Initial Coin Offering : à l’aube d’une nouvelle ère

De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L’un des sujets stratégiques récemment traité est le développement des ICO (Initial Coin Offering), des levées de fonds en crypto monnaies. Frédéric Montagnon, fondateur de LGO et président du conseil d'administration d’Arianee, explique pourquoi les ICO ont un avenir radieux.

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« Je pense qu’on est à l’aube d’une vague énorme, car les conditions sont réunies pour que n’importe qui puisse adopter cette technologie » Frédéric Montagnon, fondateur de LGO et président du conseil d'administration d’Arianee.
« Je pense qu’on est à l’aube d’une vague énorme, car les conditions sont réunies pour que n’importe qui puisse adopter cette technologie » Frédéric Montagnon, fondateur de LGO et président du conseil d'administration d’Arianee. (Crédits : DR)

Après avoir passé dix ans à New-York où il a créé la plateforme OverBlog, Frédéric Montagnon a commencé à s'intéresser à la blockchain il y a huit ans. À la fois business angel et fondateur de LGO, une société de bourse pour les actifs numériques qui a réalisé une ICO (Initial Coin Offerings) de 25 millions de dollars, il participe aussi au projet Arianee, un protocole qui propose des identités digitales pour les objets de valeur, également financé par une ICO. « Ce qui est fondamentalement intéressant dans ce genre de levée de fonds, c'est la représentation d'un titre de propriété à l'intérieur d'un dispositif digital que sont les tokens (jetons) vendus lors de l'ICO. Cela permet de créer des relations économiques nouvelles entre investisseurs, porteurs de projet et utilisateurs » explique Frédéric Montagnon. Les sociétés qui se financent à travers une ICO évitent ainsi de faire entrer dans leur capital des investisseurs qui pourraient ensuite leur imposer une stratégie différente. « Les acheteurs vont pouvoir s'enrichir si la crypto monnaie prend de la valeur, mais ils ne pourront pas discuter la manière dont ce protocole va fonctionner » ajoute le fondateur de LGO. C'est la notion de décentralisation qu'apporte la blockchain qui marque la nouveauté et l'originalité des ICO. Une forme d'économie nouvelle autour des tokens, qui peut devenir un liant pour créer un écosystème. « Dans l'exemple d'Arianee, il y a des entrepreneurs et des fonds d'investissement, mais on aimerait que les marques utilisatrices aient envie aussi d'acheter les tokens. Ce qui permettrait d'aligner tous les intérêts des parties prenantes du projet » complète Frédéric Montagnon.

Une vague énorme

Reste qu'un tel système novateur de levée de fonds peut rebuter par sa nature technologique et sa complexité, sans oublier les fluctuations importantes de la principale crypto monnaie, le bitcoin. À ses débuts en 2010, le bitcoin vaut 0,06 €, 887 € en 2016, 16 323 € un an plus tard puis retombe à 2775 € en 2018. Son cours actuel est de 8585 €. Sans oublier les affaires très médiatisées de hacking de coffres-forts numériques contenant des bitcoins. En France, peu d'investisseurs se sont lancés, malgré une régulation unique en Europe qui encadre ces levées de fonds via des tokens. « Il y a un décalage entre le potentiel, la réalité de la régulation et la pratique » regrette le président du conseil d'administration d'Arianee. Hors d'Europe, plusieurs projets ont néanmoins séduit des investisseurs qui ont réalisé une plus-value conséquente. La cryptomonnaie ether, une des premières ICO, a levé 18 millions en 2014 de dollars mais sa valorisation boursière est de 25 milliards aujourd'hui (180 milliards pour le bitcoin). En France, l'industrie vient juste de commencer à demander des agréments, et la Banque de France elle-même vient de démarrer des tests autour des tokens. « Je pense qu'on est à l'aube d'une vague énorme, car les conditions sont réunies pour que n'importe qui puisse adopter cette technologie » estime Frédéric Montagnon.

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