À Auch, le Medef et Numeum donnent le mode d’emploi de l’IA
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Alors que les avancées de l'IA se multiplient rapidement, les possibilités offertes par cette technologie suscitent tour à tour curiosité, fascination ou inquiétude, mais ne laissent personne indifférent. À Auch, où le Medef et le syndicat Numeum avaient organisé une soirée d'échanges pour inciter les chefs d'entreprise à sauter le pas, l'engouement a d'ailleurs été tel qu'un changement de salle de dernière minute a été nécessaire pour accueillir tous les participants. Cependant, derrière cet intérêt croissant se cache une réalité économique préoccupante : tandis que plus d'une entreprise sur deux utilise déjà l'IA en Inde, en Chine, à Singapour ou aux Émirats arabes unis, seules 25 % des entreprises françaises ont franchi le cap, dont une majorité de grands groupes, et très peu de PME, TPE ou ETI. « L'arrivée de l'IA est comparable à celle de l'informatique, s'exclame Laurent Barrière, fondateur de VinR, une entreprise gersoise qui associe dégustation de vins et expérience ludique avec une IA. Il faut s'approprier l'outil le plus vite possible si on veut être encore là demain, c'est une course ! »
Si le rapport Draghi, publié en septembre dernier, a déjà mis en lumière le retard français en matière d'IA et les risques de perte de compétitivité associés, il ne s'agit pas pour autant de faire l'impasse sur l'étape de réflexion. « L'IA, c'est comme les antibiotiques : c'est pas automatique », résume Philippe Maistre, coordinateur général de l'EDIH OccitanIA. Avant d'entamer une transformation profonde, il est essentiel de bien définir ses besoins, d'évaluer l'éthique des données et de se faire accompagner par des experts. « Il faut aussi tenir compte des impacts environnementaux de l'IA, car ces technologies consomment énormément d'énergie », souligne quant à elle Amélie Leclercq, directrice générale de Digital 113, le cluster numérique occitan. Luc Marta de Andrade, président du think tank NXU, recommande pour sa part une approche progressive : « L'IA peut transformer de nombreux usages, mais elle pose des questions fondamentales sur les enjeux RH, éthiques et juridiques, en bouleversant le fonctionnement de l'entreprise. C'est pourquoi il est crucial de prendre son temps et d'avancer par étapes. »
Pour débuter avec l'intelligence artificielle, la première étape consiste souvent à maîtriser l'art délicat du prompt afin de dialoguer efficacement avec des IA génératives comme ChatGPT. À Auch, Sophie Pène et Olivier Gobet, de l'agence de formation Gd6d, ont expérimenté cette approche qui a révolutionné leur façon de travailler. Pour la première, ChatGPT agit comme un assistant créatif inépuisable, capable de stimuler les idées, de rédiger des QCM ou des tests d'évaluation, et même de réduire les biais grâce à des instructions précises. Pour le second, l'outil d'Open AI permet de créer des images pour les réseaux sociaux et d'optimiser la création de sites internet en allant toujours plus loin dans le développement. Le directeur de l'hôtel de France d'Auch, Bruno Casassus, apprécie que l'IA optimise le taux de remplissage des chambres via les outils de yield management, mais aussi qu'elle simplifie la création de supports marketing, notamment grâce à l'IA de Canva. Laurent Barrière a quant à lui été plus loin, en associant à ses coffrets de dégustation de vins un assistant en œnologie hébergé sur ChatGPT, qui lui renvoie directement des clients... Autant d'exemples qui prouvent que l'IA générative peut facilement et rapidement renforcer la productivité des PME à moindre coût, à condition de ne jamais lui fournir d'informations personnelles ou sensibles. Mais comment passer à l'étape supérieure ?
Car dialoguer avec une IA générative en libre accès ou utiliser les fonctions avancées de Microsoft Copilot ne représente que la partie immergée de l'iceberg. Pour vraiment prendre le train de l'IA en marche, le véritable défi des entreprises consiste à développer des fonctionnalités propres à partir de données maitrisées, qui répondent aux besoins réels de développement tout en répondant aux exigences européennes en matière de réglementation, dans l'esprit de la RGPD. Une fois cette démarche enclenchée, il est crucial de s'entourer d'experts capables d'identifier les besoins, d'évaluer le retour sur investissement et de mettre en œuvre des solutions adaptées. En Occitanie, preuve a été faite à Auch que les interlocuteurs étaient nombreux pour aider les chefs d'entreprise à trouver la perle rare : Numéum bien sûr, qui travaille étroitement avec le cluster Digital 113, mais aussi la chambre de commerce et d'industrie du Gers ou l'EDIH OccitananIA, hub de compétences dédié au renforcement de la compétitivité des TPE/PME et ETI dans leur projet de transformation digitale. Pour quel coût ? Tous s'accordent à dire que la fourchette de prix est très large, mais que des financements existent, notamment au niveau européen, et surtout que le jeu en vaut la chandelle. Pour Maÿlis Staub, membre du Comex de Numeum, le recrutement d'un chef de projet IA en reconversion est aussi une excellente solution, d'autant plus quand il s'agit de femmes, le secteur ayant impérativement besoin de se féminiser pour rester compétitif. « L'IA va vous permettre d'actionner de nouveaux leviers, voire de générer de nouvelles lignes de business insoupçonnées » a-t-elle conclu. Alors, l'IA, on y va ?
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