Allemagne : le syndicat IG Metal réclame une augmentation des salaires de 8%

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Le syndicat allemand IG Metall a décidé de frapper un grand coup cette année avec une revendication salariale de 8% pour les 3,6 millions de salariés de la métallurgie.

Alors que l'économie patine et que l'inflation inquiète, le président de IG Metal, Berthold Huber, vient de lancer au camp des employeurs une véritable déclaration de guerre: il réclame une augmentation des salaires de 8%. Il s'agit de la revendication la plus élevée depuis seize ans. "Les 8% doivent venir amputer les bénéfices (des entreprises), nous n'en faisons pas un mystère", déclare le patron du puissant syndicat allemand de la métallurgie.

Et sa collègue Helga Schwitzer, membre du comité de direction du syndicat, d'agiter dès maintenant, et alors que les négociations ne doivent commencer que la semaine prochaine, le spectre de grèves. "Il n'y aucun scénario auquel IG Metall et ses membres dans les entreprises ne soient pas préparés", a-t-elle assuré.

Plusieurs grands noms de l'industrie allemande sont concernés par les négociations à venir. En effet, la branche recouvre des secteurs aussi variés que l'automobile (BMW, Daimler), l'électronique (Siemens, Infineon) ou encore l'électroménager (Bosch).

L'accord actuellement en vigueur expire le 31 octobre. Il est sûr que les discussions seront très suivies, tant leur issue aura valeur de signal pour les autres secteurs. Et sera scrutée par les gardiens de l'euro, soucieux d'éviter un emballement des prix.

En Allemagne, l'évolution des salaires est négociée branche par branche entre syndicats et employeurs. Selon une étude publiée la semaine dernière par la fondation Hans Böckler, proche des syndicats, c'est le seul pays de l'Union européenne où ils ont baissé en termes réels entre 2000 et 2008, de 0,8%.

Les employeurs sont donc sous pression. Les négociations dans tous les secteurs ont été émaillées de grèves dures ces deux dernières années, et beaucoup ont porté leurs fruits. Mais les patrons allemands ne sont pas prêts à se laisser faire. En tête de leurs arguments figurent les perspectives de l'économie allemande, nettement dégradées.

Le PIB a baissé au deuxième trimestre, et sans doute aussi au troisième. Les constructeurs automobiles subissent de plein fouet l'atonie du marché américain, les perspectives de résultats des entreprises sont loin d'être aussi roses qu'encore il y a quelques mois, et la crise financière ne va pas épargner l'Allemagne.

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