• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat
Logo La Tribune
  • Économie
  • Finance
  • Tech & IA
  • Énergie & industrie
  • Transports
  • Défense & aérospatiale
  • Climat

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune

RECHERCHER

Loupe

LTD
La Tribune Dimanche
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre
Air&Cosmos icon
Air&Cosmos
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la une
  • Finances publiques
  • Fiscalité
  • Immobilier
  • Consommation
  • Distribution
  • Politique internationale
  • Finances personnelles
  • Banque & assurances
  • Marchés financiers
  • Intelligence artificielle
  • High tech
  • Télécoms
  • Start-up
  • Énergie
  • Politique industrielle
  • Chimie & pharmacie
  • Automobile
  • Mobilités
  • Aéronautique
  • Défense
  • Spatial
  • Environnement
  • Agriculture & agroalimentaire
Idées & débats
Kiosque numériqueNewsletters
La Tribune DimancheLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
  • La Tribune Now
  • Votre argent avec Finance Héros
  • Construire les mobilités de demain
  • Fonction Finance 2.0 avec Cegid
  • Transformations durables avec Forvis Mazars
  • Accélérer avec le Cloud par AWS
  • Fisher Investments
  • Au coeur du business
  • VisionAir avec Bpifrance
  • Adaptabilité permanente : Le pouvoir d’agir avec IBM Consulting
  • Succès d'entreprises avec Deloitte
  • L'Œil sur vos Finances
  • Les Rencontres de Roissy Meaux Aéropôle
  • France Travail accompagne le Salon des Maires
  • La CCI Paris Ile-de-France, le réflexe des entrepreneurs
  • #La Tribune Business Interviews
  • #La Tribune Business Dossiers
  • #La Tribune Business TV
  • Instant Sélection
Événements
OpinionsTribunes

Quelle France d'après ?

William Emmanuel

Publié le 09 mai 2020 à 11:38 - Mis à jour le 09 mai 2020 à 16:29

Palais de l'Elysée.

Palais de l'Elysée.

Reuters

L'essentiel de l'actualité

jeudi 4 juin

  • Legrand va supprimer 178 postes en France d'ici 2028
  • Entretien automobile : 40 % des contrôles de la Répression des fraudes ont révélé des « manquements » en 2024
  • Le ministre français de l'Economie critique les nouveaux droits de douane de Trump
  • SpaceX vise une valorisation totale de 1 765 milliards de dollars pour son entrée en Bourse
  • Programmation militaire : Lecornu appelle le Parlement à « trouver une solution » pour voter la loi
Voir plus

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    « Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café

  • 2

    Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France

  • 3

    JO 2030 : « Nice fera ce qu’elle souhaite du projet de village olympique, mais la Solideo le stoppe »

  • 4

    « Certaines personnes en ont peur, mais moi, j’ai confiance » : Au Kazakhstan, l'État du tout-IA où les citoyens payent avec les lignes de leur main

  • 5

    Alice Taglioni, actrice et pianiste : « J’aurais adoré faire partie d’une bande de copines, mais on me renvoyait sans cesse à ma singularité »

  • 6

    Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

YouTube
LinkedIn
Facebook
Instagram
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
OPINION. La crise sanitaire du Covid-19 a révélé au grand jour nombre de dysfonctionnements de l’État français. Ce qui pose la question de l'efficacité de la dépense publique qui n'a jamais été véritablement traitée en France. Il est peut-être temps de s'y mettre, sans oublier d'impliquer les Français. Par William Emmanuel, consultant financier.

« Le jour d'après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d'avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences. » En s'exprimant ainsi, le 16 mars, sur la pandémie de coronavirus, le président de la République semble considérer comme acquis que la vie économique du pays, et aussi de l'Europe voire du monde occidental, serait profondément transformée à l'issue d'une crise sanitaire d'une ampleur inégalée depuis longtemps. Mais est-ce si sûr ?

Quelle serait cette France d'après ? Elle restera tributaire de ce qui se passera ailleurs, sachant que se pose la question de l'avenir de la mondialisation. On s'est longtemps demandé si le battement d'ailes d'un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas, selon l'expression fameuse du mathématicien et météorologue Edward Lorenz. On sait aujourd'hui qu'un virus qui entraîne la fermeture d'usines en Chine peut gripper presque toutes les chaînes d'approvisionnement de la planète.

Une augmentation considérable de la richesse mondiale

De quoi remettre en question une mondialisation déjà fortement critiquée depuis quelques années. La mondialisation, favorisée par l'abaissement des barrières douanières et par les nouvelles technologies, a permis, en une génération, une augmentation considérable de la richesse mondiale, le produit intérieur brut (PIB) passant de 22.656 milliards de dollars en 1990 à 33.588 milliards en 2000 puis à 66.051 milliards en 2010 et à 85.910 milliards en 2018, selon les données (en dollars courants) de la Banque mondiale.

Mais ce mouvement n'a pas fait que des heureux. Les oubliés de cette prospérité nouvelle ont fini par se réveiller et ont porté au pouvoir des populistes nationalistes dans de nombreux pays, y compris aux Etats-Unis, pourtant à l'origine de la révolution libérale dans les années 1980.

Durant sa campagne présidentielle et depuis son accession à la Maison Blanche, en janvier 2017, Donald Trump a multiplié les appels en faveur de la relocalisation d'activités industrielles sur le territoire national. Avec un succès limité. Comme aucun pays ne peut vivre en autarcie, on va assister au renforcement des blocs régionaux déjà constitués ou en formation : l'USMCA réunissant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique en Amérique ; la « Grande Chine » en Asie.

Newsletter

Ma Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Illustration de la newsletter Ma Tribune

Quid de l'Union européenne ? Va-t-elle rester une simple zone de libre échange ou va-t-elle se doter enfin d'une politique industrielle pour protéger ses entreprises et ses emplois ? Sans réclamer une relocalisation des activités, ne peut-on pas soutenir la création de filières industrielles européennes afin de ne pas dépendre de l'extérieur ? La Commission européenne a eu jusqu'à présent une vision idéologique en matière de consolidation - en prenant en compte le seul marché européen sans voir la concurrence mondiale, par exemple dans le ferroviaire - et a refusé toute préférence communautaire alors que le « patriotisme » industriel est monnaie courante aux Etats-Unis et en Chine, qui ne l'évoquent pas en public.

La solidarité européenne est souvent absente

Sans une nouvelle vision, sans « Europe d'après », il n'y aura pas de « France d'après. » Or, force est de constater que pour le moment, la question de l'avenir de la construction européenne n'est abordée que sous l'angle budgétaire. La solidarité est souvent absente. L'Europe n'est pas venue en aide à l'Italie pour faire face à l'afflux de migrants hier, elle ne l'aide qu'avec parcimonie pour combattre la pandémie de coronavirus aujourd'hui.

A quoi sert donc l'Europe ? La France a abdiqué tout rôle moteur depuis longtemps. Actuellement, elle milite surtout pour l'émission de « coronabonds », c'est-à-dire la mutualisation de la dette publique au niveau de la zone euro. « Il peut s'agir d'une capacité d'endettement commune, quel que soit son nom, ou bien d'une augmentation du budget de l'UE pour permettre un vrai soutien aux pays les plus touchés par cette crise », a expliqué Emmanuel Macron dans un entretien publié par les quotidiens italiens Corriere de la Serra, La Stampa et La Repubblica (27/03).

Comme il fallait s'y attendre, l'Allemagne a opposé une fin de non-recevoir à cette proposition. Certains ne manqueront pas de critiquer « l'égoïsme » des Allemands, qui ne veulent pas épauler les Européens du Sud considérés comme des dépensiers incorrigibles. L'attitude allemande a quoi interroger alors que l'Italie, l'Espagne, le Portugal et la Grèce ont fait des efforts pour se réformer depuis « la crise de l'euro » qui s'est propagée entre 2010 jusqu'à l'été 2012. Un exemple, le Portugal a dégagé un excédent budgétaire de 0,2% de son PIB en 2019. L'Italie et l'Espagne accusaient un déficit inférieur à 3%. Ces pays souffrent encore d'un endettement massif, qui leur enlève toute marge de manœuvre pour investir dans l'avenir. C'est ce qui explique qu'ils aient été épinglés, en novembre 2019, pour « non-conformité avec les règles européennes » par la Commission de Bruxelles.

La France était aussi ciblée. Et c'est peut-être plus inquiétant même si le coût d'endettement du pays a continué de baisser ces dernières années grâce à l'indulgence des marchés financiers, convaincus que l'Allemagne ne laissera jamais tomber la France. Mais cela pourrait changer. Depuis quatre décennies, les gouvernements passent et les finances publiques ne cessent de se dégrader. En 2019, selon l'Insee, le déficit public a atteint 3% du PIB, en hausse de 0,7 point par rapport à 2018 ! Les dépenses publiques ont augmenté globalement de 2,6% (+3,1% si on exclut la charge d'intérêts de la dette, en recul du fait de la baisse des taux) contre 1,3% l'année précédente. La dette publique se rapproche de la barre des 100% du PIB (98,1%) à 2.380,1 milliards d'euros !

En 1980, le déficit public était inexistant en France

Pour rappel, en 1980, le déficit public était inexistant et la dette représentant un peu plus de 20% du PIB. La dégradation continue depuis lors ne peut que rendre méfiants les gouvernements européens plus soucieux de la gestion des deniers publics. D'autant que cette évolution s'est accompagnée d'une dégradation de la compétitivité de l'économie française, comme en témoignent les déficits commerciaux (-58,9 milliards en 2019).

Les premières mesures décidées pour combattre les effets de la crise sanitaire (45 milliards) devaient porter le déficit public au-delà de 3,9% du PIB en 2020 alors que le gouvernement visait initialement 2,2%. Mi-avril, Bercy a actualisé ses prévisions en tablant sur une contraction de l'activité de 8%, sur un déficit public de 9% et sur une dette à 115% du PIB ! Précisons que cette dette ne tient pas compte des engagements hors bilan, en particulier les retraites des fonctionnaires. Le taux réel devrait être supérieur à 300% ! Une nouvelle aggravation ne peut pas être exclue.

Pour retrouver une certaine crédibilité auprès de ses partenaires, en particulier de l'Allemagne, la France doit montrer qu'elle est capable de maîtriser enfin ses dépenses publiques. Au cours des vingt dernières années, on ne compte plus les rappels à l'ordre des autorités européennes et les mises en garde de la Cour des Comptes.

Élu sur une promesse d'expertise

Emmanuel Macron a été élu sur une promesse d'expertise et, en annonçant sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, il avait insisté sur « les grandes transformations à l'œuvre ». Or, une fois au pouvoir, il a utilisé les mêmes méthodes que ses prédécesseurs. Les réformes ont été uniquement budgétaires. Aucune restructuration d'ampleur pour s'adapter au numérique, au changement climatique, etc. Quand il s'est retrouvé confronté à la colère d'une partie de la population, il a sorti le chéquier comme on l'a vu après le mouvement des « Gilets Jaunes. » Face à la colère des soignants confrontés à la pandémie du coronavirus, il vient de promettre un « plan massif d'investissement et de revalorisation » pour l'hôpital sans fournir de chiffres.

Où est la stratégie globale pour adapter le pays ? Les Français ont découvert avec effarement qu'ils dépendaient de la Chine pour des masques ou du matériel médical par exemple. Pis, ils ont constaté que le pays ne pouvait pas lancer une production de masse de masques (alors que le Portugal ou le Maroc, qui sont bien moins riches, peuvent en distribuer à leurs populations).

Depuis de nombreuses années, on déplore l'inefficacité de l'État, gourmand, intrusif. Cette crise confirme confirme que l'État est désormais le problème en France. Il faut donc le moderniser voire le démanteler.

Protéger, soigner, éduquer

Un État a trois missions essentielles : protéger sa population, la soigner et l'éduquer. L'État français a accru au fil des décennies son pouvoir, réclamant chaque année davantage de moyens. Or, dépenser massivement ne garantit pas de bons résultats. La France a le plus fort taux de prélèvements obligatoires des pays de l'OCDE (46,1% contre une moyenne de 34,3%) mais ses citoyens se plaignent d'une dégradation continue des services publics, que cela concerne la santé, la sécurité ou l'éducation.

La question de l'efficacité de la dépense publique n'a jamais été traitée en France. Il est peut-être temps de s'y mettre. Le pays ne peut pas se permettre de reporter à l'infini des décisions qui auraient dû être prises depuis longtemps. Il ne s'agit pas seulement de vendre des actifs non stratégiques et de réaliser des économies. Il s'agit de revoir de fond en comble le fonctionnement de L'État. L'administration a pris trop d'importance et elle n'agit plus aujourd'hui que dans le seul but d'assurer sa survie, comme la bureaucratie soviétique avant l'effondrement de l'URSS.

C'est en définissant mieux les missions de l'État que l'on pourra générer des économies et sortir de la logique purement budgétaire de Bercy.

Bien sûr, tout projet d'économie se heurtera à des oppositions. Les Français sont toujours favorables à une meilleure gestion des finances publiques tant que cela ne les affecte pas. Il y a un travail de conviction à mener en ayant un message très clair : quelle meilleure organisation de l'État pour permettre aux citoyens de mieux se soigner, de mieux apprendre et d'être protégés ?

La nécessité d'impliquer la population

La transformation radicale de l'État passe par l'implication de la population. Cela suppose que les dirigeants politiques cessent de prendre les Français pour des idiots. Leur dire que le masque n'est pas nécessaire pour lutter contre le coronavirus ou qu'il n'est pas nécessaire de tester tout le monde alors que ces solutions ont été choisies avec succès par d'autres pays crée une défiance. En France, la Constitution de la Ve République incite tout président de la République à s'inscrire dans une verticalité extrême qui n'est pas sans rappeler la monarchie absolue. Cette approche « jupitérienne » chère à Emmanuel Macron empêche tout débat puisque le chef de l'État, fort de la légitimité que lui confère l'élection au suffrage universel direct, se croit autorisé à intervenir sur tous les sujets, y compris les plus futiles. Ce faisant, il soumet le Parlement et contourne les corps intermédiaires, qui sont considérés comme autant de gêneurs. Les Français ont longtemps apprécié ce fonctionnement car ils rêvent toujours d'homme providentiel et ont été habitués à se tourner vers l'État pour tout et n'importe quoi.

La crise du coronavirus, qui expose spectaculairement la faillite de l'administration, oblige à revoir le fonctionnement de l'État. Oui, l'État français est en faillite virtuelle et en refusant toute réforme on transmet au générations futures une charge qui les empêchera de vivre correctement et d'envisager leur propre avenir avec sérénité. Il est donc temps d'exposer clairement les enjeux : la France ne peut plus vivre au-dessus de ses moyens et elle doit mieux définir ses priorités économiques et industrielles.

Définir les priorités ne peut se faire dans un bureau à l'Élysée ou à Bercy. Les outils numériques permettent d'associer les citoyens à cette réflexion. On peut mettre en place une plateforme pour recueillir les avis des Français sur les dépenses à réduire ou à annuler ou sur la réorganisation de certains services administratifs. Les dirigeants politiques français, qui sont majoritairement des hauts fonctionnaires, ignorent ce que vivent les Français, en particulier les chefs d'entreprise, qui sont pourtant ceux qui créent les richesses nécessaires au financement du train de vie de l'État.

Définir les priorités industrielles

Au-delà de l'adaptation de l'appareil étatique, il est urgent de définir les priorités industrielles. La France a laissé filer nombre de ses fleurons - par désintérêt et par une politique fiscale hasardeuse - et a adopté un modèle de croissance reposant essentiellement sur la consommation (55% du PIB) qui montre ses limites à l'occasion de cette crise. Car les Français constatent que les Allemands, qui ont tout fait pour conserver leur industrie, s'en sortent mieux grâce à son maillage d'entreprises et aussi à son organisation fédérale. Il est illusoire de vouloir faire revenir des industries sur le territoire national mais il n'est pas trop tard pour investir dans les filières d'avenir (énergie, aéronautique et espace, technologies de l'information et de la communication, recherche médicale, etc.) en s'associant aux partenaires européens. Il faut aussi protéger des industries. Les Etats-Unis ont envisagé de racheter des équipementiers télécoms pour combler leur retard sur la 5G et ont tenté de prendre le contrôle d'une start-up allemande travaillant sur un vaccin contre le coronavirus. De telles initiatives risquent de se multiplier dans les prochains mois d'autant que les valorisations boursières ont chuté.

Parallèlement, il est urgent d'abandonner toute naïveté dans les relations commerciales. Nous vivons une guerre économique. Si elle ne veut pas devenir un simple terrain de jeu pour les superpuissances américaine et chinoise, l'Europe doit se réveiller. Elle peut instaurer une taxe carbone à ses frontières et doit exiger une réciprocité dans les échanges. Les Chinois par exemple limitent drastiquement le nombre de secteurs dans lesquels les entreprises étrangères peuvent être majoritaires. Pourquoi ne pas suivre leur exemple ? On ne peut pas être libre-échangiste pour deux.

Comme on le voit, la France d'après suppose un certain nombre de décisions courageuses. Les citoyens ne demandent qu'être convaincus pour s'engager. Mais la classe politique est-elle prête ?

William Emmanuel

Sur le même sujet

  • 1

    OPINION. « Les constructeurs automobiles chinois innovent-ils dans l’automobile ? »

  • 2

    OPINION. « Iran : le véritable adversaire de Trump est-il désormais Netanyahou ? »

  • 3

    OPINION. « La souveraineté énergétique française n’est pas négociable »

  • 4

    OPINION. « France-Inde, ou la souveraineté à deux »