Trading Haute Fréquence : des enjeux de très haute importance

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Matinale de la Recherche intitulée : « Quel avenir pour le Trading Haute Fréquence ? »
Matinale de la Recherche intitulée : « Quel avenir pour le Trading Haute Fréquence ? » (Crédits : La Tribune)
Le Trading Haute Fréquence domine désormais les activités de marché. Au point de faire de l’ombre aux investisseurs traditionnels, et d’être sans doute plus réglementé à l’avenir.

L'accroissement du Trading Haute Fréquence sur les marchés financiers soulève de nombreuses interrogations parmi les acteurs du secteur, les autorités réglementaires et les petits porteurs.

Avec une part de marché de 60% sur Euronext et près de 90% aux États-Unis, le Trading Haute Fréquence (THF) est devenu incontournable ces dernières années. Pas étonnant que les investissements dans les infrastructures informatiques dévolues au THF aient atteint 1,5 milliard de dollars aux Etats-Unis en 2013...

Résultat de cette prédominance, le THF est l'un des thèmes de recherche les plus poussés en finance, sans oublier qu'il représente des défis majeurs pour les régulateurs, notamment l'Autorité des Marchés Financiers. Ainsi, faut-il maintenir ce trading algorithmique ? Quels sont ses avantages ? Ces activités nécessitent-elles davantage de règles ?

Autant de questions évoquées au cours de la Matinale de la Recherche du jeudi 20 avril, organisée à Paris par Toulouse Business School (TBS) et intitulée : « Quel avenir pour le Trading Haute Fréquence ? ». Laurent Germain, professeur de finance à TBS et auteur de nombreux articles de recherche sur le THF, ainsi que Robin Bringuier, surveillant de marché chez Euronext, ont livré leurs perspectives.

Une modélisation inédite pour calculer les profits

Si certains se réjouissent de l'essor du THF, à l'image de Goldman Sachs, qui n'a pratiquement plus de traders humains à New York, cette évolution constitue une redoutable concurrence vis-à-vis des investisseurs conventionnels (gestionnaires d'actifs, petits porteurs), qui passent leurs ordres beaucoup moins rapidement que les algorithmes. C'est dans ce contexte que Laurent Germain a publié un article inédit dans la littérature financière, dans lequel il développe le premier modèle au monde permettant de calculer les profits des agents sur les marchés selon leur vitesse de trading.

Le THF gagne plus que les autres

À partir de son modèle inédit, basé sur un équilibre de Nash, l'enseignant-chercheur établit les conclusions suivantes : « Plus la vitesse est élevée, plus le marché est liquide, ce qui améliore la qualité des prix. Cependant, l'excès de vitesse peut nuire au profit du THF, car la vitesse représente une concurrence temporelle. Chez les autres traders, les profits baissent avec la vitesse. Enfin, la volatilité des prix diminue avec le THF, mais elle augmente avec les traders traditionnels ». Et d'ajouter : « Le THF gagne infiniment plus que les autres. Pour les petits porteurs, il ne sert à rien de gagner en vitesse face au THF. Ils doivent privilégier des stratégies à plus long terme au lieu des transactions intra journalières »

Le THF consomme de la liquidité

Après cette analyse académique, place à la pratique, avec Romain Bringuier, surveillant de marché chez Euronext : « Le THF est le principal teneur de marché du CAC 40, mais il évite les périodes inconnues, notamment lors de la publication de statistiques européennes, à 14h30, et américaines, à 16h. En ces occasions, les traders deviennent opportunistes et consomment plus de liquidité qu'ils n'en apportent ».

Quid des périodes de stress intenses, à l'image du scrutin sur le Brexit, en juin ? « Les traders haute fréquence sont moins présents sur les marchés, mais ils sont plus agressifs, en laissant de côté leur rôle de teneur de marché », répond cet expert.

De nouvelles réglementations à venir

Actuellement régit par la Directive européenne MIF 1, le THF sera encadré par MIF 2 à partir de janvier 2018. Ce dispositif  permettra d'identifier les ordres passés par chaque algorithme et d'aider ainsi les chercheurs dans leurs futurs travaux. Et « beaucoup d'autres réglementations sont à venir pour le THF », prédit Laurent Germain.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2018 à 21:13 :
Excellent article qui fait prendre conscience de l’enjeu de l’automatisation du trading sur les marchés financiers. Olivier pour myalgotrade.com
a écrit le 28/04/2017 à 9:34 :
effectivement c'est la guerre des robots en salle de marché...l'aspect humain s'est totalement effecé ces 20 dernières années.
Réponse de le 18/12/2017 à 18:25 :
LE FUTUR DE LHUMANITE SERAS QUANTIQUE..CERTAINS SUIVRONS..LES AUTRES..????????LES GENS ON PEUR DES ROBOTS..?LES ROBOTS A INTELLIGENCE EVOLUTIVE.??VOILA VOTRE FUTUR././.??

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