Renforcer et faire rayonner le mécénat a la française

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Taux de pauvreté en augmentation, difficultés croissantes à financer des projets éducatifs ou culturels, fracturation de la société : dans le monde en crise que nous traversons, le mécénat - engagement libre et durable au service de l'intérêt général - est plus que jamais nécessaire. Par François Debiesse, président exécutif d'Admical.

Sous l'impulsion de plusieurs acteurs historiques, comme la Fondation de France ou Admical, le mécénat est devenu un levier incontournable de la générosité de notre pays : 3,5 milliardsd'euros dédiés au financement d'actions d'intérêt général par les entreprises, 73% de chefs d'entreprise engagés à titre personnel, 14% d'entreprise mécènes ! Des indicateurs d'autant plus encourageants qu'ils sont en hausse ces dernières années. Au-delà des chiffres, nous sommes convaincus que le mécénat permet aux entreprises et aux entrepreneurs de progresser vers une économie à visage humain.

Dialogue constructif

Ce don au service de l'intérêt général permet d'instaurer un dialogue constructif entre des acteurs aux finalités éloignées, propose une vision élargie du rôle de l'entreprise dans la société et, par la souplesse de ses modalités, favorise les initiatives, l'expérimentation et l'innovation au service du bien commun, au plus près des besoins des citoyens. Mieux encore : cet échange peut s'enrichir au service d'un territoire ou d'une cause et, ainsi, créer des dynamiques collectives réunissant mécènes, acteurs publics et associations.

Terrain favorable

Il faut dire que le mécénat trouve en France un terrain d'expression favorable. La fondation des Hospices de Beaune, dès le XVe siècle, rappelle que notre pays a été un acteur historique majeur du développement de la philanthropie. Pour autant, cette longue tradition humaniste  n'empêche pas le secteur du mécénat français d'être continuellement en chantier pour s'adapter aux enjeux du monde. Et, si le dispositif fiscal incitatif lancé en 2003 par la loi Aillagon est devenu indispensable à la mise en œuvre de projets d'intérêt général et contribue au rayonnement de la France à l'étranger, il faut aller plus loin.

Cadre fiscal préservé

Mettre en œuvre une politique interministérielle et coordonnée sur le mécénat, ou encore préserver le cadre fiscal, pourra sécuriser la pratique des mécènes. Du côté des plus petites entreprises, beaucoup de mesures concrètes simples sont primordiales pour que celles-ci s'associent plus facilement aux actions d'intérêt général : encourager toutes les formes d'implication des salariés, notamment le mécénat de compétences ; rehausser le plafond des dons donnant droit à réduction d'impôts ; soutenir le développement des fondations territoriales, etc. Enfin, le secteur de l'économie sociale et solidaire, acteur à fort impact sociétal, gagnerait à bénéficier du financement de mécènes : cette mesure doit être un objectif prioritaire du nouveau Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire.

Intérêt général et partagé

Alors que le paysage politique s'est recomposé avec l'entrée en force de la société civile à l'Assemblée nationale, nous espérons que les projets d'intérêt général seront soutenus par une partie toujours plus importante de citoyens et d'acteurs économiques de notre pays. La France peut être fière du modèle de mécénat qu'elle a façonné, instauré par des philanthropes et des entreprises ouvertes à leur environnement et conscientes de leur responsabilité sociétale. Pour renforcer ce modèle et le faire rayonner à travers le monde, les pouvoirs publics, ainsi que l'ensemble des acteurs de la société civile investis sur les questions de générosité, doivent se mobiliser : l'intérêt général est un intérêt partagé dont chacun doit être acteur.

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François Debiesse, président exécutif d'Admical

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Commentaires
a écrit le 04/07/2017 à 10:24 :
"Taux de pauvreté en augmentation, difficultés croissantes à financer des projets éducatifs ou culturels, fracturation de la société "

Tout ceci est justement du à la privatisation des services publics et aux politiques d'austérité liée à la dette des politiciens vis à vis des financiers, politiciens qui nous ont engagé nous dans l'histoire plutôt qu'eux mêmes, de là à dire que tout ceci n'est qu'un immense conflit d'intérêt il y a qu'un pas que je franchi allègrement.

Donc le mécénat qui n'est que la résultant de l’abandon du service au public par l'état est loin de compenser le phénomène et ne le compensera jamais. Par ailleurs on peut soupçonner que les donateurs vont d’abord donner à des idées qu'il leur ressemble, ce qui se fait la plupart du temps, étant incapable de se mettre à la place des gens et donc d'en connaitre leurs besoins et envies.

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