Sans le soutien de la relance, le pouvoir d'achat ralentira en 2010

 |   |  357  mots
Il a sensiblement augmenté en 2009, grâce à la relance et au recul des prix.

Le fait est suffisamment étonnant pour être souligné : selon l'Insee, le pouvoir d'achat des ménages augmente sensiblement en 2009 (+2,2 %), alors même que l'activité économique enregistre son plus net recul depuis la mise en place d'une comptabilité nationale, au début des années 1950. Si l'on s'en tient aux seuls revenus tirés de l'activité, la crise est bien visible. La masse des salaires distribués par les entreprises et administrations stagne (+0,1 % sur l'ensemble de l'année 2009), tandis que le revenu des entrepreneurs individuels baisse de 1,1 %. Le soutien est donc venu d'ailleurs. D'abord d'une baisse des prix. En moyenne, sur l'ensemble de l'année, ils baissent de 0,2 % (effet de la chute des tarifs pétroliers début 2009). Même les restaurants diminueraient leurs prix de 2 %.

Et surtout, c'est le plan de relance, ainsi que le système d'indemnisation du chômage, qui permettent la hausse des revenus. L'Insee souligne le bond en avant des « prestations d'assistance sociale », décidées par l'État, dont le volume augmente cette année de 11,4 % ! Et de souligner l'instauration d'une prime dite de « solidarité active » versée en avril, la prime de 150 euros aux bénéficiaires de l'allocation de rentrée scolaire, ainsi que la mise en place du revenu de solidarité active, en juin. À cela s'ajoutent les prestations dont le versement est automatique, comme celles versées au titre de l'assurance chômage (+ 4,7 %).

C'est donc bien l'intervention publique, discrétionnaire ou non, qui est à l'origine de la hausse du pouvoir d'achat. Celui-ci a été soutenu par la baisse des prélèvements obligatoires, pour une grande part mécanique : les revenus ayant ralenti dès 2008, les ménages ont payé moins d'impôt sur leurs revenus. En outre, plus de 5 millions de foyers fiscaux ont échappé au paiement des deux premiers tiers d'impôt. Le hic, c'est que les mesures prises en faveur des ménages ont été conçues comme exceptionnelles. Les effets de la relance s'estompent donc, tandis les prix repartent plutôt à la hausse. D'où un ralentissement du pouvoir d'achat au cours des mois à venir, qui risque de peser sur la consommation, et donc d'affaiblir l'activité.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :