Edgar Lungu, le président zambien n'a pas usé de subtilité langagière. Face à ses opposants, très critiques, il a haussé le ton pour mettre en garde certains politiciens qui réclament un scénario à la kényane en remettant en cause son éligibilité pour la présidentielle de 2021.
« Ceux qui n'aiment pas la paix et la liberté diront que le président Lungu essaie d'intimider les tribunaux. Je n'intimide pas le pouvoir judiciaire. Je vous avertis que ceux qui veulent se lancer dans l'aventure devraient faire en sorte que cette aventure ne nous conduise pas au chaos », fait savoir le numéro un zambien lors d'un meeting en fin de semaine dans le nord-ouest du pays.
Ministre de l'Intérieur de 2011 à 2013, puis ministre de la Justice pendant deux ans dans le Cabinet du Président Michel Sata, décédé en 2014 en cours de mandat, Edgar Lungu est désigné pour assurer son intérim. Il remporte ensuite la présidentielle de 2015 après la période de deuil puis réélu en 2016 lors d'un scrutin très controversée.
L'opposition zambienne estime que le président zambien qui dirige le pays d'une poigne de titan, effectue son second et dernier mandat constitutionnel. Ils ont enjoint la justice du pays de s'inspirer de la Cour suprême du Kenya qui a eu le courage de faire annuler une élection présidentielle en se basant sur la constitution du pays, une première en Afrique.
Un précédent qu'Edgar Lungu, qui ne cache pas son intention de se représenter à la présidentielle de 2021, ne souhaite en aucun cas voir se dupliquer dans son pays. « Mon message pour mes amis du pouvoir judiciaire est simple. Faites votre travail, interpréter la loi sans crainte ni faveur tout en regardant le meilleur intérêt pour votre pays, pas vous comporter en imitateur et se considérer comme un héros ».
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La polémique n'est pas prête de retomber autour de l'éligibilité du président à un « troisième mandat ». Théoriquement, Edgar Lungu effectue son premier mandat de plein exercice puisque que son précédent mandat n'a pas respecté la durée des cinq ans renouvelable une seule fois. Autour de la lointaine présidentielle de 2021, les premiers coups de poings politiques ont déjà commencé à pleuvoir.
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