Une semaine marquée par la baisse des taux américains

 |   |  1194  mots
A la Une de l'actualité cette semaine, la décision de la Réserve fédérale d'abaisser ses taux de 50 points de base afin d'aider l'économie américaine à sortir de la crise, alors que le Produit intérieur brut, dont la première estimation a été publiée jeudi, a reculé de 0,3% au troisième trimestre. La possible suspension de l'Acomplia, l'envolée boursière de Volkswagen et l'adoption par le Sénat de la loi anti-piratage ont également fait les gros titres.

LA RESERVE FEDERALE ABAISSE SES TAUX DE 50 POINTS DE BASE

La Fed, Réserve fédérale, a décidé ce mercredi d'abaisser son taux directeur de 50 points de base, le portant à 1%, un niveau historiquement bas expérimenté de juin 2003 à juin 2004. Réuni depuis mardi, le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale des Etats-Unis a donc opté, à l'unanimité, pour un nouvel assouplissement monétaire dans le but d'aider l'économie américaine à sortir de la crise et stabiliser les marchés. "Le rythme de l'activité économique semble avoir ralenti de façon marquée, pour une grand part du fait de la baisse de la consommation des ménages. Les dépenses en équipements des entreprise et la production industrielle se sont affaiblies au cours des mois récents et le ralentissement de l'activité économique dans de nombreuses économies étrangères assombrit les perspectives des exportations américaines," a expliqué la Fed pour justifier sa décision. Du côté de l'inflation, les banquiers centraux américains s'attendent à ce qu'elle "se modère dans les trimestres à venir à des niveaux compatibles avec la stabilité des prix", en raison "du déclin des prix de l'énergie et des autres matières premières et de l'affaiblissement des perspectives économiques". C?est la neuvième fois depuis le début de la crise déclenchée par l'effondrement du marché des crédits immobiliers à risque pendant l'été 2007 que la Fed abaisse ses taux. Cette dernière décision intervient trois semaines après une baisse de 0,5 point dans le cadre d?une action concertée avec cinq banques centrales, dont la Banque centrale européenne et la Banque d?Angleterre.

LE PIB AMERICAIN A RECULE AU TROISIEME TRIMESTRE, MAIS MOINS QUE PREVU

Outre la réunion du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale, dont l?issue avait largement été anticipée par les marchés et provoqué une envolée des indices américains mardi soir en fin de séance (le Dow Jones avait bondi de 10,88% !), signant leur deuxième plus forte hausse de l?histoire, les marchés attendaient surtout la première estimation du Produit intérieur brut (PIB) américain au troisième trimestre. Ce chiffre était d?autant plus attendu que les craintes d?une récession mondiale avaient fait rechuter les places boursières mondiales, une fois les différents plans de sauvetage du secteur bancaire approuvés. La Maison Blanche avait prévenu que la performance de l?économie américaine ne serait pas bonne et la Fed avait parlé de son côté de contraction marquée de l?activité. Finalement, le PIB a reculé de 0,3% aux Etats-Unis entre juillet et septembre, sous l?effet notamment du fort repli de la consommation des ménages dont les dépenses ont reculé de 3,1% sur an. Ce repli est le plus fort depuis 1980, et celle-ci a fait perdre 2,25 points de croissance à l'économie. C'est une contraction moins élevée que ce qui était attendu puisque le consensus prévoyait un recul de l'activité économique de 0,5%. Mais pas de quoi mettre fin aux inquiétudes alors que selon la présidente de la Réserve fédérale de San Francisco, Janet Yellen, "une forte contraction de l'économie apparaît probable" au quatrième trimestre.

 

SANOFi-AVENTIS PRET A ABANDONNER L?ACOMPLIA

Sanofi-Aventis n?exclut pas une suspension mondiale de l?Acomplia, son médicament anti-obésité, après la demande des autorités sanitaires européennes de le retirer du marché. Ces dernières ont effet décidé d'interdire temporairement et immédiatement la vente du produit dans toutes les pharmacies des 18 pays de l'Union européenne qui le distribuent. Le groupe n'a pas évoqué les raisons de la suspension de ce médicament autorisé en juin 2006 dans l'UE pour le traitement des patients obèses ou en surpoids. L?Acomplia devait dégager à terme au moins un milliard d'euros de ventes annuelles dans le monde. Cependant, le groupe français n'a jamais pu le commercialiser aux Etats-Unis. La Food and Drug Administration (FDA), l?agence américaine qui autorise la commercialisation d?un médicament, avait jugé en juin 2007 qu'il pouvait entraîner une augmentation des pensées suicidaires. Si le médicament avait été autorisé plus tôt par l'Union européenne, en revanche ses ventes peinaient à décoller, atteignant aujourd'hui seulement quelques dizaines de millions d'euros. Malgré cet épisode, Sanofi-Aventis a relevé vendredi ses prévisions de résultats pour l?ensemble de l?année. Le groupe pharmaceutique table sur une hausse de 9% de son bénéfice par action, contre 8% précédemment.

SEMAINE BOURSIERE FOLLE POUR LE TITRE VOLKSWAGEN

1.000 euros c?est le seuil atteint mardi par l?action Volkswagen à la Bourse de New York. En deux jours, le cours a été multiplié par plus de quatre, permettant même momentanément au constructeur allemand de devenir la première capitalisation mondiale, devant le pétrolier américain ExxonMobil. Lundi, l?action a ainsi bondi de 146% avant de gagner le lendemain 81%. Derrière cette improbable envolée boursière, l?annonce par Porsche qu?il s?était assuré le contrôle de 74,1% du capital de son homologue. Le Land de Basse-Saxe détenant 20,2% du capital, il ne reste donc plus qu?un peu moins de 6% sur le marché. De quoi faire paniquer les fonds et les investisseurs ayant parié sur la baisse du titre en pratiquant des ventes à découvert, et qui doivent désormais couvrir leur position. De quoi aussi faire perdre des milliards à ces investisseurs. Goldman Sachs et Société Générale seraient ainsi exposés mais les deux banques ont démenti ces rumeurs.

LE SENAT ADOPTE LE PROJET DE LOI ANTI-PIRATAGE

Les sénateurs ont adopté jeudi soir à une très large majorité, le projet de loi anti-piratage de Christine Albanel, fruit d'un accord entre professionnels de la culture et d'internet. La majorité UMP et centriste a voté pour, ainsi que le PS et les radicaux. Le PCF s'est abstenu. Les sénateurs ont maintenu le principe de la coupure Internet en cas de téléchargement illégal répété mais ont ouvert la possibilité pour l'internaute sanctionné de garder sa messagerie. Ce texte est la transcription législative des accords préparés par l'ancien PDG de la Fnac Denis Olivennes et signés le 23 novembre 2007 par une quarantaine d'organismes représentant les secteurs de la musique, du cinéma et les fournisseurs d'accès à l'Internet. Il a été fortement amendé par les sénateurs, sous l'impulsion des ses deux rapporteurs, l'UMP Michel Thiollière et de Bruno Retailleau (Non inscrit). Cependant, la disposition vedette et controversée, prévoyant la coupure de l?abonnement, a été maintenue. La commission des Affaires économique du Sénat, saisie pour avis, avait adopté mardi soir un amendement qui remplaçait cette coupure par une amende. Un amendement rejeté à une très large majorité. Le projet de loi doit maintenant être examiné par l?Assemblée nationale. Inscrit en urgence, il ne donnera lieu qu?à une seule lecture.

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Couper l'abonnement mais conserver l'accès à sa boite courriel? N'étant intéressé que par l'échange courriel j'aimerais connaître le tarif de ce service de base.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :