L'autonomie des écoles, un facteur d'efficacité

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DR (Crédits : FRANCOIS DABURON ©)
Nicolas Sarkozy a lancé le débat sur l'autonomie des chefs d'établissements, qui pourrait être accrue. De fait, l'autonomie des écoles représente un facteur stimulant, rendant plus efficace la dépense pour l'éducation, tout en améliorant le service rendu.

Le débat est lancé, suite aux v?ux de Nicolas Sarkozy adressés au personnel enseignant, sur une autonomie accrue des établissements d'enseignements primaire et secondaire. D'un point de vue économique, une autonomie plus importante des écoles constituerait probablement un facteur significatif en faveur de l'efficacité de la dépense dans le secteur éducatif, sans peser sur la qualité du service rendu.

Augmenter l'efficacité de la dépense publique dans le secteur de l'éducation consiste soit à produire davantage de service d'éducation à dépense inchangée, soit à produire le même montant de service d'éducation pour un financement inférieur. La production de service d'éducation est mesurable à partir des connaissances acquises par les élèves à la fin du cursus secondaire. L'OCDE produit à ce sujet des enquêtes internationales Pisa qui font référence et permettent de comparer les résultats des systèmes scolaires de plus d'une trentaine d'Etats.

Il est possible de distinguer trois composantes dans l'efficacité de la dépense publique dans le secteur de l'éducation. En premier lieu, l'efficacité dans l'allocation des ressources mesure la performance du cadre institutionnel global, son degré de décentralisation (qui doit être ni trop restreint ni exagéré) et sa capacité à fournir des financements spécifiques pour des actions éducatives dans les zones défavorisées qui en ont besoin. En deuxième lieu, l'efficacité dans la conduite opérationnelle désigne l'existence (ou non) d'objectifs pour les établissements (avec incitations ou sanctions en fonction des résultats) et leur autonomie de gestion au quotidien. En troisième lieu, l'efficacité "productive" est renforcée avec des classements publics des établissements en fonction de leur niveau de performance et la possibilité pour les parents de choisir l'école de leur choix pour leurs enfants. Elle renforce une saine concurrence entre établissements - sachant que les écoles confrontées à des publics difficiles reçoivent plus de ressources au titre de l'efficacité dans l'allocation des ressources évoquée supra.

L'OCDE a mesuré en 2007 les performances de ses Etats membres sur l'ensemble de ces indicateurs d'efficacité de la dépense éducative. En matière d'autonomie des écoles, la France apparaît comme l'une des plus mal classées de tous les pays de l'OCDE. De fait, l'autonomie de gestion des chefs d'écoles françaises, et donc leur possibilité d'innover et de s'adapter aux spécificités locales, est à peu près nulle : c'est le costume Mao pour tout le monde.

L'autonomie de gestion des écoles peut notamment porter sur la fixation des rémunérations (primes, par exemple), la définition de la structure du budget de l'établissement, des méthodes d'enseignement, et du recours, si nécessaire, à la sous-traitance pour certaines tâches. Elle doit tout particulièrement concerner la gestion des ressources humaines de l'établissement, à l'image de l'expérimentation actuelle baptisée "Eclair" par laquelle, dans les établissements les plus difficiles, les enseignants peuvent recruter leurs équipes pédagogiques.

Un surcroît d'autonomie de gestion des écoles ne constitue certes qu'une composante de l'efficacité de la dépense dans le secteur de l'éducation, mais il s'agit d'une composante importante. En effet, elle pourrait renforcer l'efficacité de la dépense publique à double titre. Directement, parce que les fonds pourraient être orientés précisément en fonction des besoins de l'établissement par ceux-là même qui le dirigent au niveau local. Indirectement, parce qu'un surcroît d'autonomie est la condition nécessaire du développement d'un pilotage des écoles en vue de l'atteinte de certains objectifs et d'une émulation effective au sein des établissements scolaires.

Il ne faut pas avoir peur de l'autonomie : elle stimule les initiatives. Bien encadrée, en particulier par des dispositifs ciblés sur les publics difficiles et par des publications des performances de chaque établissement, elle permet aux parents de savoir que les écoles seront incitées à s'occuper mieux encore de leurs enfants, et que le produit des prélèvements obligatoires levés pour financer l'Education nationale sera employé avec efficience. L'autonomie de fonctionnement des écoles répond donc à des considérations économiques pertinentes, à des préoccupations citoyennes légitimes et elle est de nature à améliorer la qualité du service public de l'éducation.

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Commentaires
a écrit le 15/01/2012 à 21:10 :
@ ben vôtre article est très bien mais pour ceux qui n'ont pas vôtre intelligence vous avez fait un commentaire très compliqué, je vais vous faire le mien en plus simple, si j'ai bien lu tout FREUD, il faut que le corps enseignant se donne à fond dans leur métier, comment faire un bon boulot d'enseignent quand dans une classe de 15 voir 30 élèves il y à 1 tiers qui écoute et qui travaille, quand au facteur parlons en bon il font un métier plus que simple, mais comment expliquez-vous que ces facteurs l'après-midi distribue de la publiçité, je le sais car j'ai donné un coup de main à un facteur qui est un bon copain.
a écrit le 15/01/2012 à 13:31 :
un article un peu théorique qui fonctionne sur des arguments de bon sens qui me semble également démontrer une grande méconnaissance du fonctionnement actuel de l'éducation nationale. Mais le point de départ est la saine concurrence....donc à partir de là tout est dit. Quant à l'expression "costume mao pour tout le monde" vu qu'elle est à 10 000 lieues de la réalité, elle vise peut être à réveiller un anti communisme pour faire adhérer aux propos de l'auteur... c'est plutôt le discours de cet article qui est d'une idéologie très éloigné de la réalité et qui ne cherche pas à connaitre les conséquences de ce qui est proposé.
Réponse de le 15/01/2012 à 22:48 :
Dans le même paragraphe, il est question des « chefs d'écoles », on se demande un peu de quoi il s'agit !

Il est clair qu'il y a un problème à résoudre dans le fait que le quotidien de l'école de premier degré est d'ordre local, que tous les moyens matériels et une partie des moyens humains viennent de la municipalité alors que l?État continue à mobiliser une hiérarchie et une administration démesurée simplement pour rémunérer les professeurs des écoles, pondre des programmes qui ont la bougeotte et vaguement faire semblant de s'assurer qu'ils soient appliqués. On pourrait sans doute faire moins coûteux avec autant d'enseignants sur le terrains, qui ne soient pas dissipés et distraits par une administration otage d'enjeux politiciens et impuissante sur le terrain.
Réponse de le 16/01/2012 à 5:51 :
le problème de cette "autonomie" est qu'il y a tromperie sur la marchandise.
au lieu d'une autonomie qui donne aux enseignants et à toute l'équipe pédagogique le pouvoir de décider et d'organiser , on donne à un chef d'établissement nommé par la hiérarchie et responsable devant elle d'énormes pouvoirs pour gérer la pénurie (par exemple on adapte l'offre pédagogique pour utiliser les postes existants, pour imposer des tâches supplémentaires toujours en fonction de l'absence de moyens,..) et on réduit les enseignants au rôle d'exécutants , recherchés pour leur docilité..
C'est mettre l'école à l'envers; les enseignants sont capables et désireux de faire beaucoup pour leurs élèves mais la difficulté croissante de leur tâche exige plutôt qu'on leur fasse confiance en leur transmettant responsabilités et droit à l' initiative.
Réponse de le 16/01/2012 à 6:48 :
Le tour de passe-passe que veut réaliser l'Etat, c'est que cette hiérarchie locale ne lui coûte pas un rond ! Ce n'est pas l'école qui est à la base des réformes, c'est le budget.

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