PODCAST Y a-t-il un banquier pour sauver la livre sterling ?

HISTOIRES ECONOMIQUES. Rishi Sunak, c'est le nom du nouveau Premier ministre britannique qui a succédé mardi à Liz Truss après plusieurs semaines de crise politique. C'est l'homme de la situation ? Écoutez chaque mardi 6h48 la chronique "Histoires Economiques" de Philippe Mabille dans le 5/7 de France Inter.
Philippe Mabille
(Crédits : DADO RUVIC)


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Rishi Sunak, c'est le nom du nouveau Premier ministre britannique qui va succéder ce mardi à Liz Truss après plusieurs semaines de crise politique. C'est l'homme de la situation ?

Il faut espérer que c'est l'homme de la sitation, car le Royaume-Unis traverse surtout une grave crise financière. En 45 jours, l'ancienne Première ministre Liz Truss a multiplié les erreurs, promettant des baisses d'impôts pour les plus riches tout en laissant filer le déficit. Le résultat ne s'est pas fait attendre : le Royaume-Uni a perdu la confiance des investisseurs, ce qui s'est accompagné d'un plongeon dramatique de la livre sterling, au plus bas de son histoire. Même la banque d'Angleterre avait cessé de soutenir sa monnaie !

L'arrivée au 10  Downing Street de l'ancien ministre des finances Rishi Sunak, le premier chef du gouvernement d'origine indienne, ancien banquier, tombe donc à pic pour rassurer les marchés. Et rétablir au passage l'unité du parti Tory, mal en point. Deux ans avant les prochaines législatives, il a prévenu hier : ce sera l'unité ou la mort.

Depuis sa désignation, hier, il est important de remarquer que la livre Sterling s'est stabilisée

Mais le feu couve encore et le nouveau Premier ministre va devoir appliquer un plan d'économies budgétaires drastiques qui va faire très mal alors que la hausse des prix de l'énergie menace des pans entiers de l'économie. Ménages et entreprises souffrent et les grèves se multiplient à une bien plus importante échelle qu'en France.

Avant lui, Liz Truss n'a tenu que 45 jours au pouvoir. Quelle leçon en tirez-vous ?

Que les marchés sont de bonnes cordes de rappel pour empêcher les populistes de mener des politiques aventureuses. Le Royaume-Uni a renoncé à baisser les impôts des plus riches sous la pression des investisseurs. Et c'est l'action de la Banque d'Angleterre qui a mis fin à la dérive budgétaire et fiscale du gouvernement conservateur.

De même, on peut observer en Italie un soudain virage pro-européen de Giorgia Meloni. La nouvelle chef du gouvernement issue de l'extrême-droite a eu une conversation avec Ursula Van der Leyen, la présidente de la commission européenne et a rencontré Emmanuel Macron qu'elle avait pourtant vivement critiqué. Résultat, elle s'engage à faire preuve de responsabilité fiscale dans sa promesse de baisser massivement les charges des PME. Et elle a nommé un gouvernement pro-Bruxelles. La nouvelle présidente du Conseil, qui prononce aujourd'hui son discours de politique générale, dit vouloir s'inspirer en économie de son prédécesseur, Mario Draghi, ancien président de la Banque Centrale Européenne. Bref, elle a pris conscience du mur de la dette italienne et du fait que sans les rachats de dette par la BCE, elle connaîtrait vite le même sort que Liz Truss.


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Philippe Mabille

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