HSBC Global AM gère un tiers de ses encours dans les pays émergents

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Le directeur général, John Flint, explique sa politique de marque unique et ses ambitions dans le « nouveau monde ».

Le bâtiment en pierres de taille, situé sur la prestigieuse arcade St Jame's Street au centre de Londres, est à l'image de la branche gestion d'actifs de HSBC qu'il abrite : prestigieux mais discret. À l'extérieur, seul un logo sculpté dans la pierre indique sa présence. À l'intérieur, une magnifique salle aux plafonds recouverts de fresques reçoit le visiteur.

Cette spectaculaire réception est avant tout destinée aux clients de la banque privée de HSBC, qui partage les locaux avec la gestion d'actifs ; mais elle sert de raccourci pour symboliser le discret géant qu'est HSBC Global Asset Management (HSBC GAM). Ce relatif effacement s'explique en partie par le fait que cette division ne vient pas d'une priorité pour la banque, mais est plutôt le fruit d'une accumulation historique construite au fil d'acquisitions, y compris en France avec le CCF. Résultat : l'ensemble est très complexe.

John Flint, qui le dirige depuis début 2010, a entrepris d'en simplifier l'organisation. En juin dernier, il a décidé d'unifier toutes les marques. Exit notamment Sinopia (fonds quantitatifs) et Halbis (gestion fondamentale active). Désormais, tout s'appelle HSBC GAM. Surtout, les plates-formes d'investissement ont été fusionnées. « La complexité légale, avec 43 entités à travers le monde et cinq marques différentes, signifiait qu'on se faisait concurrence entre nous, explique John Flint. Autrefois, quand on avait besoin d'un produit, il n'était pas évident de savoir qui le ferait. Maintenant, nous avons une seule plate-forme d'investissement, avec un seul directeur de l'investissement, une centralisation des vendeurs, et des PDG par région. S'il y a quelque chose qui marche bien dans une région, c'est beaucoup plus facile de le répliquer dans une autre région. » Il reste aujourd'hui 37 entités, et l'objectif est de réduire encore significativement ce chiffre.

HSBC GAM n'est cependant pas devenu un gérant tout à fait comme les autres. Avant tout, il est là pour servir les clients de la banque. C'est pour cela que ses fonds monétaires sont si développés (lire ci-contre). Pour la même raison, il est très présent dans les pays émergents, la force traditionnelle de HSBC, avec 145 milliards de dollars d'encours sur un total de 439 milliards, soit une hausse de 20 % en un an. « Cela fait de nous l'un des plus importants gérants au monde dans ce domaine », estime John Flint.

Il pense cependant avoir un véritable avantage par rapport à ses concurrents : 60 % des encours dans les émergents viennent d'investissements réalisés par des acteurs locaux. « Inévitablement, les marchés émergents essuieront tôt ou tard un revers. Quand cela arrivera, les produits domestiques seront beaucoup plus résistants que l'argent qui vient de l'étranger. Pour nous, c'est une façon de fortement réduire les risques. »

Un tel revers sur les marchés émergents est-il pour bientôt ? John Flint se veut rassurant, mais prudent. « Je ne crois pas que nous en soyons déjà là : les valorisations y restent raisonnables. Mais il y a un vrai risque que le transfert d'argent du « vieux monde » vers le « nouveau monde » crée une distorsion. Beaucoup de ces marchés sont très petits par rapport aux flux qui circulent. »

Leçon asiatique

Par ailleurs, la connaissance des différents marchés locaux permet de tirer d'intéressantes leçons sur l'attitude des Européens et des Asiatiques face à l'argent : si les premiers attendent de la banque un produit « tout en un », les seconds préfèrent être très impliqués dans la gestion. « Au Royaume-Uni, nous vendons des produits dans lequel l'allocation d'actifs et le choix des gérants sont faits pour le client. Mais à Hong-Kong, ce n'est pas populaire. Là-bas, les clients préfèrent faire leur propre allocation d'actifs et changer souvent. Nous leur proposons un produit où ils peuvent transférer leur argent entre différents fonds sans avoir à payer de frais d'entrée ou de sortie. Dans le ?nouveau monde?, les investisseurs sont beaucoup plus actifs. » Malgré ce comportement de « trader », c'est pourtant en grande partie sur eux que John Flint mise pour continuer à se développer.

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