La filière hydrogène, génératrice de valeur et d’emplois, se déploie dans les territoires
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Lancée dans les années 2010 avec des projets pilotes, la filière hydrogène n'a cessé de faire ses preuves depuis. Considérée par l'Etat français comme stratégique dans la transition énergétique mais aussi la réindustrialisation des territoires, elle est massivement soutenue depuis 2020. Avec une dotation globale de près de 9 Md€ jusqu'à l'horizon 2030, en phase avec la politique européenne favorable au déploiement de la filière, la Stratégie nationale hydrogène porte des ambitions élevées et concrétise peu à peu son socle.
Dans un premier temps, des projets à petite échelle ont vu le jour, pour tester et apprendre. Des collectivités territoriales, soutenues par l'ADEME, ont déployé des écosystèmes sur des segments de mobilité où l'hydrogène est particulièrement intéressant : ainsi, de premières flottes de bus à hydrogène ont été commandées et des stations de production et de distribution ont été mises en place.
La capacité minimale, pour que les projets soient éligibles et, par la suite, viables économiquement, est passée de 1 à 2 MW. En parallèle, les usages de l'hydrogène décarboné dans l'industrie lourde, dont les besoins correspondent à plusieurs centaines de MW, sont encouragés. « Mais les très grands projets n'ont pas pour vocation de totalement remplacer ceux de taille plus modeste, précise Jan-Erik Starlander, responsable des relations avec les territoires chez France Hydrogène. Ils sont complémentaires et répondent tous à la diversité des territoires et des bassins industriels. Dans les sept grands bassins, où l'industrie lourde est présente, il est nécessaire de massifier et centraliser la production d'hydrogène mais dans les villes moyennes, les usages sont davantage en lien avec la mobilité et une production « semi-centralisée » peut être mise en place. Enfin, les projets de plus petite envergure, dépendants d'une production décentralisée qui pourra les alimenter directement, resteront nécessaires en complément dans des territoires plus périphériques. »
L'enjeu ? Accompagner la croissance de la filière et faire en sorte que les technologies encore produites à très petite échelle deviennent moins chères par le biais de la production en grande série. C'est précisément l'objectif des gigafactories, dont les capacités se situent à l'échelle du GigaWatt.
Pour délivrer tout son potentiel, la filière hydrogène doit s'inscrire au niveau français mais aussi européen. Les premières industrialisations, en prévision d'une production de masse, ont ainsi été soutenues dans le cadre des différentes vagues de « projets importants d'intérêt européen commun » (PIIEC). « A partir du moment où une filière est reconnue comme éligible à ce programme, les états membres et la Commission européenne se mettent d'accord pour se répartir des projets industriels, explique Jan-Erik Starlander. Sur une quarantaine de projets de la première vague du PIIEC, 1/4 est français. Et plusieurs gigafactories se situent en Bourgogne-Franche-Comté, où un écosystème de recherche très important s'est constitué dès les années 2010, avec notamment le FCLAB de Belfort ».
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En décembre 2023, Symbio a inauguré la Gigafactorie SymphonHy, le plus grand site européen intégré pour la production de piles à combustible hydrogène. Située à Saint-Fons, près de Lyon, elle produira 50 000 piles par an à l'horizon 2027/2028.
La gigafactory du fabricant français d'électrolyseurs McPhy a quant à elle été inaugurée en ce mois de juin sur l'Aéroparc de Fontaine, près de Belfort. A terme, 450 emplois devraient être créés sur le territoire.
Beaucoup de collectivités territoriales pilotent la mise en place d'écosystèmes pour maîtriser la production, la distribution et les usages de l'hydrogène. Parmi elles, Dijon métropole, qui a décidé d'adopter le projet le plus ambitieux d'écosystème hydrogène urbain, complété par une vraie logique circulaire. L'incinérateur de déchets, qui produit de l'électricité, alimentera bientôt les électrolyseurs qui produiront l'hydrogène, qui lui-même nourrira les bus et les camions bennes à ordures ménagères de la ville. Le but étant ensuite que de plus en plus d'acteurs privés s'insèrent dans la boucle. Pour les y inciter, les mécanismes de soutien, liés à l'achat de véhicules notamment, seront indispensables.
Pas de doute, la filière hydrogène s'ancre dans les territoires et se développe. « A terme, l'objectif est de réussir à s'affranchir des carburants fossiles, résume Jan-Erik Starlander. Et ce projet d'envergure, s'il nécessite du temps pour être bâti, progresse chaque jour un peu plus. »
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