A son tour, le Koweit veut garantir les dépôts bancaires

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Après les Emirats arabes unis, le Koweit s'engage à garantir les dépôts bancaires.

Le Koweït a formé ce dimanche une cellule de crise sur les retombées de la tourmente financière mondiale et pris l'engagement de garantir les dépôts bancaires après des pertes du deuxième établissement du pays dont la cotation a été suspendues. L'annonce est intervenue alors que la Bourse, dans le sillage des autres places du Golfe, a fini la journée en baisse de 3,5%, tirée vers le bas par les secteurs des banques (-3,9%) et des investissements (-3,7%). Cette place, la deuxième en terme de capitalisation des pays arabes, est dans le rouge depuis plusieurs jours et les traders ont manifesté dimanche, pour la deuxième fois depuis jeudi, pour exiger un soutien gouvernemental.

Présidé par le gouverneur de la banque centrale de Koweït, "le groupe de travail spécial dont les décisions sont exécutoires" aura la charge de "suivre et de remédier aux retombées de la crise économique mondiale", a indiqué le Conseil des ministres lors d'une réunion extraordinaire. En outre, le gouvernement s'est engagé à garantir "pleinement les droits de tous les déposants dans l'ensemble des banques nationales et à prendre toute mesure susceptible de renforcer la confiance dans le système bancaire". Il a annoncé auparavant qu'il allait soumettre rapidement un projet de loi au parlement "pour garantir les dépôts dans les banques locales".

Cette décision a suivi l'annonce par la banque centrale que Gulf Bank, second établissement de l'émirat, avait subi "des pertes" dans des transactions sur des produits dérivés et qu'elle en avait suspendu la cotation en Bourse. Mais la banque centrale, bien qu'ayant nommé un contrôleur pour cet établissement, a assuré que ses pertes n'allaient pas affecter sa situation et qu'elle "soutenait cette banque et garantissait totalement ses dépôts". C'est la première fois que les autorités font savoir qu'une banque koweïtienne a subi les contrecoups de la crise financière mondiale.

Le Koweït est le deuxième pays pétrolier arabe du Golfe, après les Emirats arabes unis, à annoncer des garanties des dépôts bancaires pour amortir les retombées de la crise financière mondiale sur leurs systèmes bancaires. Le 12 octobre, les Emirats avaient décidé de garantir, pendant trois ans, les dépôts dans les banques locales et étrangères effectuant d'"importantes opérations" financières ainsi que les prêts interbancaires.

Dans la région, les autres places boursières sont, elles aussi, déprimées. Le marché saoudien, la première bourse arabe, a fermé en baisse de 1,66%, limitant ses pertes par rapport à samedi (-8,7%). Le marché de Dubai a terminé sur un recul de 4,75%, la valeur vedette du géant immobilier Emaar, cédant 6,4%. Celui d'Abou Dhabi a cédé 4%, le secteur de l'immobilier baissant de 6,5% et celui des banques de 5,5%. La Bourse du Qatar a plongé de 8,93% tandis que le petit marché d'Oman a perdu 8,3%, et celui de Bahreïn a fini en baisse de 3,7%.

Ces places semblent avoir ignoré les propos politiques rassurants tenus samedi à Ryad. Les ministres des Finances et de l'Economie et les gouverneurs des banques centrales des six pays du Conseil de coopération du Golfe y avaient "réaffirmé leur confiance dans la stabilité" du système financier régional, dont ils ont souligné "la force et la solvabilité".
 

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