« Conso'moteurs »  : pourquoi ils sont l'avenir de la transition agro-écologique

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(Crédits : Henry Nicholls)
OPINION. Les consommateurs ont un rôle central à jouer dans l'évolution du secteur agro-alimentaire. Ils en ont conscience et se saisissent de cette question grâce notamment aux applications alimentaires, comme « Yuka », impactant déjà les industriels. Mais la nécessaire mutation du secteur vers la transition agro-écologique est complexe. Les nouveaux « conso'moteurs » vont-ils transformer les modèles de consommation ? et après, un nouveau modèle durable peut-il émerger ? Par Marie Georges, associée responsable Deloitte Développement Durable

Il est loin le temps où les consommateurs se contentaient d'être de simples acheteurs. Aujourd'hui, bien au-delà de l'acte d'achat, le consommateur a des attentes tout autant qu'un rôle à jouer. Il entend participer activement à l'élaboration de ses produits alimentaires et du modèle agricole qu'il souhaite encourager. Les nouveaux outils ont révélé que ces attentes avaient un poids. La modification de 900 recettes par Intermarché pour améliorer ses scores sur l'application d'évaluation « Yuka » n'en est qu'un exemple. Les consommateurs plébiscitent les marques en qui ils ont confiance, les produits qui leur semblent « bons ». Aujourd'hui, ce que le consommateur considère comme « bon » va bien au-delà du goût et du prix. Rémunération des agriculteurs, impact du produit sur l'environnement, qualité nutritive et sanitaire, provenance, ou encore transparence des pratiques de l'entreprise orientent très largement les décisions des consommateurs.

Le succès des nouveaux outils,
preuve du nouveau rôle du consommateur...

Les perspectives sont infinies et pourtant bien réelles : donner vie à un projet de ferme agro-écologique à travers des plateformes de financement participatif spécialisées comme « MiiMOSA », aider à l'installation de jeunes agriculteurs en finançant l'achat de terres grâce à « Terres de lien », acheter des yaourts permettant de financer la formation et l'installation de jeunes agriculteurs laitiers en bio avec le collectif « Faire Bien », choisir une brique de lait qui rémunère mieux les éleveurs comme « Les Eleveurs vous disent merci » !... Autant de nouveaux outils à disposition des consommateurs et dont le plus grand nombre reste à inventer ! Le « conso'moteur » peut être présent dès l'amont à la conception et l'élaboration du produit.

... mais dans quelles perspectives ?

Cela soulève une question fondamentale :  ce que veut le consommateur est-il forcément le plus vertueux ? le plus souhaitable pour le modèle agricole et alimentaire de demain ? Le consommateur doit être informé, éclairé. Les nouveaux outils ont le mérite d'informer le consommateur qui est de plus en plus avide de connaissances sur ces sujets complexes pour construire une agriculture productive, rémunératrice, intégrée dans des agroécosystèmes diversifiés et résilients.

Ces enjeux de taille et la prise de conscience active des consommateurs incitent l'industrie agro-alimentaire et la grande distribution à s'engager à plus de transparence et de pédagogie sur ces sujets complexes. Même si les attentes des consommateurs ne sont pas toujours clairement formulées, il est aujourd'hui de la responsabilité de l'ensemble des acteurs du secteur agro-alimentaire d'éclairer les consommateurs sur la chaine de valeur des produits.

Les consommateurs sont les leviers indispensables, les moteurs pour réussir la transition agro-écologique. Mais cela doit se faire sous conditions. Celle d'une bonne connaissance de l'ensemble du contexte et des enjeux. Celle de la prise en compte des consommateurs par les acteurs du secteur, en particulier les industriels et la grande distribution.

Il est de bon ton de dire que la transition agro-écologique est l'affaire de tous. Pourtant les acteurs de l'agro-alimentaire sont encore trop peu nombreux à exploiter tout le potentiel d'une collaboration étroite avec les consommateurs pour construire l'alimentation et le modèle agricole de demain. Alors que c'est bien cette synergie qui est l'une des clés de la transition agro-écologique, pour aller aussi vite que les enjeux le demandent.

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Commentaires
a écrit le 23/09/2019 à 19:26 :
Avec un pouvoir d'achat en lambeaux vous leur en demandez beaucoup trop aux consommateurs dont la carte de crédit ne pourra jamais se permettre d'éviter les promotions de l'agro-industrie.

Par ailleurs nous autres avons été abondamment biberonnés à la société de consommation avec de la publicité partout dont le but n'est pas seulement de nous faire acheter le produit nommé mais également bien plus pernicieusement de nous inculquer le fait stupide que le bonheur serait dans la consommation.

C'est à l'école qu'il faut apprendre que consommer c'est polluer mais c'est remettre notre système oligarchique en question alors que celui-ci qui tient toutes les manettes du pouvoir, compliqué donc.

Je comprends qu'il soit indispensable de motiver les citoyens étant donné que la vénalité de notre classe dirigeante nous mène droit vers notre fin (faim aussi) mais si cela marche ce sera d'abord et avant tout un miracle, je trouve déjà que vu le nombre de citoyens qui font un effort cela marque profondément que la classe productrice est plus éclairée que la classe dirigeante !

Mais c'est très risqué la meilleur méthode serait de contraindre la classe dirigeante à enfin agir, ils sont trop possédés pour comprendre pourquoi ils ne le feront jamais d'eux-mêmes cherchant systématiquement à fuir leurs immenses responsabilités du seul fait de leur vénalité.
a écrit le 23/09/2019 à 18:27 :
un bon article d'une dame sortie d'une ecole de commerce, qui a un gros salaire, vit dans le 16eme, et a plein d'utopies
qui est pour la guerre et la maladie dans le monde? personne
qui est pour la richesse la paix et la sante? tout le monde
le monde est petri de bonnes intentions
le consommateur il veut plein de truc surtout si ca ne lui coute rien ' a titre personnel'
faut relire ses classiques du marketing, et pf drucker en particulier
les jeunes veulent du social, sauver la planete, avoir du sens au travail, et gagner 15.000 euros nets en faisant 35 heures
oui, bon si quelqu'un leur propose pourquoi pas, mais c'est rare
la crise des gilets jaunes elle vient d'ou?
ok on est d'accord..............

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