La BCE laisse inchangé son taux directeur à 4,25%

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La Banque centrale européenne (BCE) réunit ce jeudi son conseil en pleine tourmente boursière.
La BCE pourrait néanmoins ouvrir la voie à un assouplissement d'ici à la fin de l'année. Son président, Jean-Claude Trichet, rejette l'idée d'un plan de sauvetage financier sur le modèle américain en Europe.

La Banque centrale européenne (BCE) a réuni ce jeudi son conseil en pleine tourmente boursière. Comme attendu par les spécialistes, la BCE n'a pas modifié son principal taux directeur à 4,25% malgré la pression de nombreux gouvernements.

Toutefois l'idée d'une détente des taux devrait rapidement faire son chemin. Les économistes, qui pour la plupart n'attendaient pas de modification du taux directeur cette année, commencent à revoir leurs scénarii. Certains, comme JP Morgan ou Goldman Sachs, s'attendent désormais à une baisse d'un quart de point du loyer de l'argent lors du conseil de la BCE du 2 décembre, qui pourrait s'accompagner de trois, voire quatre, baisses des taux en 2009. Chez Bank of America, on envisage deux ouvertures des vannes du crédit en 2009, en février et en avril. Elles pourraient néanmoins intervenir plus tôt si la situation financière ne se normalise pas.

"Pour prendre notre décision, nous avons examiné deux options - maintenir les taux inchangés, et l'autre, réduire les taux d'intérêt. Notre conclusion est que nous avons bien fait de maintenir les taux d'intérêt comme ils sont. Mais nous avons examiné les deux options", a commenté Jean-Claude Trichet lors de sa traditionnelle conférence de presse. Pour l'avenir, "nous ne prenons jamais d'engagement par avance et faisons à tout moment ce que nous jugeons approprié", a-t-il poursuivi. 
 
Interrogé sur la prochaine réunion de crise organisée à Paris par Nicolas Sarkozy, il a répondu: "je ne dis jamais, quelle que soit la réunion à laquelle je participe, à quoi celle-ci aboutira. Je pense que cela permettra globalement aux autorités qui vont se réunir d'échanger leurs points de vue (...), de comparer leurs notes et de voir comment elles pourraient s'éclairer mutuellement par leurs conversations." Pour autant, un plan similaire à celui décidé par le gouvernement américain "ne correspond pas à la structure politique de l'Europe", a-t-il déclaré, soulignant notamment que l'Union européenne n'avait pas de "budget fédéral".
 
Concernant la coopération entre les banques centrales, "laissez-moi souligner le niveau incroyable de confiance mutuelle que nous avons dans cette coopération. Certaines décisions sont prises dans un laps de temps extraordinairement court", a-t-il commenté.
 
 
Plus généralement, "l'activité économique dans la zone euro est en train de faiblir, estime-t-il. Les perspectives économiques sont sujettes à des risques de baisse accrus (...) Les statistiques les plus récentes confirment que l'activité économique dans la zone euro s'affaiblit, avec une contraction de la demande intérieure et un durcissement des conditions de financement".
 
 
Par ailleurs, selon lui, "la disponibilité des crédits bancaires n'a pas encore, à ce jour, été considérablement affectée par les tensions actuelles (...) Nous avons discuté de manière extensive de l'intensification récente des turbulences sur les marchés financiers et de son possible impact sur l'activité économique et sur l'inflation, en reconnaissant le niveau extraordinairement élevé d'incertitude qui découle des tout derniers développements."
 
 
Le patron de la BCE est aussi revenu sur son cheval de bataille favori: "les risques haussiers pour la stabilité des prix ont un peu diminué, mais n'ont pas disparu. Notre message sur la modération et la nécessité d'éviter les effets de second tour s'adresse très très vigoureusement à ceux qui ont une évolution nominale que nous jugeons très anormale. Nous avons un message général, mais nous avons aussi un message pour ceux qui connaissent une hausse qui est, en terme d'évolution nominale, anormale". 
 

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a écrit le 09/10/2009 à 6:12 :
Arrêtez avec vos "baisses de taux" : on voit bien le résultat, le prix des logements ont doublé, et la durée des prêts aussi. Résultat, une belle bulle immobilière qui devra exploser un jour ou l'autre (ou alors on fera comme en chine, s'endetter sur plusieurs générations pour acheter un logement). On doit revenir aux fondamentaux, à savoir acheter pour se loger, et non pas pour spéculer.
En tout cas, heureusement que l'économie européenne est régulée par un homme réfléchi comme Trichet, en dépit des nombreuses attaques de notre grand excité national Sarko, tout juste bon à brasser du vent
a écrit le 08/10/2009 à 16:05 :
Baisser les taux pour permettre aux entreprises d'investir pourquoi pas mais pour booster la consommation dans une période d'errosion du pouvoir d'achat c'est un risque de reproduire ce qui, s'est passé au EU :le surendettement des ménages et les catastrophes qui ont suivi
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
C'était prévisible... la lutte contre l'inflation est une chose. On ne peut véritablement pas sacrifié des centaines de millions d'européens et laisser le marché de l'immobilier européen s'effondrait. On va vers un aterrissage en douceur sous perfusion d'une politique de baisse des taux... Vive les taux révisables !
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
Est-on encore en période inflationniste ou a-t-on franchi le seuil, et nous trouvons nous en situation de déflation. Je penche pour ma part pour la seconde solution : une baisse des taux est donc urgente, sinon toutes les mesures conjoncturelles prises ne seront qu'un emplâtre sur une jambe de bois.
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
heureusement, on a un homme compétent et fort à la tête de la BCE : aujourd'hui les flux financiers dépassent largement les engagements et les capacités d'intervention des états; nous avons l'euro et à 27 on est plus fort. La BCE fait heureusement sont boulot avec Trichet qui pense à juguler l'inflation au lieu d'une hypothétique relance de l'économie par un desserement des taux d'intérêt qui n'aurait d'autre effet que d'augmenter la masse monétaire à disposition et, par voie de conséquence, l'inflation ! Pas la peine de sortir de Saint-Cyr pour comprendre Ça !
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
Tout comme M.Allan Greespan à son époque, avec la réserve fédérale américaine, Mr Trichet a bien raison de mener une politique attentiste. S'il est utile d'analyser l'effet des anticipations des agents lorqu'une politique monétaire doit être mise en place, il est quand même important d'observer que le temps de réactivité des agents est américains est beaucoup plus rapide que celui observable sur le vieux continent. Ainsi le maintient du taux de refinancement à ce taux de 4,25% n'aura pas de conséquence immédiat sur la croissance dans l'union ,mais permettra de mieux contrôler l'octroi du crédit qui est, une des cause de cette crise. De l'autre côté, des taux hauts pourraient attirer les capitaux flottants dans l'économie Européenne. Donc soyons attentiste, mais en Alerte.
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
Non, la baisse des taux ne fait que creer des bulles outrancières comme celle de l'immobilier sans rapport avec les fondamentaux. Que l'immobilier s'effondre et rapidement, ce sera le mieux !
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
je pense qu'en effet, il est nécessaire de baisser les taux pour relancer l'économie. l'immobilier ne se porte pas bien, la consommation est insuffisante et avec l'appui des banques qui proposeraient de meilleures conditions tarifaires, j'ose croire a une reprise en France. IL faut donner de l'espoir au gens pour qu'il retrouve confiance.
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
La baisse des taux est inéluctable. Mr Trichet a beau s'arcbouter sur sa position, il n'en demeure pas moins que les ménages patissent de l'inflation et que l'ensemble des acteurs risque gros si la croissance sur un plan général n'est pas soutenue. En revanche, il n'est pas cohérent de vouloir soutenir par exemple le marché immobilier qui doit tot ou tard se réajuster. En gros, tant que les ménages n'auront pas suffisamment de marge de manoeuvre pour consommer et se loger, il n'y aura pas de reprise de la croissance. Mais la crise financière ne fait que commencer et il n'est pas certain qu'on puisse limiter les effets même avec la caution des contribuables.
a écrit le 08/10/2009 à 15:03 :
Ils ont bien raison de ne rien modifier car l'exemple des Etats-Unis sur un sujet correspondant à mis en faillite tout le système financier américain.

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