Le bitcoin est-il la monnaie de l’internet ou l’internet des monnaies ?

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(Crédits : Benoit Tessier)
Le Bitcoin a connu de nombreux rebondissements en novembre. Entre un Hard Fork et un cours toujours plus volatile, la FSMA, l'autorité belge des marchés a mis en garde sur les risques liés aux cryptomonnaies en dénonçant leur manque de régulation et leurs failles. Par Perrine Mairre, Consultante mc2i Groupe

« Les personnes investissant par le biais des Initial Coin Offerings (levées de fond en cryptomonnaies) ne doivent pas perdre de vue les risques liés à ce type d'offres», ont mis en garde la FSMA et l'Autorité européenne de supervision des marchés financiers (Esma) le 13 novembre dernier. Cette année, les startups ont levé plus de 3 milliards de dollars de financement dans le monde, grâce à la vente de jetons numériques.

En bourse, le bitcoin n'a cessé de faire les loopings ce mois-ci, tutoyant les 7.900 dollars le 8 novembre avant de perdre un tiers de sa valeur en quatre jours, puis de regagner 1.000 dollars le 13 novembre. Une instabilité qui a de quoi faire peur aux investisseurs, et qui pose le doute sur la valeur intrinsèque du bitcoin.

"Le bitcoin est une monnaie indépendante des États et des banques, mais qui sert bel et bien comme système de paiement", explique Jacques Favier, auteur de «bitcoin, la monnaie Acéphale».

La technologie décentralisée blockchain, dont dépendent les ICO (initial coin offering), ne relèvent pas du champ d'application des lois et des régulations européennes, ce qui peut entraîner des fraudes. Cela peut également faire de certains pays, comme le Japon, de nouveaux paradis fiscaux. En effet, le gouvernement japonais met en place de nombreuses initiatives pour encourager l'adoption du bitcoin, ce qui attire notamment une clientèle chinoise stratégique. La prépondérance des décisions politiques et réglementaires risque cependant d'intervertir dans l'avenir du Bitcoin en transformant sa nature même, puisque sa valeur repose avant tout sur l'anonymat des transactions. Le danger pour le Bitcoin est de voir son prix chuter s'il perd cet avantage.

Le paradoxe bitcoin

Avec le succès grandissant du bitcoin, les blocs deviennent de plus en plus nombreux, entraînant de nouveaux problèmes techniques. En effet, le temps de vérification d'une transaction est passé de quelques minutes à plusieurs heures, faisant exploser le coût du minage. C'est tout le fonctionnement de la Blockchain qui est ainsi impacté. Le paradoxe bitcoin est là : plus il y a d'utilisateurs, plus la blockchain fonctionnera au ralentit.

En réponse à cette faille, le bitcoin a connu sa première scission début novembre, appelée Hard Fork. Cet Hard Fork a fait naître le Bitcoin Cash, une blockchain dérivée, constituée de blocs plus grands. Ce bouleversement est révélateur aussi bien des faiblesses de la cryptomonnaie que des tensions au sein de la communauté Bitcoin. Le manque de gouvernance risque de peser sur l'avenir de la cryptomonnaie et sur les décisions techniques à apporter pour améliorer la croissance de la blockchain.

Face à cet engouement croissant, assiste-t-on
à une remise en cause du système bancaire ?

Une étude du Cambridge Center for Alternative Finance estime qu'il existe plus de 3 millions de personnes détentrices de comptes de cryptomonnaies. Un engouement qui s'est construit autour des avantages fondamentaux de cette technologie : la sécurité et la fiabilité de la monnaie, son indépendance ainsi que l'anonymat. Utilisé à ses débuts uniquement sur internet, le bitcoin se démocratise de plus en plus et est également accessible chez certains commerçants. Par ailleurs, les cryptomonnaies sont de plus en plus utilisées par des entreprises qui cherchent des financements comme alternative à la Bourse.

Lors de son récent discours au FMI, Christine Lagarde a défendu les nombreuses perspectives que pourraient offrir le bitcoin, notamment pour les pays en voie de développement. Dans le contexte actuel de développement d'une nouvelle économie de service, le bitcoin permet par ailleurs de nouveaux services bancaires pour les transactions de pairs à pairs. Pour la directrice du FMI, les cryptomonnaies pourraient avoir autant d'avenir qu'Internet lui-même :

« Elles pourraient destituer les banques centrales, les banques conventionnelles et mettre en question le monopole des monnaies nationales ».

Il ne faut ainsi pas perdre de vue que les cryptomonnaies sont encore jeunes et en pleine construction. Le cours du bitcoin va se stabiliser au fur et à mesure de son adoption. Le développement de la technologie Blockchain offrira de nouvelles opportunités pour les citoyens, mais aussi pour les banques qui pourraient elles aussi créer leur propre monnaie virtuelle.

Bitcoin est-il la monnaie de l'internet ou l'internet des monnaies ?

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Sources :

  • https://www.fsma.be/nl/news/pas-op-met-initial-coin-offerings-icos
  • https://www.lecho.be/les-marches/actu-general/Quand-faut-il-se-mefier-des-cryptomonnaies/9952485?ckc=1&ts=1510738012
  • https://www.contrepoints.org/2017/10/14/300913-christine-lagarde-lavenir-monetaire-bitcoin
  • Jacques Favier, Adli Takkal bataille « Bitcoin, la monnaie acéphale »

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Commentaires
a écrit le 30/01/2018 à 22:14 :
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