la santé, la mobilité, le travail et tout ce qui a trait aux problématiques du quotidien. D'après l'OCDE, les grandes mégapoles occupent 2 % de la surface du globe aujourd'hui et consomment à elles seules 75 % de l'énergie produite par la planète, à l'origine de 80 % des émissions de CO2. A considérer que le monde compte aujourd'hui un peu plus de cinq mégapoles (ville de plus de 10 millions d'habitants) avec Tokyo en tête, suivi par New Delhi, puis Shanghai, Mexico, Bombay, Sao Paolo et Osaka, et en comptera 37 en 2025 (toujours selon le rapport de Navigant Research), on n'ose imaginer comment la planète va se transformer en à peine 10 ans ! Et encore moins comment elle va organiser ses nouveaux modes de vie et ses nouvelles infrastructures.

L'urgence de penser l'avenir

« Il y avait urgence à créer un lieu qui soit complètement dédié au futur, à la transformation du monde actuel, et notamment à tous les défis liés au numérique et à l'urbanisation. Ce sont les défis majeurs du 21e siècle », ajoute Frédéric Chevalier. Un projet titanesque porté par une grande ambition ? « Un projet indispensable dont l'ambition n'était pas un objectif mais une nécessité », précise-il. Un projet qui puise son inspiration dans les campus anglo-saxons comme la Singularity University nichée sur le site de la NASA en Californie, le CUSP (Center for Urban Science and Progress) à New York ou encore le célèbre MIT (Massachussetts Institute of Technology) à Boston.

« En fait, un lieu qui soit transdisciplinaire, transculturel et transgénérationel dans lequel travailleront ensemble les étudiants, les cadres, les experts, les chercheurs, les chefs d'entreprise, les startupers venus du monde entier. Un lieu dans lequel on apprend, on réfléchit et on travaille ensemble. Et surtout, un lieu dans lequel on expérimente. Car ce qui nous intéresse c'est de savoir à quoi ressemblera le monde de demain. Alors autant s'en préoccuper dès maintenant ! ».

Le ton est donné, les dés jetés. Thecamp est impulsé. Reste à le concrétiser.

Quand public et privé parient sur l'avenir

Le projet, avec sa vocation futuriste et humaniste, a fédéré rapidement les collectivités locales et un premier cercle d'entreprises privées. Il faut dire que l'idée avait de quoi enthousiasmer ! Imaginez un site d'innovations et de prospectives qui réunirait tout à la fois des groupes industriels, des collectivités, des startups et des utilisateurs ; un site posé sur 7 hectares de nature, face à la montagne Sainte-Victoire. Avec l'objectif premier d'imaginer la ville du 21e siècle et de répondre aux enjeux posés par les transformations du monde. Un lieu unique en Europe, facile d'accès tant par avion que TGV, un lieu de vie et de rencontres internationales pour rendre le monde meilleur, entourés des plus grands experts de la planète... Qui ne voudrait pas faire partie de l'aventure ? Ils sont d'ailleurs déjà nombreux à s'être engagés dans thecamp. Parmi les premiers, la Caisse des Dépôts dont la directrice régionale, Elisabeth Viola, explique « la CDC accompagne thecamp parce qu'il a su créer une dynamique collective associant acteurs publics et privés autour d'un écosystème de startups et d'entreprises de croissance numérique. Réunissant les talents du monde entier, il accueillera des startups et des PME de croissance pour les accompagner dans leur développement, source de création d'emplois et de développement à l'international  ». A la Caisse d'Epargne Provence-Alpes-Corse, Alain Lacroix, président du directoire, confirme que thecamp « est porteur de cette dynamique où les conditions de la création et de l'innovation sont créées en favorisant les interactions entre des populations de profils et d'expériences différentes. La CEPAC est présente aux côtés de thecamp, remplissant ainsi sa mission d'acteur économique engagé ». La Région PACA, le Conseil Départemental, la Communauté du Pays d'Aix, Marseille Provence Métropole et la CCI font partie des partenaires fondateurs. A la mairie de Marseille, Jean-Claude Gaudin voit dans thecamp « un projet unique en Europe qui au sein du Technopôle de l'Arbois développera, aux cotés de la ville, la métropole de demain. Un territoire dynamique et attractif, créatif d'emplois». Du côté du Technopôle de l'Environnement Arbois-Méditerranée justement, son Président Jean-Marc Perrin se dit « fier d'accompagner un tel projet sur un territoire qui accueille déjà de nombreuses startups et laboratoires de recherche et sur lequel plus de 1 500 personnes travaillent ou étudient dans le domaine du développement durable  ». A l'AVITEM (Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables), son directeur Jean-Claude Tourret, considère que thecamp répond à «  une nécessité de rassembler dans un ensemble lisible et cohérent l'ensemble des acteurs qui, sur le territoire, sont engagés pour promouvoir un mode de développement plus durable de notre cadre urbain et pour une adaptation de notre cadre de vie aux conséquences du changement climatique ».

L'avenir est en marche

Côté sphère privée, l'enthousiasme ne fait pas défaut. La Caisse Régionale du Crédit Agricole, Vinci Energie, Vinci Construction, Cisco, Sodexo et Steelcase figurent parmi les premiers soutiens privés. D'autres partenariats sont d'ores et déjà en route qui sont le fruit de l'écho généré par thecamp. Certains comme celui du très réputé Festival d'Aixen-Provence, se réjouit par la voix de son président Bernard Foccroulle « de participer au "mieux" vivre ensemble, de baser leur existence sur la rencontre et la participation physique et in situ, et d'amplifier leur rayonnement grâce aux possibilités qu'offrent les outils numériques actuels ». Du rêve à la réalité, les travaux de thecamp ont démarré en mai 2015. Un important programme de préfiguration s'amorce en parallèle avec la mise en place d'une gouvernance et de groupes de travail associant les partenaires, mais pas seulement. De nombreuses activités viendront enrichir ce nouvel écosystème dans les mois qui viennent. Sont déjà prévues des conférences de niveau mondial à Paris, Marseille et dans des grandes villes européennes et du bassin méditerranéen ; en cours également la mise en place d'une plateforme collaborative digitale et le lancement d'un concours international sur la ville de demain auprès d'étudiants du monde entier, et bien sûr l'initiation des premiers projets d'expérimentations identifiés avec les partenaires publics de thecamp. Vitrine visionnaire de ce que seront nos villes du futur, thecamp entend bien se démarquer par l'excellence de ses monstrations. Ouverture prévue du campus en 2017. Autant dire demain.

Cliquez ici pour télécharger le supplément complet de La Tribune de l'Innovation en partenariat avec thecamp

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