Zone euro : l'activité manufacturière au plus bas en novembre

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Dans la zone euro comme en France, les indices d'activité du secteur manufacturier sont encore pires que dans leur première estimation et touchent des plus bas historiques.

La contraction de l'activité dans le secteur manufacturier dans la zone euro s'est encore accentuée en novembre pour tomber à un plus bas record, confirment les résultats définitifs de l'enquête Markit publiée ce lundi. L'indice PMI de la zone ressort ainsi à 35,6, alors que l'estimation flash fournie le 21 novembre était de 36,2. L'indice est donc finalement nettement plus faible que ce à quoi s'attendaient les experts.

Un chiffre inférieur à 50 traduit une contraction. La contraction observée en novembre est la plus forte depuis juin 1997, premier mois d'existence de cette enquête. "Le PMI est cohérent avec la baisse de 8% en rythme annuel de la production industrielle en novembre, ce qui devrait être le retournement de conjoncture le plus marqué en vingt ans", comente Chris Williamson, chef économiste chez Markit, cité par l'agence Reuters.

La zone euro est entrée en récession technique à la fin du troisième trimestre.

En France, la situation n'est pas meilleure. La contraction de l'activité s'est aussi accentuée en novembre dans le secteur manufacturier, sous le coup d'une chute de la production et des commandes, y compris à l'étranger, confirme l'enquête Markit/Cdaf publiée ce lundi. L'indice PMI a reculé à 37,3, son niveau le plus bas depuis le début de l'enquête en avril 1998, contre 43,6 en octobre. Il avait été estimé en version flash à 37,9 le 21 novembre.

L'indice titre se situe ainsi pour le sixième mois consécutif sous la barre de 50 points. Près de la moitié des entreprises interrogées ont fait état d'une baisse de leur activité par rapport à octobre, entraînant une contraction record du sous-indice de la production à 32,4 contre 37,8. "L'incertitude économique grandissante et la détérioration de l'environnement actuel ont incité les clients à différer les dépenses non essentielles. Les fabricants font état d'un fort recul de la demande, non seulement sur le marché intérieur mais également sur les marchés extérieurs", soulignent Markit et la Cdaf.

De fait, les nouvelles commandes à l'export affichent leur plus fort taux de contraction historique et leur sous-indice tombe à un plus bas sans précédent de 35,7. Conséquence de cette dégradation, l'emploi recule pour le septième mois consécutif et affiche lui aussi un taux de contraction record, avec un sous-indice à 39,7 contre 43,5.

L'enquête montre également des signes de déflation. Les prix des achats ont enregistré leur plus fort recul depuis juillet 2003, reflétant l'effondrement des prix du pétrole et des matières premières sur les marchés mondiaux. Le sous-indice correspondant tombe à 41,8 contre 50,9 en octobre alors qu'il avait culminé à 74,9 en juillet. Les prix moyens de vente ont aussi reculé en novembre mais en n'enregistrant qu'un faible taux de déflation. Leur sous-indice a reculé à 49,8, mettant en évidence une baisse des prix pour la première fois depuis près de trois ans et demi. "Les répondants ont procédé à des remises de prix en réponse
à la faiblesse de la demande et à l'intensification de la concurrence", observent Markit et la Cdaf.

Du côté des stocks, l'enquête montre le plus fort taux de contraction des stocks de produits finis depuis trois ans tandis que les stocks des achats subissent leur plus forte baisse depuis sept ans. "Cette tendance reflète la baisse de l'activité achat des fabricants ainsi que les politiques de rationalisation des stocks mises en place en prévision d'une baisse future de la demande", lit-on dans le communiqué.

Pour Jack Kennedy, économiste chez Markit Economics, "le climat de morosité et d'incertitude pesant sur l'économie mondiale ne laisse que peu d'espoirs de reprise prochaine" mais la résorption des tensions inflationnistes sur les prix "accroît la marge de manoeuvre en matière d'aide et de soutien public", alors que la France doit annoncer cette semaine un plan de relance.

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