Festival du Film Politique de Porto-Vecchio : une sélection politique

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(Crédits : DR)
Durant 3 jours, de réalisateurs, comédiens, producteurs, personnalités politiques, public, se retrouveront autour de discussions forcément animées, pour choisir le lauréat de la deuxième édition du festival du film politique de Porto Vecchio.

Puisque cette année, à nouveau, c'est un buste de Napoléon qui symbolisera les trophées remis lors du Festival du Film Politique de Porto-Vecchio, c'est l'occasion rêvée de citer cet adage de l'Empereur qui a présidé au choix des films en compétition pour la deuxième édition :

«   Il est de la sagesse et de la politique de faire ce que le destin ordonne et d'aller où la marche irrésistible des événements nous conduit. »

Mais, en matière de politique, qu'est-ce que ce « destin » qui nous entraînerait dans une « marche irrésistible » ? S'agit-il de la « Longue Marche » voulue par feu le Président Mao... ou de la « République en marche », chère au fringant Président Macron ? Existe-il seulement, ce destin, au-delà de nos propres volontés, telle une impérieuse divinité ? Ou est-ce nous qui décidons, seuls, un jour, de le prendre en main ?

Les six films en sélection pour cette deuxième édition du FFP répondent, chacun à leur manière, et parfois de façon magistrale, à cette question.

Un peuple et son roi

Dans « Un peuple et son roi », c'est le destin personnel d'une petite lingère qui perd son bébé , rejoignant celui de toutes ces femmes qui marchent sur la jeune Assemblée pour récupérer leurs droits... Le peuple des femmes a faim, il voit dans la Révolution son destin, tandis que le dernier Roi fait face au sien, quand sa tête roule dans le panier...

 Sylvio et les autres

« Sylvio et les autres », c'est l'éternel retour de Berlusconi, qui après s'être forgé le destin « abracadabrantesque » qu'on connait, entre magouilles et politicailleries, réapparait dans le film en prince du « Bunga-Bunga », à mi-chemin entre le rappeur de Miami et un Tino Rossi (aussi érotomane que calamistré), entourée d'une nuée de bimbos toutes amoureuses de sa splendeur, comme si sa disgrâce était - déjà - définitivement oubliée.

Décapitalisation

A l'inverse de cette vision glamour d'une façon d'exercer sa politique, « Décapitalisation » imagine le destin de Lise, jeune activiste de l'ultra- gauche qui perdant son compagnon lors d'une manif sévèrement réprimée, décide avec ses amis militants d'agir « pour de vrai ». Dans un avenir proche, le film se situe en 2020- ils enlèvent les patrons du CAC 40 -ici nommés par leurs vrais noms ! - pour forcer le Président Macron -idem !- à exercer une politique résolument anti-capitaliste. Parviendront-ils à le transformer en Hugo Chavez ? Rien n'est moins sûr...

Utoya, 22 juillet

Radicalement situé sur l'autre hémisphère des extrêmes, Anders Breivik, norvégien et néo-nazi de 32 ans, décide que son destin est d'assassiner un maximum de jeunes travaillistes réunis en congrès sur l'ile d'Utoya... « Utoya, 22 juillet » : une histoire horriblement vraie, bien sûr, celle de cette folie haineuse qui ne peut que rappeler celle qui tétanisa l'Europe voici plus de 70 ans, et semble un peu partout y repointer son museau.

Amare amoro

« Amare amoro » nous transporte dans l'actuelle campagne Sicilienne où Gaetano, de son état nouveau boulanger du village, veut faire enterrer son frère, truand notoire qui vient de mourir... Il va se heurter au refus de l'ensemble du village parce qu'il n'est qu'un étranger revenu de France, doublé d'un frère de brigand. Ce destin va l'emmener plus loin qu'il ne l'aurait cru...

Les filles du soleil

« Les filles du soleil », enfin, avec Bahar, leur commandante en tête, ce sont ces combattantes kurdes qui lancent l'assaut pour libérer leur ville du joug islamiste...Combat politique, historique, moral, c'est à la fois le destin d'un peuple qui se joue actuellement, mais aussi celui de cette courageuse Bahar qui veut retrouver son fils disparu dans cette ville...

Six histoires, six destins, tous à la fois politiques et personnels, tant les deux sont intimement liés : gageons que ces « marches irrésistibles » sauront donner envie aux Festivaliers l'envie... irrésistible de marcher à leur tour vers la Cinémathèque pour découvrir - et débattre - de ces films en sélection, dont quelques inédits !

Dernière histoire tragique, celle des marins du Kursk qui luttent pour survivre avant de couler dans leur sous-marin. Projeté, hors compétition et en avant-première le 27 octobre, dix jours avant sa sortie nationale, le film de Thomas Vinterberg sera un temps fort du festival.

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