Compagnies aériennes à bas prix : low cost mais maxi perturbations ?
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Les compagnies aériennes low-cost ont révolutionné le secteur du transport aérien depuis leur apparition dans les années 1990. Pionnières du modèle économique à bas coûts, des entreprises comme Ryanair et EasyJet ont rendu le voyage en avion accessible au plus grand nombre. Selon l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA), les compagnies low-cost représentent aujourd'hui près de 45 % du marché aérien mondial, une part qui continue de croître chaque année. Cette popularité s'explique par des prix souvent imbattables, permettant à de nombreux voyageurs de découvrir de nouvelles destinations à moindre coût.
Pour comprendre comment les compagnies low-cost peuvent offrir des prix aussi bas, il faut se pencher sur leur modèle économique. Contrairement aux compagnies traditionnelles, elles optimisent chaque aspect de leur fonctionnement. Les services offerts sont souvent réduits au minimum : pas de repas gratuits à bord, choix de siège payant (sauf pour les jeunes enfants), confort limité, bagages cabines en taille réduite et bagages en soute non inclus dans le tarif de base. Chaque service additionnel fait ainsi l'objet de frais supplémentaires, ce qui permet de réduire les coûts opérationnels et de proposer des billets à prix défiant toute concurrence.
Par exemple, sur un vol low-cost, un sandwich et une boisson peuvent coûter jusqu'à 10 €, alors que les passagers de compagnies traditionnelles bénéficient souvent de repas inclus dans le prix du billet.
Nous savons donc ce qui n'est pas inclus sur un vol low cost, mais qu'en est-il alors des perturbations ? L'un des principaux griefs contre les compagnies low-cost concerne en effet les retards et les annulations. Mais ces accusations sont-elles fondées ? Selon un rapport de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), les compagnies low-cost européennes ont enregistré en moyenne un taux de retard de 20 %, contre 15 % pour les compagnies traditionnelles.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les perturbations spécifiques des vols low-cost. En interne, la gestion serrée des rotations d'avions et le personnel limité peuvent causer des retards en cascade. Les compagnies low-cost maximisent l'utilisation de leurs avions, réduisant les temps d'escale au minimum pour économiser sur les coûts. Cela signifie que le moindre retard peut avoir des répercussions en chaîne sur les vols suivants. De plus, un personnel au sol et de cabine souvent réduit peut entraîner des délais supplémentaires lors de l'embarquement ou du débarquement.
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D'autres statistiques pointent cependant des taux de retard ou d'annulation assez similaires quelle que soit la gamme de prix proposés par la compagnie. C'est le cas du rapport de Cirium qui publie un rapport annuel sur la ponctualité des compagnies au niveau mondial. Quel est alors le fin mot de l'histoire ?
Si les compagnies aériennes low-cost n'accusent pas nécessairement plus de retards ou d'annulations que les compagnies traditionnelles d'un point de vue mondial, ce qui fait la différence, c'est la gestion de ces perturbations.
En effet, les passagers des vols low-cost font parfois face à un véritable parcours du combattant pour obtenir des informations et une indemnisation. Contrairement aux compagnies traditionnelles, les low-cost cherchent à minimiser leurs coûts à tous les niveaux, y compris en limitant leurs structures de service à la clientèle.
Les compagnies à petit prix ne disposent pas d'agences physiques. Les passagers doivent faire preuve de patience et d'insistance pour obtenir une réponse, qui peut même prendre plusieurs mois. En cas de retard ou d'annulation, les mesures commerciales et conditions tarifaires des compagnies low-cost sont généralement restrictives.
En guise de dédommagement, les compagnies low-cost remboursent souvent uniquement le coût du billet, sans inclure les frais supplémentaires payés pour le choix des sièges ou les bagages en soute. Bien que les règles européennes obligent toutes les compagnies à offrir un remboursement ou une indemnisation, les compagnies low-cost tendent à appliquer ces règles au strict minimum. En revanche, les compagnies traditionnelles offrent généralement un traitement plus généreux et une meilleure communication.
Des cas récents en France illustrent bien ce phénomène. En mai 2023, un vol Wizz Air de Bucarest à Beauvais a été retardé à plusieurs reprises, finissant par être reporté à 11h30 le lendemain. Les passagers, exténués, n'ont été conduits à l'hôtel qu'à minuit. La compagnie hongroise a invoqué des "circonstances inattendues" pour justifier le retard, mais n'a fourni aucune preuve concrète, et les demandes d'indemnisation des passagers ont été rejetées.
Cet incident n'est pas isolé. En 2022, Wizz Air a enregistré 1,34 plainte pour 100 vols auprès de la DGAC, un taux bien supérieur à celui de Ryanair (0,53), EasyJet (0,36) et Air France (0,27). Au premier trimestre 2023, ce ratio a grimpé à 1,59 pour Wizz Air.
Plus récemment encore, en décembre 2023, le tribunal de commerce d'Aix-en-Provence a condamné Ryanair pour ne pas avoir respecté les droits des passagers entre avril 2016 et juillet 2019. Plusieurs dizaines de consommateurs et d'associations ont porté plainte pour retards, annulations et refus d'embarquement sans indemnisation. Le tribunal a sanctionné Ryanair pour sa résistance abusive à verser les indemnités prévues par la législation européenne. Plus de 150 000 € de dommages et intérêts ont ainsi été versés.
Alors pour minimiser les risques de perturbation lors de vos voyages avec des compagnies low-cost, voici quelques astuces :
Choisissez judicieusement vos horaires : privilégiez les premiers vols de la journée pour réduire le risque de retard.
Optez pour des aéroports secondaires : ils sont souvent moins congestionnés que les grands hubs.
Voyagez en milieu de semaine : les vols sont généralement moins chers et moins sujets aux retards.
En cas de retard ou d'annulation, il est crucial de connaître vos droits en tant que passager. Selon la réglementation européenne, les passagers peuvent prétendre à des indemnisations en cas de retard de plus de trois heures ou d'annulation de vol. Ces droits incluent souvent l'assistance sur place (repas, hébergement) et des compensations financières pouvant aller jusqu'à 600 €.
Les compagnies aériennes low-cost offrent des tarifs attractifs qui rendent le voyage en avion accessible. Cependant, ces économies peuvent parfois se traduire par des perturbations plus fréquentes et surtout par un service client approximatif en cas de problème.
Alors, faut-il choisir les compagnies low-cost malgré les potentielles perturbations ? La réponse dépend de vos priorités de voyage, de votre tolérance aux imprévus et de votre patience en cas de litige ! Si vous êtes prêt à faire quelques concessions sur le confort et à bien planifier votre voyage, les économies réalisées peuvent compenser les inconvénients potentiels.
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Comment réussir son voyage avec une compagnie low-cost