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Action publique et environnement : priorité à l'efficacité

Loïc Rousselle

Publié le 25 juin 2024 à 15:18 - Mis à jour le 25 juin 2024 à 15:18

Protestations de membres d'associations de défense animale appelant à la fin de la captivité et de l'exploitation du Marineland d'Antibes, le 16 août 2020.

Protestations de membres d'associations de défense animale appelant à la fin de la captivité et de l'exploitation du Marineland d'Antibes, le 16 août 2020.

Reuters

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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OPINION. En matière d'environnement comme dans d'autres domaines, l'État intervient souvent là où son action est inutile, voire contreproductive, tout en brillant par son absence là où il est légitimement attendu. En témoignent, entre autres, la politique énergétique du pays, l'interdiction des néonicotinoïdes, ou encore la gestion aussi erratique qu'émotionnelle du cas des orques du Marineland d'Antibes. Par Loïc Rousselle, porte-parole national et membre du bureau politique du parti Écologie au Centre.

Inédite, incertaine et à bien des égards vertigineuse, la séquence politique qui s'est ouverte à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale replace, comme toute campagne électorale, la question du volontarisme politique au centre du débat public. Et, avec son chapelet de promesses plus ou moins baroques, celle de la place et du rôle de l'État : faut-il plus ou moins d'immigration, plus ou moins d'impôts, plus ou moins de policiers, de professeurs, etc. ? Alors que la question écologique a pratiquement disparu de l'agenda médiatique, la tentation est grande, pour le gouvernement comme pour les candidats aux législatives, de promettre monts et merveilles. Quitte à s'affranchir du plus élémentaire principe de réalité.

Quand l'interventionnisme étatique est contreproductif

Rien de nouveau sous le soleil de la Ve République. A fortiori au terme, plausible, du règne d'une équipe gouvernementale qui aura, comme peu avant elle, porté au rang d'art cette manie si française d'ingérer l'État là où il n'a rien à faire, tout en le défaussant de ses responsabilités là où, au contraire, la puissance publique est légitimement attendue. La question du climat, de l'environnement et de la protection de la biodiversité ne fait pas exception à cette tradition. Et fournit, loin de simplistes procès en incompétence ou collusion, son lot de cas récents où l'interventionnisme débridé de l'État s'est heurté au mur du réel. Plutôt violemment.

Les exemples sont, hélas, légion. Ainsi de la dissémination, anarchique, des éoliennes, qui balafrent nos paysages sans améliorer la performance de notre réseau électrique. De la fermeture de la centrale de Fessenheim - une véritable aberration écologique. De l'interdiction, brutale et non concertée avec nos partenaires européens, des néonicotinoïdes en Isère, sans bien sûr donner au secteur de la betterave le temps de s'adapter. De la sur-fiscalité imposée à notre filière bois, qui contrevient aux objectifs de valorisation des forêts françaises pour atteindre nos objectifs climatiques. Ou, encore, de la protection des animaux menacés - et en l'occurrence pas n'importe lesquels : les orques.

Orques du Marineland d'Antibes : le gouvernement patauge

A l'initiative de la loi du 30 novembre 2021 interdisant, à partir de 2026, la détention et la reproduction en captivité des cétacés, les membres de notre actuel gouvernement sont aussi ceux d'une génération biberonnée aux films Sauvez Willy. L'esprit de la loi ne saurait se contester. Mais sa mise en œuvre se heurte à un imbroglio politico-administratif dont l'État aurait, sans doute, bien fait de se tenir éloigné. Au Marineland d'Antibes, deux orques attendent maintenant que soit tranché leur sort. Ainsi en a décidé le législateur : fort bien, mais pourquoi l'État se mêlerait-il de l'avenir des deux cétacés ?

Transfert des orques vers un autre delphinarium ou création de dispendieux « sanctuaires marins » au modèle économique introuvable et qui mettraient probablement des années à voir le jour ? Comme pris au piège de son propre volontarisme, le secrétariat d'Etat à la Biodiversité multiplie les déclarations contradictoires. Sans expertise particulière, l'Etat s'immisce là où il n'a rien à faire et prend le risque de décider de façon hasardeuse. Quitte à gaspiller l'argent public et à faire plus de mal que de bien à la population des orques en général. Ces derniers bénéficieraient, par exemple, bien davantage d'une meilleure collecte des plastiques ou du développement des piscicultures que de la concentration de l'argent public sur deux individus.

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Déchets ménagers : l'État aux abonnés absents

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A l'inverse, que font nos dirigeants quand il s'agit de s'attaquer à des problématiques environnementales qui relèvent, cette fois, bel et bien de leur responsabilité ? Pourquoi faut-il attendre que les collectivités territoriales attaquent l'État en justice pour « inaction environnementale » pour que la loi sur la réduction des déchets ménagers soit suivie d'effets ? Certes, se pencher sur les poubelles des Français est, pour certains ministres, sans doute moins immédiatement gratifiant médiatiquement que de prétendre sauver Willy une nouvelle fois.

Loïc Rousselle

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