Travailler autrement : les nouvelles pratiques de l’IA
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Et si, plutôt que de faire disparaître des emplois, l'intelligence artificielle aidait à trouver le bon poste ? C'est le pari fait par le spécialiste de l'intérim Adecco. Cédric Brossette, directeur commercial, et Hélène Jonquoy, directrice digital du groupe, ont expliqué comment celui-ci s'est appuyé sur l'IA générative pour faciliter le recrutement, aussi bien du côté du candidat que de leurs agents de recrutement. « Nous avons lancé le CV maker, une appli qui permet aux candidats de créer leur CV en agence, simplement avec la voix. France Travail a trouvé l'outil intéressant et décidé de le mettre à disposition des demandeurs d'emploi gratuitement. »
Côté recruteurs, les process sont également simplifiés, grâce à une IA qui rédige des offres d'emplois plus pertinentes. Et les résultats sont là : un temps de rédaction qui chute de 12 à 4 minutes et une augmentation de 12 % des candidatures sur les annonces dont la rédaction a été assistée par l'IA. « De quoi libérer du temps à nos collaborateurs pour faire passer les entretiens et s'occuper du développement commercial. »
Les entreprises clientes d'Adecco, elles, démontrent un intérêt particulier pour les services que le groupe a également développés grâce à l'IA : une meilleure anticipation et gestion des accidents au travail et de l'absentéisme. Le principe : identifier les profils et les postes les plus à risque grâce à l'outil, pour ensuite enclencher des campagnes de prévention dans lesquelles l'humain a tout son rôle à jouer.
L'intelligence artificielle bouleverse donc la gestion des ressources humaines et modifie aussi les modes de travail à l'intérieur des entreprises. Et ce d'autant plus si celles-ci s'y montrent favorables, comme c'est le cas chez le fabricant industriel Bosch Rexroth (groupe Bosch). Le président de la branche française, Richard Brunet, explique ainsi que les 420 000 personnes du groupe ont été encouragées à utiliser l'IA, mais avoue une certaine déception en constatant que 30 % des managers ne l'ont pas encore testé. « Si on ne s'empare pas de l'IA, nous nous ferons dépasser par ceux qui auront une intelligence augmentée. Ce sont eux qui capteront les nouvelles parts de marché. » Le groupe a donc décidé de lancer un webcast et des « lunch & learn » (ateliers sur le temps du déjeuner), pour y évoquer l'accès à l'IA et faire témoigner les collaborateurs qui l'utilisent et y voient des bénéfices au quotidien.
En attendant une plus large adoption de l'IA, Bosch Rexroth développe aussi de nouveaux cas d'usage de l'intelligence artificielle. Elle simplifie notamment l'accès des techniciens à toutes les informations détenues par l'entreprise, notamment en leur fournissant des prompts déjà renseignés. De quoi faciliter leur travail lorsqu'ils sont en intervention de maintenance chez un client.
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Les cas d'usage se multiplient donc, y compris au sein de sociétés qui n'ont - a priori - pas forcément d'application directe de l'IA. Tissium est une entreprise du secteur de la santé, qui développe des polymères permettant aux chirurgiens de faire des réparations atraumatiques. « Nous faisons de la R&D depuis 11 ans, il est important de ne pas perdre ce savoir. L'IA a beaucoup à apporter dans ce domaine, notamment pour retrouver des caractéristiques observées dans des expériences précédentes mais non utilisées à l'époque, et éviter ainsi d'avoir à les mener à nouveau », explique Victor Peres, Associate Director Global Growth Initiatives chez Tissium.
L'entreprise a fait le choix de construire une plateforme basée sur l'IA pour faciliter le travail de ses collaborateurs. Avant de se rendre compte que les outils développés sur le marché étaient plus adaptés et d'abandonner cette dernière au profite de solutions « sur étagère ». « Le marché va très vite, nous faisons des tests avec les outils existants, nous apprenons et prenons des décisions », témoigne Victor Peres. Une approche pleine de réalisme, qui permet de chercher des solutions en fonction des besoins et usages réels.
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