POLITISCOPE. Pour Macron, la guerre des municipales serait d'abord réussie si LREM réussissait à récupérer le maximum de grands électeurs en vue des sénatoriales. Par Marc Endeweld, journaliste (*).Maintenant, il faut finir le boulot.. Pour tuer les partis traditionnels une bonne fois pour toutes, pour ne pas être uniquement présenté comme un simple accident de l'histoire -ou pire, une parenthèse- Emmanuel Macron se doit de les pulvériser une seconde fois... mais, cette fois-ci, localement.
Quelle gageure pour l'ex-ministre de l'Économie qui osait, dès 2015, affirmer à ses collègues que passer par les élections dites « intermédiaires » pour accéder à la première marche était un « cursus d'un ancien temps ». Cette conviction, l'ambitieux réussira à l'incarner deux ans plus tard. Disposant désormais du pouvoir suprême de la Ve République, le jeune président aime croire, et faire croire, que par la seule volonté tout est possible, qu'il suffit de faire tabula rasa. C'est le fantasme originel des « marcheurs », l'idée qu'un « nouveau monde » est possible, qu'il suffit d'appuyer sur la touche reboot.
Les Français ne l'entendent pourtant pas de cette oreille. Avec la présidentielle, ils considèrent que les municipales sont les élections reines, que la démocratie locale signifie, encore, quelque chose. De leur côté, les partis traditionnels, notamment le PS et LR, ne sont pas prêts à rendre les armes. «
Pour ces partis, ce sont des élections vitales. Le PS s'est toujours reconstruit à partir des villes. La social-démocratie à la française, c'est le socialisme municipal
», nous confie un dirigeant socialiste. Jouissant d'un ancrage historique, les élus de ces partis sont encore bien implantés. Mieux, beaucoup n'ont pas rougir de leur bilan.
Étrange période donc où celui qui s'est fait sur son seul nom doit s'implanter aux quatre coins de France. Se faire transplanter même, tant LREM est apparu, parfois, hors sol. Au sein du parti présidentiel, les troupes semblent attendre d'y voir plus clair. Comme un parfum de drôle de guerre : à défaut d'une stratégie d'ensemble, les situations se règlent au cas par cas. Dans chaque ville, cela négocie sec avec les forces compatibles. Pour ne rien arranger, le bal des prétendants est loin d'être terminé, comme on peut le voir avec le choc Griveaux-Villani à Paris. Mais Macron semble s'en désintéresser car il voit au-delà.