La France, « quartier général de l'entrepreneuriat »
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Qui a dit que la France avait du mal à entreprendre ? A prendre des risques ? Les sondages, sur l'envie des jeunes de créer une entreprise, font mentir cette idée reçue depuis déjà plusieurs années. Restait peut-être un domaine, où la volonté d'entreprendre pouvait être freinée : dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV), du fait d'un accès perçu comme plus difficile aux dispositifs, aux banques ou aux réseaux d'accompagnement. C'est là que Bpifrance a choisi de relever le défi, en organisant Quartier Général, le premier rendez-vous des entrepreneurs des quartiers, le 5 décembre dernier. Non seulement parce que la mission de la Banque Publique d'Investissement est d'épauler les entrepreneurs en herbe, mais aussi parce que, comme l'a indiqué Nicolas Dufourcq, son directeur général, « Bpifrance veut dire 'toute la France' » - ce qui inclut forcément les QPV. Or il en existe plus de 1 300 et ils rassemblent 5,3 millions de personnes. Pas question, donc, d'oublier cette part substantielle de la population. D'autant que pour Nicolas Dufourcq, c'est la France dans son ensemble qui est désormais « le quartier général de l'entrepreneuriat ».
Restait à confirmer cet élan dans les QPV. S'il faut, comme le dit encore Nicolas Dufourcq, ne penser qu'à son projet, ne jamais abandonner quand on a l'idée d'un nouveau produit ou d'un nouveau service, qui pourra prendre corps grâce à la création d'une entreprise, bref, s'il ne faut « jamais poser le sac », il a posé ses bagages le temps d'une journée à la Communale de Saint-Ouen.
L'objectif ? Il était double : à la fois susciter des vocations avec des témoignages de réussite, et mettre en lumière les solutions existantes de droit commun (accessibles à tous) ou dédiés aux entrepreneurs issus des QPV (Pass Africa, Prêts d'honneur Quartier, Accélérateurs...) que propose Bpifrance via le Programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, piloté par Bpifrance et financé par l'Etat et la Caisse des Dépôts.
« Le fait qu'il y ait 13 000 inscrits [et 5 000 présents] à cette journée, c'est magnifique, c'est extraordinaire. Quand on est déterminé, rien n'est déterminé ! », s'est exclamé Moussa Camara, le fondateur de l'association Les Déterminés, qui œuvre pour donner à tous, même en banlieue, même en ruralité, une chance d'entreprendre. C'est bien contre le déterminisme social que luttent des associations comme Les Déterminés et Positiv, présentes au Village des solutions avec tous les autres réseaux du collectif Cap Créa à la Communale de Saint-Ouen, aux côtés de Bpifrance.
Et si de nombreux jeunes veulent encore devenir influenceurs ou simplement « célèbres » sur les réseaux sociaux ou dans les médias, Justine Planchon, la présidente de Mediawan prod, une société qui produit des programmes tels que C à vous et C dans l'air, ainsi que des vidéos comme Orelsan - Montre jamais ça à personne, les a encouragé à voir plus grand. « Si tu veux réussir, il faut y croire, avoir de l'ambition, avoir du panache, ne pas avoir peur et enlever le frein à main », a-t-elle lâché. « On peut réussir à rentrer dans le milieu qu'on a choisi, même si on a l'impression qu'on n'y était pas invité. La seule chose, c'est que ça prend un peu plus de temps », a renchéri l'acteur, producteur, réalisateur et scénariste Franck Gastambide, auteur entre autres de la web-série de Canal+ Kaïra Shopping. Mido Soliman, fondateur de AtmosGear (une start-up à l'origine des premiers rollers électriques au monde), estime, lui, que « la force de l'entrepreneur, c'est sa capacité à 'charbonner', à travailler dur, donc, au départ, parce que c'est là que c'est le plus dur. »
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Détermination, courage, résilience, patience, aussi, sont autant de mots clés et de conseils que les entrepreneurs en herbe ont reçu à l'occasion de Quartier Général. Les petites phrases ont fusé :
« Faites de votre mieux, c'est déjà très bien », a rassuré Franck Gastambide. « Allez-y, saisissez votre chance, c'est maintenant ! », s'est exclamé Mido Soliman. Mais c'est sans doute Moussa Camara qui va le plus loin : « Battez-vous, ne lâchez rien, il faut oser », a-t-il déclaré, pour conclure à propos des jeunes de banlieues : « On est l'avenir du pays. » Une affirmation que ne renierait pas Nicolas Dufourcq et ses équipes à Bpifrance.
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