Les diplômes universitaires peinent encore à percer dans les entreprises

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Les jeunes diplômés d'universités peinent à trouver un place dans les entreprises.
Depuis la loi sur l'autonomie, l'insertion professionnelle est inscrite dans les missions des universités. Mais les entreprises, notamment les PME, se montrent encore frileuses.

"Le débat national sur l'emploi des jeunes démontre chaque jour un plus qu'il est nécessaire de rapprocher la formation et l'emploi", a martelé Patrick Hetzel, le directeur général pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle, en clôture du colloque annuel des présidents d'université (CPU), consacré à la licence, il y a 10 jours à Toulouse. Pour fêter ses quarante ans, l'université de Paris Est-Créteil (Upec) organise le 8 juin une "rencontre autour de 40 ans de professionnalisation" et signera à cette occasion une convention avec BNP-Paribas. Tout un symbole. L'insertion professionnelle est de fait l'un des grands enjeux des universités, a fortiori depuis la loi LRU de 2007 sur l'autonomie qui l'inscrit comme l'une de leurs missions fondamentales (le taux d'insertion compte désormais dans le calcul des moyens accordés à chaque université).

Nouveaux métiers

Mais les universités "y travaillent depuis longtemps avec les entreprises, notamment sur les nouveaux métiers", tient à rappeler Françoise Moulin-Civil, vice-présidente de la commission de la formation et de l'insertion de la CPU. C'est encore plus vrai pour les "jeunes universités", plus en pointe sur le développement des stages, des portefeuilles d'expériences et de compétences et des plateformes d'emploi. "L'insertion professionnelle fait partie du code génétique de l'Upec depuis sa création", estime ainsi Philippe Bizeul, directeur du service d'orientation et du bureau d'aide à l'insertion professionnelle (BAIP) de l'Upec. Seulement, en imposant la création des BAIP, la LRU a "rendu plus visible et officielle" en interne cette mission et "les universités ont compris que l'insertion professionnelle est bien l'objectif final", admet Françoise Moulin-Civil. Les directeurs de BAIP d'Ile-de-France (17 universités) ont ainsi créé un "cercle" (le Cedipre) en mars dernier pour mutualiser leurs efforts en direction de "communautés d'entreprises".

Les établissements s'évertuent donc rendre plus "lisible" leur offre de formation, salue Christian Darantière, directeur délégué de l'Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés (Afij), que ce soit en direction des étudiants que des entreprises, tous niveaux confondus (licence, master et doctorat). Sachant que si les masters sont bien perçus par les entreprises, les doctorats, pourtant référence à l'internationale mais non reconnus dans les conventions collectives en France, peinent à faire leur trou face aux diplômes de grandes écoles et les licences générales sont encore très peu identifiées par les recruteurs, qui leur préfèrent encore les diplômes "professionnalisant" tels le BTS ou le DUT. "La licence est un diplôme intermédiaire peu identifié par les PME qui demandent des compétence en anglais et informatique par exemple. Les diplômés d'université doivent être employables et pouvoir s'adapter", a ainsi témoigné au colloque de la CPU, Daniel Thébault, président du Medef Midi-Pyrénées, reconnaissant que les universités "rendent leurs étudiants plus autonomes que les grandes écoles."

Evangélisation


L'employabilité des diplômés d'université en entreprise est encore plus difficile pour les postes à responsabilité. "Ces postes sont préemptés par les diplômés des écoles d'ingénieur et de commerce", constate Christian Darantière. Et ces diplômés se cooptent ensuite entre eux. Seule des universités sélectives comme Dauphine font jeu égal (La Tribune du 13 mai 2011). Nombre d'universités ont commencé à travaillé sur leurs réseaux d'anciens mais c'est un travail de longue haleine. Surtout, en face, les entreprises rechignent encore. "Je ne sais pas si les entreprises ont évolué dans les même proportions que les universités", s'interroge Christian Darantière. Les universités conviennent qu'un long travail d'évangélisation, voire d'acculturation, mais aussi de marketing est nécessaire.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2013 à 13:15 :
@FG Les gens ne sont pas naturellement des boulets? Non parce que penser comme vous c'est vraiment ridicule.
On parle d'insertion des diplômés universitaires. On mets donc toutes les filières dans le même sac. Et bim on dit que l'université est nulle.

De quelles filières "nulles" parlent-ont? Eh bien Bio comme vous dites. Mais aussi Histoire, Geo, Social, Psycho. Tant de filière qui fabrique beaucoup de diplômé pour assez peu de demande.

Quelles filières remontent la moyenne? Les diplômes dans des filières "du futur" en Informatique, Mécanique, Énergétique, etc. Et ne t'en inquiète point, ils s'arrêtent à bac +5 car il existe (oui oui) un diplôme appelé "Master Pro". Ces Masters sont bien supérieurs à certaines écoles d'Ingénieur. Oui oui, quand on se penche sur le programme de certaine formation d'ingénieur, ça fait peur...

Ensuite on ne fait pas de distinction entre ceux qui sortent de Licence, Master et Doctorat. Les insertions professionnelles ne sont pas tout à fait les mêmes...

Sinon comme l'a si bien dit Lud, je n'ai lu que le titre. Ensuite le blablabla habituel on le connait tous...
a écrit le 01/06/2012 à 11:34 :
Bac+12, je confirme que les diplômes universitaires, surtout en biologie ne valent rien sur le marché du travail (plus on a de diplômes et pire c'est). L'université aurait-elle produit des diplômes boulets ?

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