Sommet du G20 : accord de principe sur la relance de l'économie et la réforme de la finance

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Les dirigeants des grands pays développés et émergents (G20) se sont engagés samedi à relancer l'économie mondiale, menacée par la récession dans les pays riches et d'un net ralentissement ailleurs. Tout en posant le principe d'une régulation des marchés financiers, l'idée d'un "supergendarme" voulue par la France a été écartée. Un prochain sommet devrait se tenir en mars 2009.

"Nous sommes d'accord (pour dire) qu'une réponse politique élargie, fondée sur la coopération macro-économique, est nécessaire pour rétablir la croissance", indique la déclaration finale du sommet de Washington menée par le G20 ( les dirigeants des grands pays développés et émergents) organisé après deux mois d'une crise financière inédite depuis les années 1930.

Le G20, dont les membres génèrent 85% du Produit intérieur brut (PIB) de la planète, a énuméré une série d'"actions immédiates" pour empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l'utilisation de "mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides" ou des baisses des taux d'intérêt dans certains pays. Et le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a indiqué que son institution était favorable à des plans de relance nationaux et coordonnés, dont le montant équivaudrait à 2% du PIB des pays participants.

Et si le président français Nicolas Sarkozy, également président en exercice de l'Union européenne, s'est réjoui que le G20 soit d'accord sur la "nécessité d'une relance coordonnée, concertée", il regrette ne pas avoir obtenu l'instauration d'un "supergendarme" de la finance internationale. La régulation relève avant tout de la responsabilité des régulateurs nationaux qui constituent la première ligne de défense contre les instabilités des marchés", peut-on lire   dans le communiqué final. Pour prendre en compte le fait que les marchés financiers sont désormais "d'envergure mondiale", le G20 a préconisé à l'issue de ses travaux "d'intensifier la coopération internationale entre régulateurs, de renforcer les normes internationales (...) et de veiller à leur application uniforme". "Le président Bush ne pouvait pas donner son accord au moindre mécanisme international doté de pouvoirs", a souligné Diana Furchtgott-Roth de l'Hudson Institute. "Il pouvait être d'accord avec les principes mais pas avec un quelconque mécanisme susceptible de punir les Etats-Unis."

Les dirigeants ont approuvé un "plan d'action" contenant des mesures "à haute priorité" pour améliorer la supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des Finances devront faire des propositions d'ici au 31 mars. Cinq champs d'action ont été définis: remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises, harmonisation des normes comptables, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives et "révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales". Le G20 veut que "tout intervenant, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n'y aura plus de zone d'ombre", selon la chancelière allemande Angela Merkel.

D'ici au 31 mars, le G20 demande aussi des propositions pour que les "régulateurs s'assurent que les agences de notation (critiquées pour avoir surévalué des placements de mauvaise qualité) répondent aux normes les plus exigeantes". Comme le souhaitait la France, le G20 met aussi la pression sur les paradis fiscaux, en demandant "à moyen terme" des "mesures pour protéger le système financier mondial des juridictions non coopératives qui présentent un risque d'activité financière illégale".
 

Côté réactions, le Premier ministre canadien Stephen Harper a qualifié le G20 de "processus sans précédent" où les pays développés et en développement "travailleront ensemble pour gérer les problèmes de l'économie mondiale". Un porte-parole de la diplomatie chinoise a salué dimanche un sommet "propice à la croissance de l'économie mondiale et à la réforme du système financier international". En Grande-Bretagne, la presse dominicale n'était pas convaincue par les résultats du G20. The Observer (gauche) a noté que ses dirigeants "n'allaient pas, en une seule après-midi, résoudre une crise financière produite par une génération". Pour la presse espagnole, un "premier pas" a tout de même été franchi.

Quant à la première réaction des marchés, il faut se tourner vers les places du Golfe seules ouvertes le dimanche. Et c'est la chute, Doha en tête avec un repli de 6,3%, suivie par Mascate (-6,1%) et de Dubaï avec 5,9% de baisse. La baisse à Abu Dhabi n'est que de 0,34%. Des Bourses qui se focalisent surtout sur les mauvaises perspectives économiques. Le marché saoudien quant à lui clôture en hausse de 1,3% après avoir perdu 7,4% samedi. Fermée depuis jeudi, la bourse de Koweït reprendra ses transactions lundi, sur décision de justice.

Les dirigeants ont convenu de se retrouver avant le 30 avril pour "vérifier la mise en oeuvre" des décisions prises à Washington. Nicolas Sarkozy a proposé que ce sommet ait lieu à Londres, la Grande-Bretagne assurant l'an prochain la présidence du G20. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, voudrait que cette réforme du système financier soit achevée d'ici un an. Il n'est cependant plus question d'une refonte globale du système, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays, dont la France.

Enfin, pour éviter les tentations protectionnistes, le G20 a pris l'engagement de tenter de relancer d'ici la fin de l'année le cycle de négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le G20 a par ailleurs proposé une réorganisation des institutions multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, nées en 1944 à Bretton Woods, pour faire de la place aux pays émergents. Le sommet a appelé ces organisations à épauler les pays en détresse en leur fournissant des financements. Il était difficile d'obtenir davantage du sommet de Washington car le 20 janvier 2009, le président américain George W. Bush laissera la place à Barack Obama, absent du sommet.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour Le fait que Mr. Barack Obama soit représenté timidement au G20 c?est de mauvaise augure pour la suite ? cette Terrible situation financiere qui devient industrielle j?ai peur que le 20 janvier jour Historique soit eclipsé par une trés grande recession
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Stilmuler la demande interne par des mesures budgétaires, surveiller les banquiers! Les consommateurs sont à secs, leurs ressources ont été siphonnées par des besoins nouveaux (téléphones portables, écrans plats) et une inflation non avouée (taux ridiculeement bas quand la baguette augmentait de 25% et l'essnce de 50). La balance des paiements de la France étant dans le rouge,la véritable question est :"Comment relancer la demande sans que l'argent mis au pot, ne parte directement dans les coffres des producteurs de pétrole ou ceux des pays émergents."
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
"Le président Bush ne pouvait pas donner son accord au moindre mécanisme international doté de pouvoirs", a souligné Diana Furchtgott-Roth de l'Hudson Institute. "Il pouvait être d'accord avec les principes mais pas avec un quelconque mécanisme susceptible de punir les Etats-Unis."
Une erreur de laisser Bush représenter les USA dans ce sommet ; il est inutile, égoiste, voit que ses propres interets et ceux des US, bref égal à lui memee et à ses 8 années de règne. Quelle perte de temps en attendant Obama, mais vu l'urgence, 3 mois peuvent couter tres cher. De plus je ne comprends pas ce laxisme latent sur les paradis fiscaux depuis tout ce temps et aujou'rd'hui les nouvelles mesures paraissent rester très faibles. Un organisme international serait vraiment nécessaire contre la crise et les paradis fiscaux.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Moralité: le résultat de ce sommet, c'est "courage, ne changeons rien".
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je pense que le président Français ferait mieux de s'occupé de son pays qui est 2 fois moins bien lotis que la Suisse .Comme on dit souvent chez nous, il ferait mieux de balayé devant sa porte

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