La tech, un ascenseur social pour les femmes

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Dans un secteur qui foisonne d’opportunités mais qui reste encore largement masculin, comment actionner les leviers pour attirer - et retenir – davantage de talents féminins ? Réunis lors du dernier 9:30 Le Réveil Digital d’ENGIE, la docteure en sciences et entrepreneure Aurélie Jean, l’écrivain et économiste Erik Orsenna et le directeur adjoint en charge du digital et des systèmes d’information d’Engie Yves Le Gélard ont décortiqué cette problématique et exploré des solutions pour encourager les carrières féminines dans le digital. Ce dialogue a été organisé le 4 mars, date de sortie du livre « Les Digitales » - un recueil de témoignages de femmes responsables dans le numérique, réalisé avec le soutien du groupe énergétique et illustré par Fabienne Legrand aux éditions le cherche midi.

C'est un paradoxe : à l'ère digitale, seul un tiers des postes dans le numérique sont occupés par des femmes, et ce principalement dans les fonctions dites de support. Pourtant, nombre de secteurs sont en quête de compétences informatiques, à l'instar de celui de l'énergie. « La transition énergétique a besoin du numérique », a lancé Yves Le Gélard, directeur général adjoint en charge du digital et des systèmes d'information d'Engie, en ouverture du dernier  9:30 Le Réveil Digital d'ENGIE . « Parmi nos collaborateurs qui travaillent sur la data et les logiciels, 20 % sont des femmes. Elles sont présentes, mais insuffisamment, alors que ces métiers sont en croissance et en forte tension ». À l'origine de cette situation ? « Une méconnaissance du secteur de la tech et de ses métiers ainsi que l'absence d'un certain nombre de rôles modèles », a-t-il analysé. De quoi motiver la réalisation du livre « Les Digitales » qui regroupe des témoignages de femmes responsables, au sein du groupe Engie, de systèmes d'information, d'innovation, ou encore de stratégie digitale. Publié le 4 mars aux éditions le cherche midi, il s'accompagne de dessins ludiques, nés sous la plume de Fabienne Legrand, pour inspirer de nouvelles vocations.

Des métiers à fort impact

Les avantages de la révolution digitale pour les femmes sont nombreux : « Le numérique a besoin de femmes , nous avons besoin de débiaiser des outils, autrement dit de les créer pour tous et par tous. À travers le numérique les femmes peuvent travailler dans tous les domaines - énergie, médecine, finance, éducation... - et avoir un fort impact sur la résolution de problèmes à grande échelle. Sans oublier que dans ces métiers, les salaires sont compétitifs », a affirmé de son côté la spécialiste en algorithmique et fondatrice de la société In Silico Veritas, Aurélie Jean, qui a préfacé le livre. Pour elle, plus que jamais, « les sciences, les mathématiques et le numérique sont le meilleur ascenseur social », puisqu'elles « permettent de faire différentes choses et de s'adapter avec le temps », a-t-elle martelé. Or, à ce jour, moins de la moitié des lycéennes sont en terminale S et seulement 27 % s'engagent dans les écoles d'ingénieurs...

Les rôles modèles pour rebattre les cartes

Aujourd'hui, avec la révolution numérique, « nous avons une chance incroyable pour rebattre les cartes », a pointé pour sa part l'écrivain et économiste Erik Orsenna. Alors comment faire pour ne pas manquer ce rendez-vous et faire en sorte que les femmes se disent « pourquoi pas moi » plutôt que « ce n'est pas pour moi » ? « On s'est rendu compte qu'en parlant aux lycéennes de tout ce qui est possible de faire avec les sciences, les mathématiques et le numérique, elles étaient davantage intéressées et se sentaient plus légitimes pour y aller », note Aurélie Jean, dont l'entreprise, spécialisée dans les algorithmes, planche sur l'évaluation du risque de développer une tumeur du sein. Erik Orsenna acquiesce : il faut en effet dire « à quoi cela sert » et ce que les mathématiques permettent de résoudre.

Autre piste, exposer les enfants très tôt au code ou plus généralement au fonctionnement des machines peut également aider à sensibiliser aux sciences et à l'informatique. Mais surtout, pour changer l'image des métiers du numérique et atteindre la parité, les rôles modèles restent fondamentaux, plaide Aurélie Jean.

Enfin, pour que les femmes rejoignent en plus grand nombre la tech - et y restent -, « il faut aussi que les hommes nous aident à prendre conscience que nous sommes à notre place », suggère Aurélie Jean. Son exemple, comme celui de nombreuses pionnières du code, prouve que cette place est réelle.

Retrouvez « Les Digitales » aux éditions le cherche midi, en librairie et en ligne depuis le 4 mars 2021.

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Commentaires
a écrit le 08/03/2021 à 11:00 :
Il faut pas exagerer. En france, l IT c est travailler pour une SSII (dans le metier on appelle ca des marchands de viande). Donc l ascenseur social c est soit s expatrier pour ne pas se faire exploiter ou alors faire commercial en SSII et vendre de l inge (blanc & male-> l horreur !) a la journee (ce qui je le reconnais est tres rentable)

Les femmes ne sont pas stupides. Les bonnes eleves font medecine (70 % de femmes). Salaire au moins 50 % superieur, moins de contraintes ... Pourquoi aller ailleurs ?

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