Législatives au Maroc  : vers la bipolarisation entre le PJD (arrivé 1er) et le PAM (2ème)

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Le parti islamiste Justice et du Développement (PJD), conduit par le Premier ministre Abdellilah Benkirane, est arrivé en tête des élections législatives du 7 octobre 2016.
Le parti islamiste Justice et du Développement (PJD), conduit par le Premier ministre Abdellilah Benkirane, est arrivé en tête des élections législatives du 7 octobre 2016. (Crédits : Reuters)
Selon les premiers résultats le parti islamiste est en tête avec 99 sièges, talonné par le PAM qui en récolte 80. Bien que partiels ces résultats marquent l'émergence de deux pôles politiques majeurs, sous fond de naufrage de la gauche qui n'a récolté que 23 sièges (tous partis confondus). Cette soirée a également été marquée par la tension entre le PJD et l'Intérieur.

Selon des résultats partiels mais officiels  (90% de la liste locale) énoncés par Mohammed Hassad ministre de l'Intérieur vers 2h du matin, le PJD serait largement en tête au niveau de la liste locale (304 sièges) avec 99 sièges. Le parti islamiste est suivi par le PAM avec 80 sièges. L'Istiqlal se retrouve pour sa part à la 3e place avec à peine 31 sièges. Talonné par le RNI (30 sièges). Le MP, l'UC, l'USFP, le PPS ont engrangés respectivement 21,16,14 et 7 sièges. La Fédération de Gauche Démocratique, coqueluche des internautes marocains, n'a décroché que 2 sièges.

La bipolarité se confirme

Ces résultats partiels certifient la thèse d'une polarisation de la scène politique marocaine, avec un le duo PJD-PAM qui concentre 179 sièges, sur un total de 304. D'ailleurs, un changement de paradigme reste possible, vu qu'il reste 164 sièges à pourvoir : 90 correspondent à la liste nationale (réservés aux femmes et aux jeunes) et 74 équivalent aux 10% des votes de la liste locale qui n'ont pas été dépouillés.

Les résultats définitifs devraient être annoncés ce samedi 8 octobre en fin de matinée. La gauche reste la grande perdante de ces élections avec un total de 23 sièges (USFP, PPS, FGD) sur 304 sièges. En termes de participation, le taux a atteint 43%, soit 6,7 millions de votants.

Manque de confiance du PJD

Le ministre de l'Intérieur, a par ailleurs, pointé du doigt l'attitude et les déclarations du PJD qui a accusé dans la soirée du vendredi 7 octobre, l'Intérieur de prendre parti pour le PAM. « Félicitations au PJD, malgré le fait que ce parti ait continué mis en cause le processus législatif et le ministère de l'Intérieur. Ce qui montre que cette formation continue à douter de la volonté du peuple, à sa tête sa Majesté le Roi, pour l'ancrage durable de la démocratie. Ce qui doit expliquer en partie la décision du PJD d'annoncer des résultats partiels et démontre le manque de confiance de la formation envers le ministère de l'Intérieur », a souligné Mohammed Hassad, lors de la présentation des résultats partiels.

Abdelilah Benkirane, Secrétaire général du PJD, a en effet annoncé la victoire de son parti et de l'ensemble de ses ministres (dans leurs circonscriptions respectives), bien avant l'annonce de l'Intérieur. Ce qui constitue une première dans les annales de la politique marocaine, où la tradition voulait que l'Intérieur annonce les résultats en premier.

Progressistes/islamistes

Conforté par son succès lors des élections communales et régionales de 2015, le Parti de la Justice et du développement (PJD), islamo-conservateur, s'est lancé très tôt dans la campagne en dénonçant le « contrôle » de l'État profond ou « Tahakoum », accusant au passage le PAM d'être le représentant de ce gouvernement de l'ombre.

Mené par Abdelilah Benkirane (chef de gouvernement en fin de mandat), le PJD sort de cinq années de cohabitation avec des partis rompus à l'exercice gouvernemental en gardant un capital sympathie non négligeable, et ce malgré un bilan peu reluisant.

La particularité de ce scrutin reste la polarisation de la scène politique du moins au niveau communicationnel entre le PJD et le Parti Authenticité et Modernité (PAM), fondé par Fouad Ali El Himma (actuellement conseiller royal) et qui se positionne comme fer de lance de l'opposition progressiste et laïque. Une formation qui reste perçue par le grand public comme un parti administratif ayant la sympathie de certains cercles du pouvoir.

Il n'empêche qu'aucun des deux adversaires ne pourra gouverner seul. La balkanisation du champ politique et l'abaissement du seuil minimal pour accéder au Parlement, de 6 % à 3%, rend impossible pour un seul parti de constituer une majorité. Une situation qui oblige le parti gagnant à rassembler une alliance gouvernementale, avec toutes les concessions que cela implique.

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Commentaires
a écrit le 08/10/2016 à 19:39 :
....si j'avais des biens au Maroc (mais je ne suis pas retraité encore!) Je commencerais à me poser des questions..... Le Roi aussi d'ailleurs s'il ne veut pas se faire débarquer (ce qui serait un moindre mal pour lui). Sauf s'il joue double jeu....mais à ce petit jeu il faut être très très malin.... le détroit de Gibraltar va être très fréquenté dans les prochains mois...welcom
a écrit le 08/10/2016 à 17:29 :
"Le Maroc pétrifié par son roi" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/DAUM/56437 abonnés ou payant

"Vous voulez qu’on aille voter ? Jamais de la vie ! Ce sont tous des voleurs ! » Pour MM. Houcine Djamal, Driss Kaddour et Abdou Khalil. les hommes politiques ne sont là « que pour prendre de l’argent ». Il est donc hors de question de participer aux élections législatives de ce mois d’octobre. "

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