Participation, intéressement : Macron ressort sa marotte

Par Hugo Baudino  |   |  459  mots
Emmanuel Macron a réitéré, lors de son passage sur TF1, sa volonté de favoriser l'intéressement des salariés aux bénéfices de leur entreprise. (Crédits : Reuters)
Alors que les effets de la loi Macron sur l'épargne salariale commencent à se faire sentir, le président de la République a annoncé vouloir aller plus loin dès 2018, en revisitant les dispositifs de participation et d'intéressement.

 "Revisiter cette belle invention gaulliste de l'intéressement et de la participation", voilà le souhait du président de la République exprimé lors de son passage sur TF1 le 15 octobre 2017. Si le général de Gaulle n'a en réalité instauré que le dispositif de participation aux résultats de l'entreprise, l'intérêt d'Emmanuel Macron pour l'épargne salariale n'est pas nouveau. Le président a ainsi souhaité, "un vrai débat en 2018" afin que "tous les salariés aient leur juste part [des profits de leur entreprise, ndlr] quand les choses vont mieux".

D'éventuelles mesures en faveur de la participation et de l'intéressement seraient donc le pendant des ordonnances réformant le code du travail, car ces dernières sont censées aider l'entreprise quand elle va moins bien. "Quand une entreprise a une difficulté, il faut que, par le dialogue social, on puisse ajuster les choses, c'est l'objet de cette plus grande flexibilité" induite par les ordonnances.

La loi Macron soutenait déjà l'épargne salariale

Le président de la République a ensuite rappelé son histoire avec l'épargne salariale à l'époque où il était ministre de l'Economie : "J'ai porté en tant que ministre des réformes qui permettaient aux dirigeants, aux cadres d'entreprise d'avoir leur part de la réussite pour attirer les meilleurs du monde en France, ou les garder. Je veux aussi que tous les salariés aient leur juste part quand les choses vont mieux, par le dialogue."

Emmanuel Macron avait en effet pris plusieurs mesures censées favoriser le partage des profits via les différents dispositifs d'épargne salariale et d'actionnariat salarié. Parmi les mesures de la fameuse "Loi Macron" en faveur de l'épargne salariale, on retrouvait notamment une baisse du forfait social, cet impôt forfaitaire payé par les entreprises sur les primes versées. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, son taux a été abaissé de 20 à 8% pendant les six premières années suivant la première mise en place d'un dispositif d'épargne salariale. Il a également été réduit à 16% pour les sommes investies dans les Perco affectées en partie au financement des PME/ETI.

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La volonté annoncée par le président de favoriser à nouveau l'épargne salariale dès 2018 aurait pu se heurter à une mesure contradictoire : la fin des taux historiques sur les plans d'épargne en entreprise. Bien heureusement, Emmanuel Macron devrait éviter l'incohérence, cette mesure ayant disparu de la dernière version du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018.

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(avec AFP)