Black Friday : passer d'une démarche quantitative à une démarche qualitative

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(Crédits : Reuters)
OPINION. Pour ne pas être pris pour de purs « consommateurs », il faut que les personnes reprennent le contrôle de leurs achats au cours de cette journée noire, en passant d'une approche quantitative à une approche qualitative du Black Friday. Par Romain Gavache, Country Manager chez Le Dénicheur.

Institutionnalisé aux États-Unis dans les années 70, le Black Friday a été estampillé « journée de la consommation » par les commerçants. Le but : pousser les personnes à la consommation, en les attirant par des promotions brillantes et des dévaluations chocs. Le résultat est un sentiment d'urgence créé de toutes pièces, ainsi que la crainte provoquée chez les consommateurs de passer à côté de « la bonne occasion ». Il s'agit donc d'une situation contrôlée par les vendeurs ; alors qu'en réalité, c'est bel et bien aux consommateurs de juger si les offres proposées les concernent véritablement.

Le Black Friday : symbole de la consommation superflue

On note, à ce titre, un paradoxe propre au Black Friday : les chiffres de fréquentation augmentent d'année en année, tout comme les commentaires critiques sur le caractère superflu de cette journée de surconsommation. En 2018, la hausse des ventes s'est ainsi propulsée à 408 % par rapport à un jour lambda, soit un chiffre d'affaires multiplié par 4. Comparé à 2017, cela représente une hausse de près de 60 % des ventes. Dans le même temps, les mouvements alternatifs, qui appellent à la décroissance ou du moins à une régulation de la consommation, dans un souci environnemental, se font de mieux en mieux entendre.

Des consommateurs éclairés pour une consommation raisonnée

Le but n'est pas ici de trancher entre éloge ou critique. Mais plutôt de trouver un compromis. Et si nous envisagions une consommation plus fine et raisonnée, tout en continuant de bénéficier de telles offres promotionnelles ? Une augmentation de sa consommation pendant le Black Friday peut être pertinente seulement et seulement si elle est incluse dans une stratégie de consommation réfléchie : repousser ses achats jusqu'au jour J, pour en tirer pleinement parti. Cependant, afin d'opter pour une telle tactique, il est nécessaire d'éclairer les consommateurs, afin qu'ils se lancent dans un shopping plus conscient et responsable, sans céder aux sirènes de la consommation frénétique.

Deux approches marchandes du Black Friday

Pour cela, il est nécessaire de comprendre l'approche du Black Friday envisagée par les commerçants. Il existe pour eux deux façons d'effectuer des promotions : soit les commerçants appliquent des réductions sur une sélection de produits ciblés, dans l'objectif d'écouler leurs stocks, et donc de réaliser une marge. Soit les commerçants offrent des promotions plus larges, et sont donc prêts à assumer certaines pertes en appliquant des réductions sur les produits phares de marques recherchées, quitte à dégrader leur marge pour acquérir de nouveaux clients.

Ces deux stratégies ont des conséquences différentes pour le consommateur : dans le premier cas, les promotions lui sont imposées. Dans le deuxième, il peut en trouver sur les produits de grandes marques, que le commerçant utilise pour augmenter le trafic de son site.

4 conseils pour un rapport qualitatif au Black Friday

Fort de cette connaissance, les consommateurs doivent se servir du Black Friday de façon qualitative, et non dans un shopping frénétique. Cela implique auparavant :

  • de définir en amont son ou ses besoins
  • de cibler les produits qui pourraient y répondre
  • de se fixer un budget : le shopping peut devenir une véritable addiction, et il est facile de se laisser entraîner par des réductions affriolantes
  • de comparer les prix présentés comme des réductions par rapport au prix réel du marché, et non au prix barré. Toutes les promotions n'en sont pas réellement : attention à la fausse « bonne affaire ».

Pour la plupart des produits, il est aujourd'hui tentant de se diriger vers des alternatives bon marché, parfois aux dépens de la qualité du produit. Une démarche faillible, car si le produit tombe rapidement en panne il faudra le racheter. Financièrement, cette stratégie n'est pas rentable. De plus, l'impact environnemental (la production du produit et le recyclage) est décuplé. Ce mode de pensée se développe de manière exponentielle dans le secteur vestimentaire, par réaction à la surconsommation des grandes chaînes ; mais il peut s'étendre aux produits High-Tech et à l'électroménager. Il est donc devenu indispensable de repenser ses modes de consommation en privilégiant la qualité à la quantité.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2019 à 21:47 :
Le black Friday ce n’est pas
re fourguer «  les fin de séries technologiques «  pour lancer le nouveau peu de temps après ....
a écrit le 22/11/2019 à 9:30 :
"Black Friday" les prémices des jours "Black" ...comme en 1929?
a écrit le 21/11/2019 à 14:53 :
Sur le Huffington Post, y a eu un article le 16 octobre "Avant le Black Friday, les prix des smartphones augmentent (et ce n'est pas un hasard)"...
Il faut de toute façon savoir sur la durée combien coûtent les objets désirés pour ne pas se faire piéger par de fausses "bonnes affaires". Et ne pas acheter fait faire encore plus d'économies, ça frise le 100,00%. :-)
a écrit le 21/11/2019 à 14:03 :
autant les conseils sont juste du bon sens qu'effectivement chacun devrait avoir a l'esprit, autant les gens n'en peuvent plsu de la morale baveuse et culpabilisatrice ou on leur explique avec des propos bobo gaucho ecolo citoyens durables reenchantes et moraux dans un grand cadre de vivre ensemble pour tous qu'ils assassinent des ours blancs, et que donc on va leur coller un impot redemptoire, qui a defaut de sauver les ours blancs sauvera les promesses du socialisme qui sont intenables
Réponse de le 22/11/2019 à 7:15 :
En voilà un qui est long à la détente. Alors que justement de plus en plus de monde se rend compte qu’on va dans le mur, lui il en est encore au stade d’accuser les écolos de khmers verts ou de je ne sais quelles absurdités.
Un jour il se réveillera en s’excusant. Et en disant qu’ils avaient raison.
J’en ai déjà autour de moi, qui ont par exemple perdu quelqu’un de la famille, agriculteur intoxiqué par ses propres produits balancés sans précautions.
Il y en a certains il faut que ça leur tombe sous le nez. Manque d’intelligence ? Dogmatisme ? Certainement les deux...
Réponse de le 22/11/2019 à 9:16 :
@churchill
!!!!! charabia anti tout et nous avons bien compris anti socialiste. Usant, je plains l'éventuelle personne qui vit avec vous.
a écrit le 21/11/2019 à 13:03 :
Revendre les invendus étant déjà presque inespéré en néolibéralisme, au lieu que l'argent public rembourse les produits pour que ce fric aille dans les paradis fiscaux.

C'est mieux que des les enterrer comme aux états unis ou les brûler dans nos incinérateurs comme chez nous et même des produits alimentaires de qualité hein...

Peut-être même un signe d'évolution de la société marchande allez savoir ! Ben oui on part de très loin...

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