Le nouveau schéma autoroutier bloqué pour cause d'élections régionales

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Le nouveau schéma national des infrastructures de transports était censé être élaboré avant la fin 2009.

Un nouvel accroc au Grenelle de l'environnement ? Plusieurs ONG écologistes associées à la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) dénoncent le non-respect par le ministère de l'Ecologie de l'une des dispositions qu'il a lui-même fait voter dans la loi Grenelle 1. Cette loi votée en octobre 2008 prévoyait en effet que l'Etat s'engageait à élaborer un nouveau Schéma national des infrastructures de transport (Snit) "avant la fin 2009". "Cet engagement ne sera pas tenu", protestent les ONG "laissant la voie libre aux lobbies et aux pouvoirs locaux pour opérer, sur le terrain, une véritable relance autoroutière".

Lors du Grenelle, la question de la révision de la politique des infrastructures de transport avait fait l'objet de vifs débats. Un consensus s'était dégagé pour admettre qu'il fallait désormais, afin de lutter contre les émissions de carbone dont le secteur des transports est l'un des principaux responsables (27% des rejets de CO2 du pays), privilégier le développement des moyens de communication et de transport sobres en carbone. En clair, cesser de favoriser les déplacements par la route.

La loi Grenelle 1 avait officialisé ce principe en imposant une inversion des priorités de transports afin de se donner les moyens d'aboutir aux engagements nationaux prévus par la même loi qui chiffre à 20% la réduction des émissions de dioxyde de carbone d'ici à 2020.

Le ministère du Développement durable affirme que "les travaux d'élaboration du schéma sont bien engagés et qu'ils se poursuivent" tout en reconnaissant du bout des lèvres qu'un léger retard a été pris par ce chantier. Plus confidentiellement, une source au même ministère explique que "le schéma aurait pu être élaboré plus rapidement mais qu'il était plus que freiné par la perspective des élections régionales de mars 2010". Difficile en effet pour un élu local "d'annoncer juste avant le scrutin l'abandon du projet autoroutier qu'il avait promis de défendre lors de sa précédente campagne"...

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