Parole de patron : zéro euro de chiffre d'affaires du jour au lendemain...

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LETTRE DU CONFINEMENT. La Tribune donne la parole à ses lecteurs. Dirigeant.e.s, salarié.es, créateurs, indépendants : prenez la parole pendant cette crise sanitaire et économique provoquée par le Covid-19. Envoyez-nous vos textes* à latribunelibre@latribune.fr, nous publierons chaque jour une sélection des meilleurs témoignages. Premier partage du confinement, celui de Thierry Boukhari, Directeur Délégué chez GIFI.

La crise sanitaire du covid19 impose la fermeture de tous les commerces non essentiels mettant de fait des milliers de personnes en chômage technique. Cette décision légitime en soi impose à chaque employeur concerné un élan de solidarité avec chacun de ses salariés, car à la peur du virus s'ajoutent les inquiétudes du mot chômage qui mine notre nation depuis des décennies.

Du jour au lendemain, la raison d'être sociale de chacun que représente son métier s'effondre : magasins fermés, entrepôts à l'arrêt, siège en télétravail pour la plupart des salariés... Le monde s'arrête pour survivre.

En l'espèce, il ne s'agit pas de gérer un plan d'actions ou un business plan mais bien de tout mettre en œuvre pour protéger la santé de celles et ceux qui font l'entreprise. Les priorités changent de paradigme.

Quelle relation avec vos salariés ?

Même si la France soutient ses entreprises et les salariés, il en revient à chacune d'entre elles de soutenir ses équipes en préservant le lien entre tous. Une fois les mesures dictées par le gouvernement mises en œuvre, il est important d'être profondément humain dans la gestion de ce temps confiné :

Garder le contact en permettant à chacun de donner des nouvelles, les technologies le permettent aisément. Le confinement ne signifie pas que l'employeur se coupe de ses salariés.

Permettre à chacun s'il le souhaite de « remplir » utilement ce temps suspendu par des réflexions prospectives, des lectures conseillées, des formations en ligne...

Solliciter les équipes sur les idées à mettre en œuvre pour accélérer la reprise, une fois la pandémie terminée. On sous-estime toujours la créativité des équipes. Les bonus annuels vont être impactés par cette double crise économique et sanitaire ; ce n'est pas la peine d'attendre la fin de l'année pour aborder le sujet ; le plus tôt c'est le mieux en termes de confiance, la motivation de la reprise en dépend en partie.

En clair, au moment où la plupart des entreprises se fragmentent sous l'impulsion du confinement, il est essentiel de rester proche de chacun. Ce n'est pas qu'une affaire RH, c'est avant tout le reflet de l'intérêt que nous portons réellement à chacun de nos collaborateurs. C'est maintenant que la belle formule tant entendue « notre première richesse, ce sont les hommes » doit prendre tout son sens au profit de tous les humains qui portent le même maillot.

Pendant les semaines à venir, la vraie richesse ne se mesurera pas en chiffres mais bien en humanité

Si nous sommes tous acteurs de la lutte contre le virus pour permettre aux Soignants de lui mener une guerre impitoyable, chaque entreprise doit tout mettre en œuvre pour permettre à ses salariés de vivre le plus sereinement possible cette période.
Le temps du confinement peut être un temps utile à tous ; en se retrouvant, en réfléchissant, en pensant à l'avenir, en s'occupant des siens, en (re)vivant pleinement ensemble... Inévitablement ce temps renvoie au sens de chacun et au sens de l'entreprise. Faisons, à défaut de chiffre d'affaires, le plein d'idées pour l'avenir. Des idées de génie, forcement.

* D'une longueur de 4500 signes maximum en Word, à l'adresse latribunelibre@latribune.fr.

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Commentaires
a écrit le 24/03/2020 à 17:41 :
Ouais, ben les idées ça ne remplace pas le chiffre d'affaires et ça donne pas à "bouffer" à la fin du mois. Le confinement heureux ! Une couillonade de plus.

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