L'inflation est de retour

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DR (Crédits : VIA BLOOMBERG NEWS)
Par Marc Fiorentino, Allofinance.com

J'ai un scoop ! L'inflation est de retour. Pour l'instant, elle n'est visible que dans les pays émergents. En Chine avec la flambée des prix alimentaires, en Inde du fait d'une croissance encore à 9 % au troisième trimestre, au Brésil du fait de flux ininterrompus de capitaux et dans tous les autres pays émergents. C'est un problème majeur pour ces pays qui n'ont pas d'autre voie que de monter les taux d'intérêt et d'imposer des taxes sur les investissements étrangers. Sans réel succès pour l'instant.

Elle va arriver aux États-Unis. En effet, les États-Unis impriment, sous l'oeil bienveillant de Ben Bernanke, jour et nuit des billets verts. Des vrais, pas des faux. Mais les vrais auront bientôt autant de valeur que les faux. Car la Fed a choisi son camp. Pour résoudre et le problème de la dette et le risque de déflation, elle a opté pour la solution de la planche à billets. Sans état d'âme et sans crainte des conséquences pour le reste du monde et même pour les États-Unis. Or, aujourd'hui, l'économie américaine a non seulement échappé au double « dip » mais elle semble même croître à un rythme largement supérieur aux anticipations. La consommation, la production, les investissements repartent. Et l'emploi semble sortir de la torpeur. Ce n'est pas une sortie définitive de crise. Loin de là. Mais c'est une nette amélioration. Et une reprise économique conjuguée à une injection massive de liquidités ne peut que produire de l'inflation.

Reste l'Europe. Dernier rempart du dogme de la lutte contre l'inflation. Jean-Claude Trichet, formé à l'école allemande, a résisté. Il a arrêté, malgré la faiblesse de la reprise en Europe, le « quantitative easing ». Mais les marchés, en continuant à s'attaquer aux dettes européennes et en s'approchant dangereusement de l'Espagne et de l'Italie, l'ont obligé à revoir sa copie. Lui aussi a rebranché son imprimante et sort des plaques d'euros pour sauver la monnaie européenne. L'inflation mettra plus de temps à être perceptible en Europe mais si la BCE continue à arroser le marché d'euros et si l'Europe, entraînée par la formidable croissance de l'Europe du Nord et de l'Allemagne, rebondit, l'inflation sera obligatoirement aux rendez-vous.

Une chose est sûre. À l'heure actuelle, la balance penche plus vers l'inflation que vers la déflation. Tant mieux ? Probablement. La déflation est une spirale destructrice, l'inflation, à petite dose, est une bonne nouvelle. Le problème, c'est que personne ne sait comment contrôler l'inflation une fois qu'elle est installée. Si elle dérape, les conséquences seront tout aussi dévastatrices que la déflation.

Attendez-vous donc à une année 2011 d'inflation, plus ou moins forte selon les zones économiques. Avec, comme conséquence immédiate, le krach obligataire souvent annoncé. Un krach obligataire qui a déjà touché les pays faibles de l'Europe mais qui pourrait s'étendre à tous les pays développés et aux pays émergents en surchauffe. Ne vous ruez plus sur les emprunts d'État même si on vous les présente comme des valeurs refuges. La pierre déjà en ébullition en France va continuer, dans un scénario de retour de l'inflation, à attirer les capitaux des ménages. L'or risque aussi de continuer à s'envoler poussé par la spéculation et par les particuliers qui stockent des lingots (ou des lingotins) sous leur lit.

Les banques centrales ont utilisé l'arme massive de la liquidité pour résoudre la crise. Elles ont donc choisi de prendre le risque de faire ressurgir le spectre de l'inflation. Reste à savoir si le génie de l'inflation qui sort de la lampe se transformera en ange ou en démon.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2010 à 9:20 :
L'inflation est le seul remède pour contrer la gabegie de l'Etat ! Tout le monde trinque, les plus fortunés en tête ! La Justice passe !
a écrit le 13/12/2010 à 14:48 :
Heu, ... désolé Marc, mais l'inflation, ce n'est pas quand on augmente les salaires pour rattraper les prix qui montent ??! Parce que là, oui, les prix augmentent, mais pour les salaires ...
Réponse de le 13/12/2010 à 23:34 :
En effet, c'est la hausse des prix des biens. Souvent, les salaires suivent plus tard, pas les rentes.
a écrit le 13/12/2010 à 13:09 :
l'inflation n'est-elle pas le seul moyen de redistribuer les cartes sociales et de relancer la valeur travail par rapport à la " rente ". et d'éviter une explosion sociale . Avec une économie aussi ouverte que la notre impossible de savoir qui sera gagnant à terme ..
Les pays détenant des matières premières ou les pays détenant un fort capital humain en age de travailler ? Les perdants seront inevitablement ceux qui ont investi dans des obligations à taux fixe .
Réponse de le 13/12/2010 à 14:42 :
OUI à la condition que les salaires et les retraites soient indexés, mais devant le peu de motivation de nos compatriotes, Le MEDEF et l'UMP vont faire chuter le niveau de vie des Francais
a écrit le 12/12/2010 à 9:54 :
Eh, Marc, une fois tu dis un truc bien pensé, une fois une connerie ? Et tu arrives à te faire payer comme ça ? Bravo ! C'est quoi ton truc ? Ta bonne gueule ? Pas de chance pour moi sur ce plan là...

Donc non, pas d'inflation chez nous avant des décennies, tant que toute la dette aura pas été brulée. D'ici là, déflation, dépression, chomage...
Ou guerre, dictature, c'est possible aussi...
Tu prends des paris ? ;)
a écrit le 11/12/2010 à 20:14 :
Ca peut-être une bonne chose si ça permet de mieux maîtriser notre endettement à condition toutefois d'adopter par la suite une attitude vertueuse en maîtrisant également nos déficits.
a écrit le 11/12/2010 à 17:57 :
Etrange d'écrire que ce sont des vrais dollars et non des faux que fabrique la planche à billets ! Cette masse demain comme hier va transporter cette inflation appelée bulle là où elle sera concentrée ; douteux que le niveau de vie de l'américain moyen en profite , surtout quand il " va à la soupe populaire". Ce retour de l'inflation n'est qu'un déplacement de cible tant celle-ci est soigneusement préservée par l'inondation de liquidités , au grand mépris de la solvabilité. C'est la dévalorisation larvée sinon brutale des valeurs d'actifs passées .
Alors , le krach obligataire succédera au krach boursier de 2008 et à coup d'échanges et de swaps de véhicules les créanciers remplaceront leurs obligations , jusqu'au moment d'un règlement liquidatif brutal.
a écrit le 11/12/2010 à 17:32 :
Une inflation "costaude" incitera les personnes qui thésaurisent à relancer la consommation. Le problème c'est la majorité des gens qui vivent sur leurs (bas) salaires.
a écrit le 11/12/2010 à 16:50 :
On parle d'inflation, mais si les revenus continuent à être bloqués, comment voulez-vous relancer notre pouvoir d'achat, si tout exonérablement continue à augmenter à une vitesse vertigineuse (nourriture, edf, gdf, eau, mutuelles, assurances, loyer, immobilier, etc...etc...). Les voitures qui en grande majorité sont construites à l'étranger ne sont pas pour autant abordables, idem pour les vêtements, etc...etc
J'aimerais bien qu'un grand économiste nous donne la réponse.
Réponse de le 13/12/2010 à 9:27 :
La situation économique actuelle n'est pas viable à terme selon Maurice Allais; seul prix Nobel d'économie, très connu à l'étranger et très peu en France, hormis le Front national dont le programme économique s'est largement inspiré de ce génie en économie. A terme donc, il y aura un effondrement systémique en Europe et dans le monde s'il n'y a pas un changement radical de politique !!!
a écrit le 11/12/2010 à 13:55 :
"Or, aujourd'hui, l'économie américaine a non seulement échappé au double « dip » mais elle semble même croître à un rythme largement supérieur aux anticipations. La consommation, la production, les investissements repartent. Et l'emploi semble sortir de la torpeur."

Sérieusement, il va chercher où ces affirmations ? Toutes les dernières données stats indiquent le contraire.

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