Pékin exige une opération vérité sur les créances risquées des banques chinoises

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Selon le « China Daily », les autorités ont donné aux plus grandes banques jusqu'à vendredi pour évaluer les risques liés à leur exposition aux promoteurs et aux collectivités.

Le régulateur bancaire chinois (CBRC) a lancé un ultimatum aux principaux établissements de l'empire du Milieu. Selon le « China Daily », quotidien généralement bien informé, ces mastodontes (ICBC, Construction Bank, AgBank...) ont jusqu'au vendredi 3 juin pour évaluer les risques associés à leur exposition aux promoteurs immobiliers, aux collectivités locales et aux projets d'infrastructures.

Voilà peu, la même autorité avait prévenu que les banques qui, compte tenu de leur taille, sont susceptibles de représenter un risque systémique, devraient afficher un ratio de solvabilité de 11,5 % à la fin 2013 pour être en conformité avec l'adaptation chinoise de la réforme de Bâle III. Celui d'ICBC, la banque la plus grande et la plus rentable du monde, s'inscrivait déjà à 12,27 % à la fin 2010.

L'an dernier, ICBC, Construction Bank, Bank of China, AgBank et Bocom ? qui à eux cinq contrôlent près de la moitié des actifs bancaires du pays ? ont collectivement levé 56 milliards de dollars sur les marchés boursiers et obligataires. Des opérations menées à la demande de Pékin qui craint la détérioration des portefeuilles de prêts accordés pendant la crise, qui ont atteint le record de 2.700 milliards de dollars en deux ans ! Pour juguler l'inflation et éviter une crise bancaire, les taux d'intérêt ont été augmentés à plusieurs reprises et les banques ont dû augmenter leur taux de réserves obligatoires.

Les opérateurs rassurés

Après avoir publié des résultats 2010 record, les grandes banques chinoises ont rassuré les opérateurs de marché en indiquant que leurs mauvaises créances avaient reculé au premier trimestre 2011, de 4 % dans le cas d'ICBC. Les autorités, qui avaient engagé les banques à limiter l'octroi du crédit, leur demandent désormais d'aider l'activité des PME qui pâtissent au premier chef de ces restrictions. « Soutenir les petites entreprises peut permettre aux banques de diversifier leurs risques » tout en améliorant leur rentabilité, a plaidé voilà deux semaines le président de la Commission bancaire, Liu Mingkang.

L'agence de notation Standard and Poor's salue la détermination de Pékin à empêcher une crise. Dans un rapport qu'il vient de publier au titre éloquent - « Une légère douleur aujourd'hui peut prémunir contre beaucoup de souffrance plus tard » -, l'analyste Qiang Liao prévient que les mesures multiformes prises par les autorités vont inéluctablement réduire la rentabilité des banques chinoises. Mais il assure aussi que, grâce à elles, les « pertes de crédit seront gérables » pour le système financier.

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