Bourget 2025 : la fusée qui rétrécit
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Avec la multiplication des constellations de satellites - 42 000 prévus pour la constellation Starlink - et plus de 400 missions lunaires annoncées pour les deux prochaines décennies, le nombre d'objets en orbite ne cesse de croître. Résultat : un espace de plus en plus encombré et une pression accrue pour des solutions à la fois performantes, compétitives et durables.
C'est dans ce contexte que s'est lancée la jeune pousse franco-italienne Alpha Impulsion. Son pari ? Une technologie encore inexplorée : la propulsion autophage.
Alpha Impulsion ne se jette pas tête baissée sur le marché très concurrentiel des lanceurs. Elle entend d'abord faire ses preuves en tant que motoriste spatial.
Première étape : commercialiser Opale, son moteur pour satellites. La start-up cible d'abord les opérateurs ponctuels de missions spatiales, comme pour les voyages interplanétaires. Ce sera ensuite le tour des clients récurrents, notamment pour les remorqueurs spatiaux.
L'objectif à plus long terme est clair : capitaliser sur ses compétences techniques et industrielles de motoriste pour développer un lanceur complet reposant sur cette technologie. Déjà baptisé Grenat, ce véhicule pourrait effectuer ses premiers lancements commerciaux d'ici 2028, avec une ambition forte : diviser par dix le coût actuel du lancement de petits satellites.
"En remplaçant les réservoirs et la structure par plus de carburant, on peut gagner jusqu'à 40% de charge utile supplémentaire, et on divise les coûts de production par cinq. [...] Un moteur autophage est à la fois plus léger, et beaucoup moins couteux pour nos clients." - Lisa Buxton, directrice produit
Dès ses débuts, Alpha Impulsion a pu compter sur le soutien du CNES, l'agence spatiale française. Quatre contrats de développement technologique ont permis à la jeune pousse de mener une première campagne d'essais dès décembre 2023. En parallèle, l'entreprise a noué un partenariat avec l'Université de Glasgow en 2024, l'un des seuls centres de recherche au monde à travailler sur la propulsion autophage.
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Mai 2025 marque une étape décisive : l'allumage réussi du premier moteur-fusée autophage d'Alpha Impulsion. Une première mondiale par sa taille, et une exclusivité européenne pour cette technologie de rupture.
L'entreprise a également rejoint l'incubateur de Thales Alenia Space, acteur incontournable de l'industrie spatiale. Ce partenariat stratégique lui ouvre l'accès à des installations de pointe et à un accompagnement industriel de haut niveau, essentiel pour passer du prototype à la production à grande échelle.
Et pour structure cette industrialisation à l'échelle européenne, Alpha Impulsion s'appuie aussi sur sa filiale de Turin, soutenue par la Caisse des Dépôts italienne (CDP)
« L'Europe n'a pas encore dit son dernier mot dans la course à l'innovation, en tout cas en propulsion spatiale » - Marius Celette, CEO
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