La Guinée a mobilisé un prêt syndiqué international de 300 millions d'euros pour construire 160 km de routes dans sa région nord. L’opération, qui combine financement conventionnel et islamique, doit notamment désenclaver les localités de Tougué et Koubia.
La Guinée amorce une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau routier. Le gouvernement a signé, ce 22 juillet à Conakry, un accord de financement de 300 millions d’euros avec Bank of Africa, pour la construction de l’axe Labé-Banti-Tougué-fleuve Bafing, incluant la bretelle Banti-Koubia.
Le projet porte sur environ 160 kilomètres de routes, auxquels s’ajoutent plusieurs ouvrages d’art, dont un pont sur le fleuve Bafing. Il doit prolonger le réseau bitumé vers des territoires de Moyenne-Guinée, restés jusqu’ici peu desservis par de grandes infrastructures de transport.
La Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), groupe sénégalais retenu pour exécuter les travaux, s’est engagée à livrer les ouvrages dans les délais contractuels et conformément aux standards prévus. Aucun calendrier détaillé de réalisation n’a cependant été communiqué.
Un premier prêt syndiqué international pour la Guinée
Au-delà du chantier routier, ce montage financier constitue une opération inédite pour Conakry. Selon Bank of Africa, il s’agit du premier recours de la Guinée au marché international des prêts syndiqués, mais aussi de sa première opération faisant appel à la finance islamique.
Structuré par Bank of Africa United Kingdom PLC, qui intervient comme coordinateur global et arrangeur mandaté, le financement associe plusieurs institutions financières internationales. Il comprend une tranche Mourabaha et bénéficie d’une couverture partielle de la Société islamique pour l’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (ICIEC), membre du groupe de la Banque islamique de développement (BID).
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Cette combinaison doit permettre au pays ouest-africain de mobiliser des ressources de moyen et long termes pour un investissement difficilement réalisable par les seules capacités budgétaires nationales. Elle ouvre également une nouvelle voie de financement pour les infrastructures prévues dans le programme gouvernemental Simandou 2040, dont les ambitions dépassent le seul développement du projet minier éponyme.
Relier les bassins agricoles aux marchés
A travers ce projet, le gouvernement espère ainsi réduire les temps de trajet et les coûts de transport, mais aussi rapprocher les bassins agricoles et d’élevage des marchés nationaux et régionaux. La construction du pont sur le Bafing doit notamment supprimer une autre contrainte physique qui complique les déplacements et les échanges sur ce corridor.
« En améliorant durablement la mobilité des personnes et des marchandises, [le projet] contribuera au désenclavement d’une zone aux potentiels de développement énormes, au renforcement des échanges commerciaux, à la réduction des coûts de transport et à une meilleure intégration des bassins de production aux marchés nationaux et régionaux », a indiqué la ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, citée par son département.
L’opération porte également une dimension diplomatique. Bank of Africa étant un groupe marocain, les autorités des deux pays la présentent comme une nouvelle illustration de leur coopération économique. Présent à la signature, l’ambassadeur du Maroc en Guinée, Isam Taib, a réaffirmé le soutien de Rabat au développement des infrastructures guinéennes.