Entrepreneurs du numérique : notre responsabilité sociale

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Le numérique contribue à la dégradation de notre environnement. Mais il est possible de réduire cette empreinte, et surtout de faire en sorte que le numérique soit aussi une solution pour notre planète. Par Alexandre Glas, co-fondateur The Assets

Le numérique est non seulement le nouveau moteur de notre économie mais aussi un formidable moteur pérenne pour de nouveaux usages. Il permet d'adopter de nouvelles manières de travailler, de communiquer, de consommer ou encore de se divertir. Pourtant, il reste un domaine où son impact reste ambivalent : l'environnement. En effet, les nouvelles technologies sont à la fois la solution et le problème.

La face cachée du numérique

Dématérialisation des processus pour ne plus consommer de papier, utilisation de diverses applications ayant notamment pour objectif la protection de l'environnement, ... les nouvelles technologies sont si fortement intriquées dans notre quotidien qu'elles sont en quelque sorte transparentes et que nous ne percevons pas ou plus leur impact positif sur l'environnement. En tant qu'entrepreneur du numérique nous nous devons d'innover, d'inventer et de promouvoir de nouveaux usages tout en prenant en compte notre impact sur l'environnement. La position est difficile à tenir mais pour autant pas impossible.

L'impact du numérique n'est pas sans compter une face plus sombre. Comme le disait Mark Andreessen (le fondateur de Netscape et investisseur) en 2011 : « le logiciel dévore le monde ». Aujourd'hui sans conteste, le numérique représente le cœur des économies, quel que soit leur développement. Dans ce contexte, toujours plus de données sont stockées dans des data centers voraces en énergie malgré l'arrivée des infrastructures nouvelle génération ; les applications sont disponibles sur tablettes et autres smartphones dont la fabrication nécessite l'extraction de métaux rares et dont les cycles de vie très courts empêchent parfois une gestion raisonnée des déchets électroniques.

Les éco-gestes du numérique qu'il faut acquérir

Nous avons tous le réflexe de nous tourner vers Internet pour réserver un restaurant, acheter les objets les plus divers, ou encore s'informer ou pallier certains trous de mémoire. Pourtant, d'après une étude d'Orange sur les émissions de gaz à effet de serre associées aux échanges de mails, on évalue à 32,1 kWh l'énergie nécessaire pour stocker 1 Go d'emails pendant un an. "Si tous les Français supprimaient 50 vieux emails inutiles, c'est comme si on éteignait la Tour Eiffel pendant 42 ans... Ou comme si on privait Paris d'éclairage public pendant 1 an et demi."

Toutefois le numérique est aussi LA solution

Le propos ici n'est pas de vouloir renoncer au numérique et aux formidables champs prospectifs qu'il permet d'imaginer. Les nouvelles technologies apportent également des solutions pour répondre aux problèmes environnementaux. Il s'agit ici de poser les termes d'une équation pour s'acheminer vers un compromis acceptable. Aujourd'hui, conscients de l'enjeu, nous sommes peut-être influencés par un important storytelling nous faisant croire que les nouvelles technologies vont nous sauver. Elles font partie de la réponse mais il tient à nous de créer et d'utiliser au mieux de nouveaux outils pour changer nos modes de vie.

Et si le changement venait de l'entreprise ?

Si le développement durable est devenu incontournable pour les particuliers, il est aussi adaptable au monde de l'entreprise. Basé sur 3 piliers "PPP" (Personnes, Planète, Profit), les nouvelles technologies jouent pleinement leur rôle de soutien aux entreprises. Le monde économique est en train de vivre une profonde mutation : les tâches sont de plus en plus automatisées et le développement de solutions numériques modifient en profondeur la norme. En particulier, il est désormais possible de gérer efficacement son portefeuille de ressources et d'actifs d'entreprise, d'optimiser les besoins des entreprises en temps réel. Désormais une entreprise peut vendre en ligne les ressources dont elle ne se sert plus tout en investissant dans des technologies, des machines neuves ou d'occasion. Chaque entreprise peut ainsi rationaliser ses besoins.

Créons une économie circulaire et responsable à l'heure du numérique, du big data et des échanges mondiaux facilités. Si notre empreinte numérique ne pourra qu'être en forte croissance, nous pouvons trouver les solutions pour plus d'éco-conception. Prenons conscience et acceptons la dualité des nouvelles technologies en essayant d'en tirer le meilleur parti et en adoptant de bonnes pratiques.

Dans ce contexte, le citoyen qui est aussi un professionnel, doit se saisir du contexte de la Cop21 et montrer la voie du changement dans le monde de l'entreprenariat et du travail. Ce chemin ne doit pas être uniquement tracé par les responsables politiques ou associatifs. Concrètement, ne pas acheter forcément neuf, recycler, revendre, louer, optimiser la gestion des actifs et ressources sous ou non utilisés. Ces nouveaux usages doivent devenir un réflexe et une bonne pratique, voire même une règle de bonne gestion.

S'il est entendu que la maison brûle, l'entreprise et le professionnel doivent eux aussi aider aux changements. Les entreprises possèdent un atout de taille : elles conçoivent et adoptent les solutions majeures.

Alexandre Glas, Co-fondateur de The Assets



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Commentaires
a écrit le 09/12/2015 à 17:30 :
Je propose à tous ces grands penseurs du futur mais piètres visionnaires de changer leurs logiciels et au lieu de tout considérer à partir de la technologie de remettre les êtres humains que nous sommes au centre de leur questionnement en s'abstenant de nous réduire à des algorithmes !

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