L'Elysée annonce des mesures pour la médecine générale dès 2011

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Dans un rapport remis vendredi à Nicolas Sarkozy, l'ancienne ministre de la Santé, Elisabeth Hubert, propose un ensemble de mesures allant de l'installation de généralistes dans les "déserts médicaux" à la refonte de la rémunération des professionnels de santé.

Alors que le système de santé français est encore réputé l'un des meilleurs du monde, Elisabeth Hubert, ancienne ministre de la santé, fait état de difficultés "réelles" à accéder à une offre de soins "en un temps court et à des conditions financières acceptables". C'est pourquoi, le rapport qu'elle a a rendu vendredi à Nicolas Sarkozy propose un ensemble de mesures pour améliorer l'exercice de la médecine générale.

Les propositions vont de la réforme des études médicales à l'encouragement des regroupements en passent par une refonte de la rémunération des professionnels de santé et l'incitation à l'installation de praticiens généralistes dans les "déserts médicaux".

Des consultations à prix variables

L'ex-ministre propose notamment des consultations à prix variables chez le généraliste dont le montant peut aller jusqu'à 70 euros pour "une consultation longue et difficile". Par ailleurs, constatant que les jeunes générations de médecins préfèrent travailler en groupe que seuls, le rapport préconise de favoriser "les regroupements pluriconfessionnels".

Le gouvernement prendra dès 2011 des mesures pour améliorer l'exercice de la médecine libérale, a indiqué l'Elysée. Dans cette optique, Nicolas Sarkozy a demandé au ministre et à la secrétaire d'Etat à la Santé, Xavier Bertrand et Nora Berra, ainsi qu'à la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, d'engager "très rapidement" des concertations avec les professionnels de la santé pour préparer ces mesures.

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Commentaires
a écrit le 28/11/2010 à 19:25 :
J?ai lu intégralement le rapport de Mme Elisabeth HUBERT. Concernant l?évolution de la rémunération des médecins libéraux, il est acté (p. 108) :
« La conséquence d?un tel changement (de mode de rémunération N.D.L.R.) (?) ne saurait se traduire par une diminution de leurs revenus dont on sait qu?ils sont déjà en France inférieurs à ceux des médecins d?autres pays ».
Ce rapport ne prévoit donc pas de revalorisation des médecins libéraux, et notamment des médecins généralistes.
Selon un rapport récent de l?OCDE, le revenu du médecin généraliste français est d?environ 20% plus faible que celui du généraliste allemand et 40% plus faible que celui du généraliste anglais (OECD HEALTH WORKING PAPERS NO.41 THE REMUNERATION OF GENERAL PRACTITIONERS AND SPECIALISTS IN 14 OECD COUNTRIES: WHAT ARE THE FACTORS INFLUENCING VARIATIONS ACROSS COUNTRIES? Rie Fujisawa and Gaetan Lafortune. 18 décembre 2008).
Dans ces conditions, les internes de médecine générale continueront de choisir massivement une activité salariée qui offre une rémunération rapportée au temps de travail plus intéressante (Selon une enquête récente du Conseil National de l?Ordre des Médecins, 10% des jeunes généralistes choisissent de s?installer, contre 65% qui choisissent un poste salarié, le reste n?effectuant que des remplacements). Et ils continueront d?être rejoints par un certain nombre de généralistes installés qui dévissent leur plaque vers 45-50 ans pour se tourner vers une activité salariée ou n?effectuer que des remplacements.
Sur le principe, la modulation de la rémunération est vraiment très intéressante en théorie, mais sera inefficace si elle ne s?accompagne pas d?une revalorisation significative. Faut-il donc envisager dans ces conditions d?effectuer cette grande réforme qui sera coûteuse en temps, en énergie et en moyens financiers ?

La lecture de ces informations peut amener à considérer les médecins comme une catégorie de privilégiés qui veulent gagner toujours plus d?argent. C?est pourquoi, il semble utile que chacun se pose la question suivante : si vous avez le choix entre un poste salarié dans la fonction publique (35 heures hebdomadaires avec une solide protection sociale) ou la même activité en libéral (57 heures en moyenne pour un médecin généraliste en ne comptant que sur soi-même) pour un différentiel de rémunération de plus en plus faible, que choisirez-vous ? C?est exactement la situation à laquelle sont confrontés les médecins généralistes depuis une dizaine d?années.

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