"La réutilisation d'eaux usées s'impose naturellement", Philippe Séberac (Veolia)

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Philippe Séberac, Directeur Technique et Scientifique de Veolia
Philippe Séberac, Directeur Technique et Scientifique de Veolia (Crédits : DR)
Face à l'épuisement de nos ressources naturelles en eau, des solutions pour les préserver existent ; à commencer par la réutilisation des eaux usées. Une solution plébiscitée par 83 % des Français selon le sondage Elabe pour La Tribune. Le point avec Philippe Séberac, Directeur Technique et Scientifique de Veolia.

Face à la multiplication des épisodes de sécheresse en France, quelles sont les solutions pour préserver les ressources naturelles en eau ?

Il n'y a pas de solution unique, mais un assemblage de solutions au cas par cas. La première consiste à optimiser la consommation, pour ne pas perdre d'eau inutilement. Il faut ensuite envisager les possibilités de stockage, dans des retenues ou dans les nappes phréatiques, afin d'anticiper les phénomènes de sécheresse. Enfin, la réutilisation d'eaux usées s'impose naturellement : pourquoi acheminer de l'eau usée traitée pour la rejeter dans l'environnement alors que nous pouvons la traiter un peu plus et l'utiliser localement pour irriguer les cultures ?

Ces techniques d'épuration sont-elles innovantes ?

Au contraire, elles existent depuis plusieurs décennies, ce qui nous permet d'avoir un vrai recul sur leurs utilisations. En fonction des besoins, les stations d'épuration peuvent fournir une eau de qualité A, B ou C pour des usages agricoles. Quand la réglementation l'autorisera, nous pourrons même fournir une eau potable de grande qualité, en mettant en oeuvre des techniques de traitement et de surveillance innovantes pour garantir l'absence de risque pour la santé humaine. Aujourd'hui, ce n'est pas la technologie qui pose question, mais l'assemblage et la construction de filières adaptées aux besoins et aux usages.

Comment réagissent les pouvoirs publics face à ces solutions de traitement des eaux usées ?

De plus en plus de communes réfléchissent à des schémas innovants pour éviter les restrictions. Dans toute la France, celles qui doivent alimenter leurs terres agricoles tout en répondant aux besoins de la population touristique estivale font de plus en plus preuve de bon sens. Nous travaillons ensemble pour anticiper les risques, éviter le gaspillage et sécuriser leurs activités agricoles. Mais nous sommes encore confrontés à une réglementation très contraignante et à un manque de subventions pour financer les infrastructures...

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Commentaires
a écrit le 22/07/2020 à 19:00 :
Ca s'appelle precher pour sa paroisse !!
a écrit le 22/07/2020 à 17:30 :
Je n comprends pas qu en 2020 nous faisons encore nos besoins sur de l'eau potable il est temps que ça change!

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