« Les villes doivent redevenir plus humaines »

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(Crédits : DR)
Nos villes sont-elles encore vivables ? Au cours des deux derniers siècles, elles ont été plutôt indissociables de l’idée de progrès, technique, économique ou social. Mais ces dernières décennies, elles sont devenues les réceptacles de nos affres modernes : surdensité, ségrégation sociale, dérèglement climatique… Au MIPIM, depuis 30 ans le plus grand rassemblement au monde des acteurs de l’immobilier, le constat est de plus en plus partagé.

En fait, tout se passe comme si nos villes, dans leur quête de fonctionnalisme et de performance, en avaient oublié leurs propres habitants. La métropolisation s'accélère partout dans le monde - en particulier dans les pays émergents alors que les populations aspirent à vivre dans des environnements équilibrés, à échelle humaine, proches des éléments naturels. Les villes devraient au contraire s'efforcer de toujours mieux répondre aux besoins fondamentaux de leurs habitants : relations de qualité, contact avec la nature, sécurité de sa famille...

Cette ambition, réhumaniser la ville, n'est-ce pas l'apanage exclusif des élus et des gouvernements ? Je ne le crois pas. Il concerne aussi tous les acteurs de l'immobilier. Le MIPIM en fera son ambition centrale en 2020 avec comme thématique : The Future is Human.

Depuis 10 ans la révolution des usages a fait son œuvre à l'intérieur des bâtiments, mais qu'en est-il dans la ville ? Prenez l'immobilier tertiaire : avec une journée de travail qui commence avant le bureau et se prolonge après, il faut intégrer de la mobilité et des services autour du lieu de travail, du végétal et des espaces de sociabilité, et in fine améliorer « l'expérience utilisateur » globale dans la ville et pas seulement entre les murs.

Quel rôle l'immobilier doit-il jouer dans l'espace public et l'équilibre du territoire ? Au MIPIM, on sait que les réponses diffèrent selon les pays, et on laissera les grands acteurs donner leur vision de cette (nouvelle) imbrication public-privé. Y compris les GAFAM, qui ont annoncé 2,5 milliards d'euros d'investissements dans le logement pour des familles modestes, histoire de corriger les déséquilibres qu'ils ont eux-mêmes contribué à créer. Ce qui pose une myriade d'autres questions : jusqu'où les acteurs privés doivent-ils « partager » leurs actifs et leurs services (parkings, espaces verts, restaurants, flux d'énergie...) avec leur quartier, endossant ainsi une forme de « responsabilité » territoriale ? Le privé peut-il demain impulser les grands réaménagements urbains, comme les commerçants et les foncières qui se sont unis pour « réenchanter les Champs-Élysées » à Paris, une première en France ? Avec quelle articulation entre public et privé pour le financement et la maîtrise d'ouvrage ?

En 2020, les acteurs publics viendront plus que jamais au MIPIM nous dire comment (mieux) faire vivre les humains ensemble, avec des quartiers mixtes et inclusifs, un meilleur équilibre global des territoires, un nouveau rôle (peut-être) assigné aux acteurs de l'immobilier... Car c'est notre ambition : non pas trouver un modèle parfait, mais bien donner la parole aux leaders qui œuvrent dans leurs villes et leurs territoires, pour construire concrètement un avenir urbain ET humain.

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Commentaires
a écrit le 13/02/2020 à 11:36 :
Si le secteur immobilier pouvait ne pas venir massacrer le milieu rural, il lui fait déjà bien assez de mal sans pour autant se concentrer dessus, et heureusement, ce ne serait pas du luxe, merci à lui. Vu que l'on ne peut rien faire contre la vénalité des mégas riches que nos politiciens soutiennent, pourquoi pas en essayant poliment ? De toutes façons...
a écrit le 02/02/2020 à 19:34 :
"Réhumaniser les villes"...
Ah bon! Parce que les villes sont humaines ? Le village, sans doute.
a écrit le 01/02/2020 à 13:23 :
Ce qui rend les villes inhumaines, c'est la densification à outrance. Tous les gens qui parlent de "crise du logement" depuis des décennies, n'ont eu de cesse de densifier encore et toujours plus les agglomérations. Résultat, on se retrouve aujourd'hui avec un environnement invivable. En réalité, à Paris par exemple, il n'y a aucune "crise" ni "manque" de logements, puisque la densité est déjà excessive. Les logements inoccupés ne sont pas non plus un problème, puisque que les rues sont déjà assez encombrées comme ça. Le problème, c'est que les médias se font l'écho des gens les plus démagogues, les moins intelligents dans leurs discours.

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