Prix du jury « start-up 2018 », Diabeloop déploie ses ailes

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Erik Huneker et Marc Julien, CEO et Co-directeur général de Diabeloop.
Erik Huneker et Marc Julien, CEO et Co-directeur général de Diabeloop. (Crédits : DR)
La pépite grenobloise, distinguée l'an dernier pour son système intelligent de gestion du diabète, qui reproduit le fonctionnement du pancréas, avance à grands pas. Après avoir obtenu le marquage CE en novembre dernier, elle planche sur la commercialisation et un déploiement progressif à l’international, tout en adaptant désormais son dispositif à des enfants et des adolescents.

C'est une révolution dans la gestion du diabète de type 1 qui pourrait bientôt transformer la vie de nombreux patients. Un capteur de glucose en continu, posé sur le ventre ou sur le bras, de même qu'une pompe à insuline patch et un terminal doté d'un algorithme de machine learning complexe qui analyse les données en temps réel et calcule la juste dose d'insuline à envoyer : le système automatisé et auto-apprenant développé par la jeune pousse grenobloise Diabeloop porte l'espoir de la fin des piqûres quotidiennes, mais aussi de la peur de s'injecter trop ou pas assez d'insuline, un risque qui peut entraîner une hypoglycémie dans le premier cas et de graves complications dans le deuxième. Né d'un projet de recherche du docteur Guillaume Charpentier, qui a cofondée Diabeloop en 2015 avec l'ingénieur Erik Huneker, cette innovation de rupture avait de quoi séduire le jury du prix « start-up 2018 », qui le lui a décerné lors de la 4è édition de la Journée start-up innovantes du dispositif médical, organisée par le Snitem.

Une visibilité accrue

« C'était la première fois que l'on se présentait devant le secteur du dispositif médical », se souvient Marc Julien, co-directeur général de Diabeloop depuis 2016, en parlant avec émotion de l'événement et de la récompense. Une occasion rêvée pour la jeune pousse de mieux se faire connaître auprès des acteurs de la filière. Rencontres, échanges, contacts... « Cela nous a apporté une grande visibilité sur le marché », précise le dirigeant de la pépite medtech qui, depuis, a franchi plusieurs étapes. « Aujourd'hui, nous sommes un membre actif du Snitem, qui nous accompagne sur un certain nombre de sujets avec des conseils et des compléments d'information, que ce soit en matière de réglementation ou de communication », indique le dirigeant de la jeune entreprise qui compte aujourd'hui plus de 50 salariés, répartis entre son siège à Grenoble et son antenne parisienne.

Cap sur l'Europe du Nord

Il y a un an, Diabeloop était en pleine phase d'essais cliniques en vue de l'obtention du marquage CE pour son dispositif médical innovant destiné aux adultes, le « DBLG1 System ». Pari gagné en novembre dernier : avec le marquage CE, l'entreprise a franchi une étape réglementaire clé, ouvrant la porte à la commercialisation de sa solution en Europe. Elle entame désormais son développement progressif à l'international. « Un certain nombre de pays, notamment d'Europe du Nord, sont très intéressés par notre produit », indique à cet égard Marc Julien. La société se tourne en même temps vers les Etats-Unis. « Nous avons prochainement rendez-vous avec la FDA » en vue d'une acceptation et d'un déploiement commercial outre-Atlantique, confie le dirigeant. En parallèle, l'entreprise planche sur la question du remboursement en France : elle vient de déposer le dossier de prise en charge de son dispositif médical auprès de la Haute autorité de santé.

Une solution pédiatrique sur les rails

Et bien sûr, Diabeloop, seule entreprise européenne à développer ce type de dispositif, continue d'investir dans la recherche et le développement. En janvier dernier, les équipes de la pépite tricolore étaient présentes au CES de Las Vegas, la grand-messe mondiale de l'électronique, afin de présenter leur projet de traitement automatisé du diabète de type 1 pour les enfants, conçu en partenariat avec le CEA-Leti. Ecrans de visualisation de données adaptées aux enfants, interface sécurisée pour transporter le terminal sans risque, programmes de repas et d'activités : le dispositif est sur les rails, avec une étude clinique qui devrait débuter prochainement en France et en Belgique. Une version dédiée aux adolescents devrait suivre, pour permettre à ces derniers de « vivre la vie qu'ils souhaitent », relève Marc Julien.

Les enjeux de l'IA dans les dispositifs médicaux

Forte de ces avancées, la start-up iséroise prépare prochainement une nouvelle levée de fonds, après avoir réussi un premier tour de table (13,5 millions d'euros) en 2017, afin de financer son déploiement commercial, investir dans le dispositif et développer la deuxième génération de son algorithme. L'intelligence artificielle étant au cœur de son savoir-faire, Diabeloop apportera sa contribution à un débat sur les enjeux de l'IA dans les dispositifs médicaux lors de la 5è Journée start-up innovantes du dispositif médical du Snitem, le 14 mai à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris.

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