Aubry et Hollande embarrassés par l'idée de "démondialisation" de Montebourg

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Le "troisième homme", Arnaud Montebourg, a écrit aux deux candidats encore en lice pour qu'ils reprennent les mesures phares de son programme. Réponse des opposants au second tour : pas de "politique en zigzag" pour François Hollande et "ne rien changer" tout en trouvant des points d'accord, pour Martine Aubry.

C'est l'un des enjeux de l'entre-deux tours de la primaire socialiste : des deux candidats encore en lice, qui va être le plus Montebourg compatible ? Le "troisième homme " a en effet décidé d'écrire une "lettre ouverte" aux deux finalistes, leur demandant de reprendre à leur compte ses thèmes de campagne. Les programmes économiques de Martine Aubry et de François Hollande peuvent-il intégrer, en tout ou partie, le concept de "démondialisation", cher à Monsieur 17% ? Revue de détail.

La "mise sous tutelle" du système bancaire. Arnaud Montebourg milite ouvertement pour l'entrée de représentants de l'État dans les conseils d'administration des banques ainsi que pour une séparation nette entre banques d'affaires et banques de dépôt. Ce dernier point ne fait pas débat, il est prévu dans le projet socialiste. En revanche, s'agissant de la participation de l'État, François Hollande ne la pose pas en principe de préalable, il ne l'envisage que si des banques françaises demandent un soutien. Martine Aubry, non plus, n'évoque pas une prise de contrôle a priori mais revendique un encadrement des bonus.

Taxe sur les transactions financières. Le député de Saône-et-Loire prône pour payer la "dette de crise" l'instauration immédiate d'une taxe sur les transactions financières de 0,1 % limitée, s'il le faut, à la France et l'Allemagne. François Hollande, lui, parle des "pays européens qui sont d'accord". Martine Aubry ne précise pas mais rappelle constamment que le projet socialiste évoque une taxation limitée à 0,05 %.

Protectionnisme. Arnaud Montebourg défend une "région européenne" capable de se protéger des produits chinois par des barrières sanitaires, sociales et environnementales. Martine Aubry défend l'idée d'un taux de TVA différencié en fonction du niveau d'émission de CO2. François Hollande, lui, ne considère pas le protectionnisme européen comme une réponse aux dérégulations induites par la mondialisation.

Crise grecque. Arnaud Montebourg se dit persuadé que la "défaisance" de la zone euro est pour demain. Il parie, après la Grèce, sur un défaut de l'Espagne dans les deux mois. Martine Aubry et François Hollande, continuent de vouloir soutenir la Grèce et militent pour la création rapide d'eurobonds afin de mutualiser la dette.

Les questions sociales. Si les trois socialistes - plus mollement pour François Hollande - défendent un retour à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont la durée de cotisation requise, Arnaud Montebourg, en revanche, considère que la création de 300.000 emplois d'avenir, idée chère à Martine Aubry, n'est pas "à la hauteur du problème"  et se montre sceptique sur le rétablissement de 60.000 postes d'enseignants évoqué par François Hollande.

Les voix de Montebourg convoitées, mais pas à n'importe quel prix...

François Hollande a déclaré ce mardi sur France Info : "je ne vais pas faire une politique en zigzag en fonction des personnes que je voudrais convaincre", sans cité le nom d'Arnaud Montebourg. "J'essaye de rester sur une cohérence, sur une constance, sans avoir besoin de changer mon propre discours", a-t-il ajouté. "Je ne courrai pas pour faire toutes les chansons à tous ceux qui demandent un peu plus et qui ont des urgences. Vous avez vu l'état des finances publiques, de la dette? Je ne peux pas promettre ce que je n'ai pas", a poursuivi le député de Corrèze. "Je recherche le rassemblement le plus large sans rien perdre de la ligne directrice qui est la mienne, de ma cohérence", a-t-il plaidé.

Le rival de Martine Aubry, qui l'accuse implicitement d'incarner une "gauche molle", a répliqué sur un ton inhabituellement offensif. Il ainsi a assené: "Je ne me ferai donner aucune leçon, de qui que ce soit, sur ma position, sur ma constance, sur ma cohérence et sur mon sens du rassemblement"."J'ai dirigé pendant 11 ans le Parti socialiste, je ne l'ai jamais fait dévier. Je n'ai jamais fait d'alliance avec le Centre, je n'ai jamais été comme une espèce de mouche qui va autour des pots de confiture pour savoir laquelle elle est la plus offrante", a-t-il expliqué.
Une allusion voilée à l'alliance que Martine Aubry avait scellée avec le Mouvement Démocrate du centriste François Bayrou lors des élections municipales de 2008.

Martine Aubry interrogée sur France 2, a de son côté, défendu son indépendance tout en multipliant les ouvertures vers l'électorat d'Arnaud Montebourg. "Je ne défends que ce à quoi je crois, et donc je ne changerai pas, a-t-elle prévenu. Mais la maire de Lille a ensuite décliné les sujets - banques, Europe, République nouvelle - sur lesquels elle affirme être en parfaite concordance avec Arnaud Montebourg.

"Je dis depuis 2008 qu'il faut mettre au pied les banques", a-t-elle rappelé, alors que l'élu de Saône-et-Loire prône une mise sous tutelle des banques. "Je crois qu'il a raison de dire qu'il faut que les banques 'retrouvent leur boulot', c'est-à-dire agir pour l'emploi et pour aider les particuliers. Je suis d'accord là dessus et j'ai fait des propositions", a dit Martine Aubry.

Quant à la "VIe République" dont Arnaud Montebourg souhaite l'avènement, elle a redit son projet d'une "grande réforme constitutionnelle". "Nous avons besoin de retrouver la morale, nous avons besoin dans un climat d'affaires épouvantable de changer, y compris les règles de fonctionnement de la présidence", a-t-elle souligné.

Concernant le protectionnisme qu'appelle de ses voeux Arnaud Montebourg, elle a répondu  "Je n'aime pas ce mot. Si on ferme les frontières, la moitié des Français qui travaillent pour l'exportation, leurs produits ne sortiront plus", a plaidé Martine Aubry. "En revanche, j'ai inscrit dans les textes (...) le juste échange".
"Ni libre échange, ni protectionnisme. Il faut en effet protéger nos entreprises contre des délocalisations qui sont inacceptables (...) et en même temps, empêcher qu'on nous fasse concurrence sur de mauvaises bases", a-t-elle détaillé.

Arnaud Montebourg entretien le suspense sur une éventuelle consigne de vote en faveur de l'un ou l'autre des prétendants. "Je ferai certainement un choix" pour le second tour de la primaire d'investiture socialiste opposant François Hollande à Martine Aubry, a déclaré mardi Arnaud Montebourg.
 

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a écrit le 12/10/2011 à 0:49 :
@ ben voyons: Vous faites bien partie de ceux qui ne sont jamais contents et qui trouvent toujours a redire meme lorsque l'evidence des benefices d'un vrai sursaut democratique s'abbat enfin sur la france. Pour une fois dans ce pays, les citoyens ont decide a la place des politicards et des magouilles des chasses gardees partisanes. Oui cela a un prix largement moindre que le renflouement des banques et les 450 millions d'euros depenses en Lybie! Pourquoi toujours se plaindre sur des broutilles? La democratie participative est en marche, elle a un coup qui est tout a fait derisoire par rapport au transfert democratique et transparent du pouvoir vers les citoyens.
Réponse de le 12/10/2011 à 8:42 :
Peuh !....
Réponse de le 12/10/2011 à 13:44 :
@marie, Au diapason: DEUH! BEUH! MEUH!....
a écrit le 11/10/2011 à 21:17 :
suite et fin
Sur le fond cette désignation du candidat d'un parti est légitime et résolument démocratique, mais doit être organisée dans les permanences du parti correspondant , car la mise à disposition de locaux et d'employés communaux à cet effet ne reposent sur aucun fondement légal, et encore moins constitutionnel sauf erreur de ma part, surtout quand c'est le contribuable qui paye par ses impôts locaux in fine.
En conséquence, le ou la candidate du PS choisie par les votants doit s'engager devant les médias à rembourser intégralement aux mairies organisatrices tous les frais correspondants, c'est une question d'honnêteté et surtout de responsabilité envers les citoyens et les contribuables.
a écrit le 11/10/2011 à 21:04 :
la vraie question serait plutôt : qui va payer les primaires du PS ? En effet, alors qu'il s'agit d'une désignation interne du candidat de ce parti, le mode de scrutin a pourtant été effectué dans les bureaux de vote des mairies ou établissements publics réservés aux élections légales et seules véritables (élections cantonales, législatives, présidentielles) avec l'utilisation du personnel communal à cet usage privé payé en heures supplémentaires par la Mairie qui les a réquisitionné. Comme le PS se décrit comme un parti responsable, le plus simple est qu'il prend à sa charge tous les frais qui en résultent ... c'est une question d'honnêteté envers ses électeurs et le contribuable, car sinon, ce serait un abus de biens sociaux.
a écrit le 11/10/2011 à 17:32 :
C'est la, a mon avis, que des primaires sont dangereuses et nefastes. Elles encouragent la demagogie et les promesses en tout genre. Je fais un parallele entre Montebourg et le tea party. Tous les 2, Montebourg a gauche et le tea party a droite, font des propositions demagogiques qui, comme toutes propositions demagogiques, peuvent seduire, mais qui sont dangereuses et irrealisables et inacceptables pour le centre modere.
a écrit le 11/10/2011 à 15:42 :
La gauche n'a vraiment aucune idée des problèmes du pays et veut les résourdre par de l'irréalisme utopique d'une société socialiste.

Pendant que bien sur, ils s'en mettent plein les poches.

Avec la Gauche, la France deviendra une republique encore plus bananière, ridiculisé face aux economies de marché libre qui marchent bien tel l'Allemagne.

Et quand leurs plans vont bien sur echouer, ils se tourneront vers + d'actions militaires et + d'immigration pour distraire le peuple de base : TOUT CE DONT LA FRANCE A BESOIN. Sans oublier imposer des tarifs et toute sorte de protectionisme pour que le pays s'isole encore plus.

Meme les pays les plus socialistes tel la Chine ou la Corée du Nord rigoleront.

Réponse de le 11/10/2011 à 16:48 :
@ Hans: Parce que tu crois qu'avec la droite, cela va être tellement différent :-) Je présume aussi que tu es allé en Chine et en Corée du Nord pour tes affirmations :-)
Réponse de le 12/10/2011 à 8:43 :
Peuh !...
a écrit le 11/10/2011 à 14:04 :
Moi je crois que le problème émergent et fondanmental c'est la relocalisation ...
a écrit le 11/10/2011 à 13:48 :
mes commentaires:
1/ mettre les banques sous tutelle:
1.1 il y a dans chaque pays un organisme officiel de contrôle des banques; chacun est bien sûr chacun sous le contrôle du gouvernement de l'Etat; les mauvais produits financiers mis sur le marché prouvent que les organismes de contrôle et les politiques n'ont pas remplis correctement leur rôle.
1.2 on a vu dans le passé JC Trichet au Conseil d'Adminstration du Crédit Lyonnais; cela n'a pas empêché ce dernier de faire des investissements scabreux qui ont coûté très cher à notre pays
2/ taxes sur les transactions financières: reste à savoir si cette mesure sera internationalisée; sinon les transactions risquent de se faire hors Europe; impact déjà chiffré, oui ou non?
3/ protectionisme: dès que la Chine verra qu'on taxe ses produits, elle en fera autant des nôtres; adieu aussi au développement tous azimuts de nos Carrefour en Chine, de nos Décathlon peut-être,... j'ai vécu en Chine, ils seront rapides et directs dans la riposte; donc impact déjà chiffré, oui ou non?
beaucoup de pays européens ont été et sont toujours mal gérés; les règles de Maastrich sont nettes, il faut les faire respecter pour les pays Euro.
4/ retraite: la sécurité sociale est aussi nécessaire à la protection des français que l'armée; on ne demande pas à l'armée d'être rentable; donc ne pas économiser sur les hôpitaux, le système des retraites,... ni d'ailleurs sur l'éducation; par contre on peut travailler plus longtemps, et chacun individuellement mettre de l'argent de côté,... les chinois ont fait des millions de Tee-Shirt avant de devenir riches.. un peu de courage nous manque.
Réponse de le 12/10/2011 à 8:44 :
Peuh !...
a écrit le 11/10/2011 à 13:12 :
Elements de reflexion
la une papier des echos de ce jour indique que l'UE assure aux frais du contribuable européen les airbus fabriqués en Chine.
La tribune de la smeiane dernière indiquait le niveau d'ouverture en terme de commandes publiques à des compagnies étrangeres:
+300 milliards d'euro pour l'europe, 34 pour les US, 22 pour le japon

...
et 4 300 000 chomeurs en france
a écrit le 11/10/2011 à 12:44 :
s'ils veulent perdre les élections alors qu'ils suivent Montebourg.
Réponse de le 12/10/2011 à 8:46 :
OK!....
a écrit le 11/10/2011 à 12:42 :
Les deux leaders du PS (le grand et la petite),doivent se montrer aussi indifférents
aux "pressions" de Montebourg,qu'aux arguties et aux sophismes de Sarkozy.Le
premier ignore la macroéconomie,le second ne la comprend pas.
Réponse de le 12/10/2011 à 5:43 :
@ tousofns, C'est sure que retablir la retraite a 60 ans en pleinne crise de la dette c'est connaitre la macroeconomie.
Réponse de le 12/10/2011 à 8:47 :
OK §....
a écrit le 11/10/2011 à 10:16 :
quoi de plus étonnant de voir cette idée de la démondialisation faire recette. les français sont logiques: une majorité nette (55%) s'est opposée au tratié de Lisbonne qui fait le lit du libre échange et de la mondialisation eh bien elle renouvelle son message. le problème du PS est qu'il persiste dans l' idée d'infléchir la position de l'Europe une fois au pouvoir ce qui est une erreur stratégique. Le seul lien commun européen c'est cette sacralisation de la libre concurrence à tout prix et l'Allemagne pays leader a bâti son économie sur l'exportation, elle n'acceptera la remise en cause de la mondialisation dont elle tire profit. Si elle se faire entendre la France devra parler d'une voix forte à l'image de ce qu'a fait Tatcher en son époque. il y a par contre un sujet que Montebourg n'aborde pas pusiqu'il veut traiter le problème au niveau européen, c'est que les emplois industriels perdus par la France sont autant si ce n'est plus le fait de la concurrence intra communautaire (en particulier ex pays de l'est) que de la Chine ou du reste du monde.
la vraie question à se poser contrairement à ce que tous les médias nous rabachent à longuer de temps est: est ce que vraiment le salut de la France passe par l'Europe telle qu'elle se construit actuellement?
Réponse de le 11/10/2011 à 11:46 :
si le salut de la françe ne passe pas par l europe!!il passse par ou, ou par quoi?
Réponse de le 11/10/2011 à 12:40 :
Je ne suis pas l'homme providentiel sinon cela se saurait, mais quelques réfexions du simple citoyen. L'europe a perdu son âme en s'élargissant: GB + Pays de l'est + chypre et malte. en se resserant et en prenant en compte de la même façon le bien être des citoyens que le bien être des marchés on aurait peut être un début de solution. Deux un changement de mentalité: halte a cette société de consommation obsédée du paraître: on peut être aussi heureux en roulant en Laguna faite en France qu'en Audi ou Porsche surpuissante (et en plus le bilan carbone est meilleur!) Cela passe donc par une redistribution plus juste des revenus. Mes propositions seront taxées d'idéalistes d'irréalistes on me dira que l'on est pas dans le monde des Bisounours mais j'essaie de répondre à mon petit niveau. Cela passera également par un rétablissement de l'équilibre des compte publics (pas les 3% de déficit mais le 0%). Il faudra donc un effort de tous (et ça ce n'est pas vendeur) et encore plus de tous ceux qui ont contribué à accrôitre le déficit en bénéficaint des largesses du gouvernement sarko. Mainteant allez y tirez sur l'ambulance!
Réponse de le 11/10/2011 à 16:53 :
@ gabuzo: il n'est pas impossible qu'on assiste à une nouvelle donne géopolitique avec l'éclatement des US qui ont des déficits non seulement au niveau fédéral, mais aussi au niveau des États et des municipalités. Il n'est donc pas impossible que le pays éclate comme en Belgique, parce qu'on est copains quand tout va bien, mais c'est chacun pour soi quand le bateau coule :-)
a écrit le 11/10/2011 à 10:03 :
Il s'avere que Montebourg est le SEUL candidat de rupture. Pour tous les autres, c'est "biusiness as usual". Pauvre France.
Réponse de le 11/10/2011 à 10:22 :

pauvre F !!!apres avoir suivi (mot croises) hier...le comportement emporte de madame MORANO ...
Réponse de le 11/10/2011 à 10:54 :
Il y a une autre candidate pour la rupture. Puisque Montebourg doit s'effacer, il reste celle-là...
a écrit le 11/10/2011 à 9:53 :
La réponse des 2 candidats m'incite à ne pas voter socialiste, gérants loyaux du capitalisme (L. Blum). Ce jour là j'irai à la pêche, je refuse à choisir entre peste , choléra, sida et cancer. Je n'accepte pas ce choix pseudo démocratique dans un système ploutocratique.
Réponse de le 11/10/2011 à 11:37 :
Une mule au ministère de la pêche, pourquoi pas ! quand on voit les ânes composant l'actuel gouvernement, cela ne dépaysera pas
Réponse de le 11/10/2011 à 16:55 :
@ la mule: tu as raison sur le fond parce qu'entre peste et choléra, on est dans la mouise, mais à la lecture des commentaires sur Guéant (et je ne suis pas de cette tendance) je crois que je vais voter pour LePen, car les étrangers (hors Europe) semblent nous prendre pour des Coptes en puissance. Au 2e tour, on ira à la pêche ensemble :-)
a écrit le 11/10/2011 à 9:10 :
Cinquième question de Montebourg
Est-ce que les candidats PS s'engagent à mettre un terme aux 15 ans d?impunité qui ont été garantis au directeur de campagne de F. Mitterrand passé avec 30 MF et sans fracas à travers le Parquet de Paris et la Direction des affaires criminelles et des grâces, afin de préserver le rapprochement de deux journaux qu?on lit tous les jours ?

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