Montebourg dénonce les conséquences de la faiblesse française face à l'Allemagne

Ivan Best

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Arnaud Montebourg ministre a toujours a été assez libre de parole, il l'est évidemment encore plus aujourd'hui alors qu'il n'a plus de responsabilité gouvernementale, et qu'il va d'ailleurs abandonner prochainement son dernier mandat électoral, celui de Conseiller général.
A l'occasion d'un débat organisé par le CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales), auquel participait également l'économiste Michel Aglietta, l'ex ministre a dit tout le « bien » qu'il pensait de le la politique économique menée en France, et plus généralement au sein de la zone euro. Ainsi que Michel Aglietta, qui souligne que «partout dans le monde, les économistes, les institutions disent leur incompréhension des politiques menées au sein de la zone euro depuis 2010 », Arnaud Montebourg évoque le témoignage de ses collègues étudiants à l'Insead -des managers du monde entier-, où il suit actuellement un cursus : tous avouent leur perplexité face à la « stratégie européenne » qui mène à la « stagnation séculaire ».
Cette stratégie, Arnaud Montebourg la résume en deux mots : « un vaste suicide ». Pour Montebourg, le monde entier se trouve en situation de croissance, il « est sorti de la crise », -ce qui est à l'évidence un peu exagéré, à voir par exemple la situation japonaise- à l'exception unique de la zone euro. Et si l'Europe est au plus mal, c'est en raison « d'erreurs grossières » de politique économique.
La France aurait-elle pu réorienter la politique européenne ? Oui, estime l'ancien ministre.
« Le résultat » de cette faiblesse de Paris « on le voit aujourd'hui, avec toute la démocratie bruxelloise qui tombe sur la France, accusée de ne pas tenir ses objectifs » affirme Montebourg. Et bien sûr une montée du chômage. Selon Arnaud Montebourg, le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 800.000 sur l'ensemble du quinquennat.
La conséquence de cette situation sociale dramatique, c'est l'envolée du Front national, bien sûr. Et, dans tous les pays de la zone euro, la montée des partis qui rejettent la construction européenne.
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Quant à la politique industrielle de François Hollande, Arnaud Montebourg, qui y a largement contribué, ne peut évidemment la fustiger aussi directement. Mais il ne se prive pas de dénoncer le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), qui « aurait dû être beaucoup plus ciblé sur l'industrie, au lieu d'être saupoudré comme c'est le cas aujourd'hui, et qui aurait pu du coup coûter moins cher ».
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