Etats-Unis et Royaume-Uni : par ici la croissance !

 |   |  627  mots
Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi/ DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, par ici la croissance pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Les pays anglo-saxons vivent-ils un nouvel âge d'or ? A la lecture des comptes nationaux du 2ème trimestre : peu de doute, la croissance dépasse les 4% en rythme annualisé aux Etats-Unis, elle est proche de 3,5% au Royaume-Uni. Autant dire qu'avec son zéro pointé, la zone euro est totalement distancée.

Alors, certes, à trop se concentrer sur les chiffres de croissance, le risque est de se laisser aveugler par l'illusion d'optique du dernier point. Il faut donc s'attarder sur les niveaux.

Trois constats s'imposent

Le premier, les Etats-Unis ont restauré leur niveau de PIB dès 2011 et surplombent de 7,4% leur dernier point haut.

Second constat, l'amélioration est plus récente au Royaume-Uni, mais « c'est fait », le niveau de richesse créée a dépassé au 2ème trimestre de cette année son dernier sommet.

Dernier point, la zone euro reste 2,4% en-deçà de son pic d'activité. Pire, aucune amélioration tangible n'est perceptible depuis 2011.

Face à une Europe embourbée, les gouvernements britannique et américain semblent donc bien avoir trouvé la potion magique de la relance. Parmi ces ingrédients, il y a d'abord une bonne dose de « quantitative easing ».

Une politique monétaire ultra-agressive qui a fait passer la taille du bilan de la Banque centrale anglaise de 6,5% du PIB avant récession à plus de 26% en 2013. Un soutien massif à l'économie accompagné d'une politique de taux bas et d'un dévissage de la Livre dans un premier temps. C'est exactement le chemin suivi par la Fed aux Etats-Unis. Cela a eu aussi pour conséquence directe de soutenir le prix des actifs mobiliers comme le montre l'évolution du « Footsie » l'indice phare de la bourse de Londres, où du Dow Jones aux Etats-Unis. Il est à son niveau record, en hausse de 114% depuis début 2009. Actifs mobiliers d'un côté, mais aussi immobiliers de l'autre. Les prix des habitations sont en forte hausse.

Une bouffée d'oxygène ?

Au Royaume-Uni, où le mouvement est le plus fort, les sommets de 2007 ne sont plus très loin. Pour ces deux pays où les effets richesse sont parmi les plus puissants au monde, la hausse des prix des actifs vient supporter la demande domestique. Une bouffée d'oxygène en attendant que les retombées de la redynamisation du tissu productif produisent pleinement ses effets sur l'emploi et les salaires. Une ré-industrialisation bien tangible aux Etats-Unis où la production industrielle est sur une pente croissante.

Elle surpassait son pic de novembre 2007 de près de 4% en juillet dernier. La comparaison pour la zone euro n'est pas flatteuse, elle qui reste à 12,4% de son précédent record. Le faible niveau du coût du travail principalement dans les Etats du Sud ont permis la renaissance de l'emploi et de l'activité industrielle, notamment dans l'automobile ou le textile.

Quant aux choix radicaux en matière de l'énergie, c'est toute l'industrie qui profite du faible coût de l'énergie. Et si le succès est moins net au Royaume-Uni, il y a un indice qui ne trompe pas : la forte hausse du taux d'utilisation des capacités de production qui dépasse 84%. C'est le signe d'un appareil productif de plus en plus sollicité. C'est loin d'être le cas dans la zone euro où il bloque à moins de 80%.

Dernier élément, les pays anglo-saxons ne se sont pas auto-infligés de cures d'austérité aussi drastiques que dans la zone euro. C'est finalement en conjuguant stratégie de l'offre, de la demande et politiques budgétaires dosées que les pays anglo-saxons sont parvenus à enclencher un nouveau cycle de croissance. Moins le fruit d'un miracle, au final, que d'un très grand pragmatisme.

>> Plus de vidéo sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/09/2014 à 11:18 :
USA:bulle des prets étudiants et prets auto.GB:bulle immobilière et financière.Va falloir que XERFI potasse un peu plus ses dossiers
a écrit le 21/09/2014 à 5:41 :
Je rappelle a tous les excités qui lisent ces lignes que les Britanniques viennent de rajouter les prostituées et la drogue dans leur PIB.
a écrit le 20/09/2014 à 8:24 :
Les deux pays avec les plus grand écart de classes. Bravo !
a écrit le 19/09/2014 à 16:51 :
En Angleterre, la croissance ne profite qu'aux privilégiés. Et au USA, c'est seulement le trompe l'oeil d'une création massive de monnaie, accompagné d'un accroissement massif de pollution. Je ne vois pas l'intérêt de vanter cette "réussite" calamiteuse au regard des problèmes de la terre.
Réponse de le 22/09/2014 à 8:53 :
Etant moi meme aux US, je vis la situation tous les jours: difficile d'embaucher donc des salaires qui montent, les prix immobiliers qui repartent a la hausse... Ne confondez pas les outils utilises pour en arriver la avec le resultat final.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :