A Lomé, Manuel Valls soigne sa « posture africaine »
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Cela faisait 27 longues années qu'un premier ministre français n'avait effectué de visite officielle au Togo depuis la visite de Michel Rocard en 1989. Manuel Valls a comblé cette absence de la primature française. Le locataire de l'Hôtel Matignon est arrivé, vendredi 28 octobre, pour une visite de travail d'une journée.
Au menu des entretiens qu'il aura avec le président togolais Faure Gnassingbé Eyadema, les relations entre Lomé et Paris mais aussi les questions régionales notamment la question du terrorisme qui a déjà frappé les voisins du Togo comme la Côte d'Ivoire ou le Burkina Faso. Selon le chef de gouvernement français, le Togo est libre de choisir ses alliances et c'est "à la France de savoir protéger ses liens avec Lomé, en sachant répondre à ses besoins, face à la concurrence des géants asiatiques".
Manuel Valls n'a pas manqué de faire des éloges à l'endroit du président togolais. « Vous faites avancer ce pays avec patience et détermination pour qu'il rattrape le temps perdu lors des années difficiles », a-t-il lancé à l'adresse du président togolais Faure Gnassingbé lors d'un dîner, référence faite au retour du Togo sur la scène diplomatique continentale.
Le pays ouest-africain est définitivement sorti de l'embargo européen avec l'organisation du sommet sur la sécurité maritime, le 15 octobre dernier. « Votre pays change, il avance, il progresse. Nous voulons l'accompagner.... La France veut donner une nouvelle dimension à sa relation avec le Togo » a ajouté le Premier ministre français.
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Dans un contexte où la France est sérieusement concurrencée sur le plan commercial par la Chine, le Japon, la Turquie, Israël et même la Corée du Sud, le chef du gouvernement français est venu défendre une vision nouvelle des relations franco-africaines. « L'Afrique est le continent de l'avenir, c'est ma conviction profonde, et c'est d'ailleurs mon quatrième déplacement sur ce continent en tant que Premier ministre. La croissance de demain se joue en Afrique de l'Ouest », a défendu Manuel Valls.
A ce titre, il a rappelé qu'«il n'y a entre la France et l'Afrique francophone aucun « pré carré », mais des liens privilégiés, c'est une histoire, une langue que nous avons en partage », a souligné le locataire de la rue de Varenne, avant d'ajouter « notre relation avec l'Afrique, c'est cet héritage ... mais c'est aussi une vision pour demain. La France, l'Europe, doivent tendre la main à un continent qui se transforme, à cette Afrique moderne, en effervescence ».
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Le destin de la France, estime le premier ministre français, « c'est de se tourner davantage vers l'Afrique, d'entraîner l'Europe pour une grande ambition euro-africaine». Accompagné dans sa visite par plusieurs hommes d'affaires français, on pourrait prévoir quelques signatures de contrat. Après son escale togolaise, le premier ministre français devrait arriver en Côte d'Ivoire.
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