Les menaces de récession se précisent à Londres et Madrid

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A Londres, c'est l'organisation patronale, la CBI, qui prédit une récession au deuxième semestre. Le ministre espagnol de l'Economie, Pedro Solbes, fait le même pronostic pour son pays.

Au Royaume-Uni comme en Espagne, les craintes quant à une entrée en récession se renforcent. Dans son dernier bulletin de conjoncture, la Confederation of British Industry (CBI, patronat) a prédit une "légère récession", avec une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 0,2% au troisième trimestre et de 0,1% au quatrième. Cette prévision correspond à la définition technique d'une récession, c'est-à-dire au moins deux trimestres consécutifs de repli du PIB.

Sur l'ensemble de l'année en cours, la CBI ne prévoit plus qu'une croissance de 1,1%, contre 1,7% dans ses précédentes prévisions publiées il y a trois mois, et une croissance de 0,3% seulement en 2009 (contre 1,3% auparavant), ce qui serait son niveau le plus faible depuis 1992. L'organisation patronale juge par ailleurs probable que le nombre de chômeurs atteigne 2 millions l'an prochain, contre 1,67 million actuellement.

La CBI a du coup plaidé pour un assouplissement de la politique monétaire, et demandé à la Banque d'Angleterre (Bank of England, BoE) qu'elle diminue son taux directeur d'un quart de point en novembre, afin de donner une bouffée d'oxygène à l'économie. La BoE a maintenu son principal taux à 5% depuis avril, inquiète de l'inflation qui évolue à ses plus hauts depuis seize ans.

"Après avoir enregistré une perte de vitesse de son économie au premier semestre, le Royaume-Uni pourrait bien être entré dans une récession légère, qui devrait cependant être passagère", a commenté Richard Lambert, directeur général de la CBI. Il a estimé que la situation n'était pas comparable au début des années 1990, marquées par une chute prolongée de la demande et un bond durable du chômage.

Par ailleurs, en Espagne, la croissance de l'économie sera "négative au troisième ou quatrième trimestre" de cette année, a estimé dans un entretien publié ce lundi par El Economista, le ministre de l'Economie, Pedro Solbes. Dans ses prévisions diffusées la semaine dernière, la Commission européenne avait annoncé prévoir pour l'Espagne en 2008 une récession technique.

La semaine dernière, le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, avait estimé que la croissance, actuellement proche de zéro, serait "faible ou bien très faible" jusqu'à la mi-2009. Au deuxième trimestre, la croissance du PIB espagnol a été de 0,1% par rapport au premier trimestre. De janvier à mars, elle s'était élevée à 0,3% par rapport au dernier trimestre 2007. Sur l'ensemble de l'année 2007, l'Espagne a connu une croissance de 3,7%.

Le pays sort d'une décennie de forte croissance qui avait fait de lui une des économies les plus dynamiques de la zone euro, et est entré dans une zone de turbulences provoquées principalement par le retournement du marché de l'immobilier, la crise financière internationale et l'envolée des prix du pétrole.

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