Bernard Thibault dénonce le chômage partiel

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a dénoncé ce lundi les mesures de chômage partiel auxquelles ont recours un nombre grandissant d'entreprises, notamment dans l'automobile. Ce dispositif permet aux entreprises de réduire le temps de travail de leurs salariés en cas de difficultés passagères et d'être en partie remboursées par l'Etat des rémunérations versées.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé le 1er décembre que le chômage partiel constituait "un avantage pour les entreprises" qui "tirent les bénéfices" de l'indemnisation par l'Etat.

Le chômage partiel, également appelé chômage technique, est un dispositif financé en partie par l'Etat qui permet à une entreprise de maintenir l'emploi en réduisant temporairement les horaires de ses salariés en cas de difficultés passagères.

"Je trouve un peu fort de café que les entreprises, lorsqu'elles estiment la période propice, fassent travailler davantage et de manière plus soutenue et en tirent les bénéfices et, lorsque ça ne va pas, elles se tournent vers l'Etat pour indemniser un peu mieux les salariés sur les comptes publics", a souligné Bernard Thibault. "Nous ne sommes pas pour que les entreprises privatisent les profits et nationalisent les pertes", a-t-il déclaré.

Sur le chômage partiel, "le gouvernement demande aux salariés de s'accommoder du fait qu'ils peuvent devenir des intermittents du travail, (...) que le marché du travail de demain sera fait d'aller-retour chômage-travail pour un plus grand nombre et plus systématiquement", avait déploré Bernard. Thibault devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis) la semaine dernière.

En cas de chômage partiel, l'employeur doit verser au salarié 50% de sa rémunération brute, avec un montant minimum de 4,42 euros par heure chômée. Il se fait ensuite rembourser par l'Etat une allocation spécifique dont le montant horaire est de 2,13 euros pour les entreprises de plus de 250 salariés, et de 2,44 euros pour celles de 250 salariés et moins. Le quota d'heures autorisées est de 600 heures par an et par personne. Lorsque le chômage partiel se prolonge au-delà de quatre semaines d'affilée, on parle de "chômage partiel total": les salariés peuvent alors s'adresser aux Assedic pour bénéficier de l'allocation d'aide de retour à l'emploi pour une durée de six mois au maximum.

Afin de faciliter le recours au chômage partiel, Nicolas Sarkozy a déclaré fin novembre qu?il jugeait "urgent de relever le montant minimum de l?indemnisation" du chômage technique pour la porter au niveau du Smic. Il a demandé aux partenaires sociaux "d?augmenter le taux de prise en charge des rémunérations perdues qui n?est aujourd?hui que de 50%". Il a enfin proposé de passer de 600 à 800 le nombre d?heures de chômage partiel autorisées, voire à 1.000 dans les secteurs les plus en difficulté, et de "porter de quatre à six semaines la durée consécutive d?activité partielle".

Ces dernières semaines, de nombreuses entreprises ont annoncé des mesures de chômage partiel, notamment dans l'automobile (PSA, Renault, Renault-Trucks, Faurecia, Michelin, Valeo, Mefro) mais aussi la sidérurgie (ArcelorMittal).

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Commentaires 2
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Chomage partiel ,travail partiel, repas partiel,logement partiel,salaire partiel.Ou est le temps ou un ouvrier qui travaillait, vivait normalement;maintenant un ouvrier travaille pour survivre ,lorsqu'il peut travailler.Maintenant on doit s'accomoder...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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c'est la conséquence de mesures gouvernementales finançant le différentiel pour obtenir le smic au minimum. Et toutes les boites de se ruer sur l'occasion. Le déficit se creuse à une allure vertigineuse et nos entreprises ne font aucun effort pour so...

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